Bilan des Balkans & Conseils aux voyageurs

Nous sommes passés par la Croatie, la Bosnie, le Monténégro et l’Albanie. Petit bilan de ces 1 500km roulés en un peu plus d’un mois.

L’agro-écologie :
En Croatie et au Monténégro, nous n’avons parcouru que les côtes ou les îles : des endroits presque entièrement destinés au tourisme.

Ulcinj, entre mosquées et plage bondée

De ce fait, très peu, voire pas du tout d’agriculture même conventionnelle. Seuls les oliviers sont omniprésents. Il faut dire que la géographie locale n’aide pas. Les îles croates et la côte sont de véritables montagnes russes.
Nous avons tout de même pu passer une semaine, sur l’île de Brac, avec Sabine, une allemande qui fait de la permaculture un réel mode de vie.

Paysage rural

Paysage rural d’Albanie

Cela dit, il semblerait qu’au nord, vers Zagreb, il est plus facile de trouver des exploitations en bio ou des projets alternatifs.

En Albanie l’agriculture réapparaît, et à petite échelle. Ici, pas ou peu de mécanisation. Les champs sont donc à taille humaine et les hommes utilisent la faux. On transporte le foin à dos d’âne ou de cheval. Chaque famille ou presque possède une ou quelques vaches pour le lait et cultive un potager. On ne trouve pas de « bio » labellisé mais l’agriculture semble pratiquée « à l’ancienne » et donc bio par nature.

Les cartes :
Nous avons utilisé deux cartes Freytag & Berndt offertes par La Compagnie des Cartes qui nous avait plutôt conseillé les cartes de la marque Reise. On aurait peut-être dû prendre plus en considération leur conseil car les Freytag & Berndt se sont révélées très fragiles. Sur la deuxième, nous avons scotché tous les plis avant de l’utiliser. Résultat très solide !

  • La première, « Carte routière de la côtre croate », est très précise par son échelle au 1/200 000ème. Les routes « blanches » sont parfois des chemins de cailloux absolument pas carrossable, donc méfiance. Toutes les villes, grandes et petites, apparaissent et les données kilométriques sont exactes. Point négatif des cartes Freytag, les courbes de dénivelé n’apparaissent pas, ce qui, à vélo, peut être très contrariant. Surtout dans les îles croates !

    ...

  • Avec la seconde, « Carte routière des Balkans au 1/600 000ème », on retombe au niveau de précision qu’on avait en Italie, 1/400 000ème. C’est pour nous le bon compromis entre précision et nombre de cartes à emporter/acheter. Celle-ci en particulier est très intéressante car malgré son nom, apparaissent dessus le Kosovo, le Monténégro et l’Albanie. Les distances indiquées sont fiables ce qui n’est pas du luxe lorsqu’il n’y a aucune indications kilométrique dans le pays (Albanie).

Sur la route …
En Croatie et au Monténégro, l’état des routes est plus que correcte. La circulation était dense sur la côte à cause des voitures étrangères (2 sur 3) mais les conducteurs sont plutôt prudents si on oubli les « chauffards » de bus !
Sur les îles, ça monte et ça descend tout le temps ; on passe souvent du niveau de la mer à 500m d’altitude.

Les ferry coûtent environ 10€ pour un adulte+un vélo.

En Albanie, nous nous attendions à pire. Le réseau principal est en relativement bon état. Les conducteurs sont habitués aux vélos et aux charrettes en bord de route et font donc les écarts nécessaires. Le réseau secondaire est par contre en très mauvais état. On passe souvent d’une chaussée correcte à un chemin plein de trous et de cailloux.

Pour conclure, si c’était à refaire, nous ferions les côtes croates et monténégrines au printemps ou à l’automne et irions plutôt dans l’intérieur des terres, dans les montagnes, en été.

Paysage Albanais

Paysage Albanais

L’Albanie a été une vraie bonne surprise pour nous. Les albanais nous ont accueillis ou aidé pratiquement tous les jours. Pas une journée ne s’est passée sans que l’on nous offre des fruits, des légumes, du pain, de l’eau, un repas, ou même l’hospitalité. Et malgré la pauvreté omniprésente du pays, les gens, petits et grands, nous adressaient toujours de larges sourires.

