Au coeur des Balkans : Bosnie, Monténégro, Albanie

 

Le vendredi 21 août nous quittons Trebinje et le Polansko Hostel avec les délicieux pancakes de Lauren et Bartek dans nos sacoches. Plusieurs kilomètres de montée assez raide nous attendent pour atteindre la frontière avec le Monténégro.

Derniers regards sur la Bosnie

Derniers regards sur la Bosnie

Au milieu de paysages vraiment superbes mais toujours gâchés par les détritus en bord de route, nous discutons de la pluie et du beau temps pour faire passer cette côte qui n’en fini plus… Nous passons notre cinquième frontière sans problème et, en guise de bienvenue, le Monténégro nous offre une descente de 15km vers Herceg Novi.

Lors de notre pause déjeuner nous rencontrons Anna, une cyclotouriste allemande qui attend ses deux amies parties depuis 3h à l’hôpital en stop à cause d’une mauvaise piqure… Nous restons à bavarder avec elle jusqu’à ce qu’une de ses amie reviennent. Elles doivent descendre les trois vélos jusque Herceg Novi. On se propose de les aider mais nous ne ferons que les escorter sur une partie de la route. Elles finiront à pied. Nous n’avons pas eu de nouvelles et espérons que tout va bien pour elles trois !

On retrouve donc l’adriatique et longeons sa côte monténégrine très bétonnée sur plusieurs kilomètres jusqu’à trouver un stade de foot, plus ou moins abandonné, pour poser la tente.

Le lendemain matin, c’est l’accident ! Rémy, pied nu, marche sur une vis à la verticale dans un trou ! Pile à l’endroit où l’on appuie le pied sur la pédale…forcément !
Malgré les supers soins d’Elisabeth, la plaie est vraiment douloureuse. Nous reprenons tout de même les vélos et avançons vers Tivat pour y trouver un hôpital. A contre cœur nous abandonnons l’idée de faire le tour des Bouches de Kotor (classées au patrimoine mondial de l’Unesco) d’autant que la pluie s’invite à cette matinée maudite…

Suite à de précieux conseils médicaux parvenus depuis la France (merci au Papa d’Elisabeth!), nous décidons de faire une halte dans la prochaine ville, Budva.

Nous trouvons une petite chambre pas chère que nous garderons pendant 5 jours. C’est l’occasion pour nous de bien nous reposer, de pouvoir nous préparer des repas un peu plus élaborés qu’à l’accoutumée et de visiter la ville…

Budva…

On s'occupe comme on peut à Budva...

On s’occupe comme on peut à Budva…

A notre grand regret, nous sommes dans la pire ville monténégrine que nous pouvions choisir pour notre séjour forcé ! Un genre d’Ibiza pour les nouveaux riches russes. Des bars/discothèques sur la plage. Plages d’ailleurs recouvertes de transats et de lits à baldaquin, équipés de TV… Bref que du bonheur ! Nous tenterons de profiter de tout ce temps pour nous cultiver mais les livres d’occasion à 16€ nous achèveront !
Après la troisième visite médicale de contrôle, Rémy est autorisé à reprendre la route. Ni une ni deux, nous repartons le vendredi 28 août en direction d’Ulcinj et malgré les montées et descentes de la route côtière, nous pédalons sourires aux lèvres !

Plus nous nous éloignons de Budva et plus nous ressentons le changement qui se profile. Nous bivouaquerons d’ailleurs le soir dans un pré, au son de l’appel à la prière des minarets alentours.
La route jusque Ulcinj est une succession de tunnels sombres mais pas très long (300m max). A chaque fois c’est le même rituel. On endosse nos gilets jaunes et on s’équipe de nos frontales pour finalement être très chanceux et ne se faire doubler par aucun véhicule.
Ulcinj est la ville la plus au sud du Monténégro. C’est une station balnéaire bien plus populaire que Budva. Il y a d’ailleurs beaucoup de voitures du Kosovo !

Ulcinj, entre mosquées et plage bondée

Ulcinj, entre mosquées et plage bondée

Nous reprenons la route après avoir mangé près de la plage bondée où des photographes alpaguent les touristes avec un serpent et un singe sur l’épaule en criant « FOTO FOTO !» pendant que retentissent les appels à la prière. Contraste saisissant !

Nous roulons ensuite dans des gorges et dans un paysage beaucoup plus campagnard. Sans que cela ne soit prévu aujourd’hui, nous arrivons à la frontière, pas mécontent de quitter le Monténégro. Sitôt les passeports rangés, nous nous retrouvons confrontés à une autre réalité.
Des dizaines de Roms font la manche auprès des automobilistes qui attendent, impassibles, de passer la frontière. Nous aussi, nous nous retrouvons « confrontés » à une vieille dame qui nous demande de l’argent (?). Mais sans carapace de verre et d’acier pour nous cacher, nous ne pouvons lui adresser qu’un regard désolé…

Nous nous arrêtons le soir à Shkodër après plusieurs kilomètres dans un paysage très rural mais le long de routes jonchées de déchets et d’animaux errants.

Pour contraster ce tableau plutôt perturbant de l’Albanie, Xime, un albanais d’une bonne soixantaine d’années nous indique une « plage » au bord du fleuve où nous pourrons nous installer pour la nuit.