Un petit peu d’Albanie avant la Grèce

Jeudi 3 septembre, nous quittons Elbasan et remontons une longue vallée le long d’une rivière en direction du lac d’Orhit. Cela nous rappelle un peu nos premiers kilomètres dans la vallée de la maurienne. Ici aussi, la rivière, la route et le chemin de fer se rapprochent et s’éloignent au grès de la place laissée par les montagnes.

Nous posons la tente, au bord de la voie de chemin de fer désaffectée, au pied d’un village perché un peu plus haut dans la montagne, d’où des enfants nous crient des « hello » une bonne partie de la soirée.

Lac d'Orit

Lac d’Orit

Le lendemain, nous basculons sur le magnifique lac d’Ohrit après un col à 900m qui nous offre une superbe vue sur la plaine agricole de Perrenjas. La plaine est découpée d’innombrables petites parcelles cultivées « à l’ancienne », à la faux et à la charrue.

La descente vers le lac, sur une route impeccable, est très agréable. Nous sommes côté albanais, la rive opposée est macédonienne. Plusieurs albanais nous ayant recommandé de goûter le poisson de ce lac particulier, nous nous arrêtons déjeuner dans un petit restaurant à ciel ouvert (les travaux ne sont pas terminés…) au bord d’une eau limpide. Le serveur nous explique qu’il s’agit du lac le plus profond des Balkans et qu’on y pêche une espèce de poisson qu’on trouve dans le Baïkal (Russie). On se laisse donc tenter et dégustons ce poisson, accompagné de frites dignes de frites Belges(!).

Repus, nous nous rendons à Pogradec, la ville au bout du lac. La route côtière est en travaux, le tourisme semble se développer tant bien que mal ici.

Après de multiples tentatives infructueuses pour bivouaquer (trop de vent, pas le droit, …), nous demandons à une dame si l’on peut poser la tente près de sa maison. Quelques minutes d’incompréhension plus tard, nous nous retrouvons invités à dormir chez elle. Il s’agit de la maison familiale de Fatmir, le grand-père et Drita, la grand-mère. Une de leur fille, Linda est en vacances ici avec son mari et leurs deux fils, Akis et Gabriel. Akis, du haut de ses 10 ans, s’occupe de traduire de l’anglais à l’albanais. Comme beaucoup d’albanais, Linda et son mari vivent et travaillent en Grèce où le niveau de vie, malgré la crise, est bien plus élevé qu’en Albanie.

Accueillis par des Albanais

Accueillis par des Albanais

Au petit matin, après le café turc et la photo souvenir, nous reprenons la route en direction de Korça. Nous passons un petit col et redescendons sur un plateau à 700m. Nous croisons et doublons de nombreux paysans sur leur charrette dans un décor très rural. La vente des produits s’effectue directement sur le bord de la route.

Le soir, nous sommes autorisés à bivouaquer dans un verger attenant à une maison. Les jeunes de la famille viendront voir si tout va bien et si nous avons besoin de quelque chose. C’est cette bienveillance des albanais envers nous que nous avons ressenti pendant tout notre séjour en Albanie.

Le lendemain matin, dimanche 6 septembre, nous quittons, non sans un pincement au cœur, ce pays à la population très accueillante et généreuse, fière de sa patrie et toujours le sourire aux lèvres.

Au coeur des Balkans : Bosnie, Monténégro, Albanie

 

Le vendredi 21 août nous quittons Trebinje et le Polansko Hostel avec les délicieux pancakes de Lauren et Bartek dans nos sacoches. Plusieurs kilomètres de montée assez raide nous attendent pour atteindre la frontière avec le Monténégro.

Derniers regards sur la Bosnie

Derniers regards sur la Bosnie

Au milieu de paysages vraiment superbes mais toujours gâchés par les détritus en bord de route, nous discutons de la pluie et du beau temps pour faire passer cette côte qui n’en fini plus… Nous passons notre cinquième frontière sans problème et, en guise de bienvenue, le Monténégro nous offre une descente de 15km vers Herceg Novi.