Nous passerons une grande partie de la soirée ensemble à essayer de communiquer… Pas facile !

Shkodër

Shkodër

Le lendemain matin nous visitons rapidement Shkodër et en profitons pour changer de l’argent. 1€ = 140 Leke… Ca en dit long !

La journée est très agréable malgré la chaleur. Nous trouvons une petite route du réseau secondaire à peu près en bon état et ne comptons plus les « Hello » joyeux, accompagnés d’immenses sourires, de tous les enfants croisés ! Les adultes également nous saluent par un signe de la main ou un coup de klaxon.

Le soir venu, nous retrouvons une dernière fois la mer adriatique près de la station balnéaire de Shengjin. Une ville encore une fois contrastée. D’un côté les hôtels haut de gamme avec piscine, et de l’autre, les routes complètements défoncées et des déchets à n’en plus finir dans les bas côtés…

Sur la plage, un albanais, qui parle français, tient à nous offrir un verre. Nous lui racontons alors notre voyage et notre projet face à un superbe couché de soleil.

Dernier couché de soleil sur l'Adriatique

Dernier couché de soleil sur l’Adriatique

Lundi 31 août, nous nous dirigeons vers l’intérieur des terres. Nous traversons Lezhe et évitons la route principale trop passante. La contrepartie est le mauvais état de la chaussée. Nous zigzaguons entre les trous et sommes dépassés par de nombreuses navettes (parfois de simples voitures) qui desservent les petites villes entre Lezhe et Tiranë. En fait, en Albanie, peu de gens semblent posséder une voiture ; cependant, il y a peu de routes, ce qui donne l’impression que la circulation est dense…

En fin de journée, nous cherchons du pain. Le boulanger insistera pour nous l’offrir. Nous sommes un peu déboussolés par tant de générosité car quelques heures auparavant, des gens, installés à une terrasse nous ont invités à boire un verre, simplement pour discuter…

D’autant que 200m plus loin, nous nous faisons alpaguer par un « Guten Tag !». Après cinq minutes de conversation en allemand, nous sommes invités à passer la soirée et la nuit chez Artur et sa famille !

Merci à la famille d'Artur et Valentina

Merci à la famille d’Artur et Valentina

Nous sommes accueillis par Valentina, sa compagne, Leo, 10 ans, qui fera le traducteur toute la soirée, Adrian, le petit frère et les grands parents, dans la maison familiale. Nous visitons la demeure qu’ils ont construit eux-même en 8 mois (!) ainsi que leur beau potager. Nous assisterons à la traite de la vache de la famille. Rémy s’essayera même à la traite manuelle…sans grand succès !

Tentative de traite

Tentative de traite

Nous les quittons le lendemain matin, après avoir échangé des semences contre un gros pot de confiture de figue maison, et prenons la direction de Tiranë, la capitale. La route qui y mène est très empruntée et bordée d’innombrables magasins de meubles (un mystère pour nous…) et de stations de lavages pour les voitures. Nous débarquons donc dans cette ville d’un million d’habitants en nous frayant un chemin parmi les voitures, camions et mobylettes. Des policiers tentent, tant bien que mal, d’organiser le trafic. La chaleur et le vacarme sont montés d’un cran. Nous hésitions à passer la nuit ici ; nous décidons de continuer !

Les jeunes d'Ibë

Les jeunes d’Ibë

Bien nous en a pris car dans le petit village d’Ibë, des habitants nous proposent de nous installer derrière l’école pour la nuit. L’endroit est calme et agréable. Seuls quelques enfants jouent au foot un peu plus loin.

Mais une fois la tente montée, une vingtaine de personnes du village viennent nous voir et nous questionnent. D’abord en albanais (ce qui n’a rien donné…) puis, grâce à l’aide précieuse des ados, en anglais.

Nous passons toute la soirée à échanger sur la vie en France et en Albanie. Leur curiosité répond à la nôtre. Très fiers de leur pays, la question qui revient le plus souvent est « Do you like Albania ? » !

Réveillés à 7h (au lieu de 10h habituellement), les jeunes reviennent nous voir, comme promis, pour nous dire au revoir ! Et ils n’arrivent pas les mains vides. Ils nous offrent…un pot de confiture de figues ! Les sacoches vont commencer à être lourdes !

Après la traditionnelle photo souvenir, nous entamons la montée qui mène à Elbasan par l’ancienne route. Une autoroute et un tunnel sont maintenant construits ce qui fait que nous ne croiserons presque aucune voiture de la journée.

Belle vue après 800m de dénivelé

Belle vue après 800m de dénivelé

La pente est raide mais les paysages sont magnifiques et nous pouvons pédaler côte à côte ! Nous croisons plusieurs cyclotouristes allemands et le premier cycliste albanais ! Après 800m de dénivelé, une longue et belle descente nous mène jusqu’à Elbasan où nous passons la nuit.

 

 

 

 

 

2 commentaires

  1. Ils ont l’air super sympas ces albanais ça fait plaisir !

  2. Hello à tous les deux !!!
    Je viens de me régaler à lire tous vos articles (enfin). C’est une aventure juste incroyable que vous être en train de vivre, tellement enrichissante à tous les niveaux !!!!
    Merci de partager tout cela comme vous le faites, les articles, les photos, vos impressions…
    Bonne continuation et surtout courage pour la suite !!!!

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