Lors de notre pause déjeuner nous rencontrons Anna, une cyclotouriste allemande qui attend ses deux amies parties depuis 3h à l’hôpital en stop à cause d’une mauvaise piqure… Nous restons à bavarder avec elle jusqu’à ce qu’une de ses amie reviennent. Elles doivent descendre les trois vélos jusque Herceg Novi. On se propose de les aider mais nous ne ferons que les escorter sur une partie de la route. Elles finiront à pied. Nous n’avons pas eu de nouvelles et espérons que tout va bien pour elles trois !

On retrouve donc l’adriatique et longeons sa côte monténégrine très bétonnée sur plusieurs kilomètres jusqu’à trouver un stade de foot, plus ou moins abandonné, pour poser la tente.

Le lendemain matin, c’est l’accident ! Rémy, pied nu, marche sur une vis à la verticale dans un trou ! Pile à l’endroit où l’on appuie le pied sur la pédale…forcément !
Malgré les supers soins d’Elisabeth, la plaie est vraiment douloureuse. Nous reprenons tout de même les vélos et avançons vers Tivat pour y trouver un hôpital. A contre cœur nous abandonnons l’idée de faire le tour des Bouches de Kotor (classées au patrimoine mondial de l’Unesco) d’autant que la pluie s’invite à cette matinée maudite…

Suite à de précieux conseils médicaux parvenus depuis la France (merci au Papa d’Elisabeth!), nous décidons de faire une halte dans la prochaine ville, Budva.

Nous trouvons une petite chambre pas chère que nous garderons pendant 5 jours. C’est l’occasion pour nous de bien nous reposer, de pouvoir nous préparer des repas un peu plus élaborés qu’à l’accoutumée et de visiter la ville…

Budva…

On s'occupe comme on peut à Budva...

On s’occupe comme on peut à Budva…

A notre grand regret, nous sommes dans la pire ville monténégrine que nous pouvions choisir pour notre séjour forcé ! Un genre d’Ibiza pour les nouveaux riches russes. Des bars/discothèques sur la plage. Plages d’ailleurs recouvertes de transats et de lits à baldaquin, équipés de TV… Bref que du bonheur ! Nous tenterons de profiter de tout ce temps pour nous cultiver mais les livres d’occasion à 16€ nous achèveront !
Après la troisième visite médicale de contrôle, Rémy est autorisé à reprendre la route. Ni une ni deux, nous repartons le vendredi 28 août en direction d’Ulcinj et malgré les montées et descentes de la route côtière, nous pédalons sourires aux lèvres !

Plus nous nous éloignons de Budva et plus nous ressentons le changement qui se profile. Nous bivouaquerons d’ailleurs le soir dans un pré, au son de l’appel à la prière des minarets alentours.
La route jusque Ulcinj est une succession de tunnels sombres mais pas très long (300m max). A chaque fois c’est le même rituel. On endosse nos gilets jaunes et on s’équipe de nos frontales pour finalement être très chanceux et ne se faire doubler par aucun véhicule.
Ulcinj est la ville la plus au sud du Monténégro. C’est une station balnéaire bien plus populaire que Budva. Il y a d’ailleurs beaucoup de voitures du Kosovo !

Ulcinj, entre mosquées et plage bondée

Ulcinj, entre mosquées et plage bondée

Nous reprenons la route après avoir mangé près de la plage bondée où des photographes alpaguent les touristes avec un serpent et un singe sur l’épaule en criant « FOTO FOTO !» pendant que retentissent les appels à la prière. Contraste saisissant !

Nous roulons ensuite dans des gorges et dans un paysage beaucoup plus campagnard. Sans que cela ne soit prévu aujourd’hui, nous arrivons à la frontière, pas mécontent de quitter le Monténégro. Sitôt les passeports rangés, nous nous retrouvons confrontés à une autre réalité.
Des dizaines de Roms font la manche auprès des automobilistes qui attendent, impassibles, de passer la frontière. Nous aussi, nous nous retrouvons « confrontés » à une vieille dame qui nous demande de l’argent (?). Mais sans carapace de verre et d’acier pour nous cacher, nous ne pouvons lui adresser qu’un regard désolé…

Nous nous arrêtons le soir à Shkodër après plusieurs kilomètres dans un paysage très rural mais le long de routes jonchées de déchets et d’animaux errants.

Pour contraster ce tableau plutôt perturbant de l’Albanie, Xime, un albanais d’une bonne soixantaine d’années nous indique une « plage » au bord du fleuve où nous pourrons nous installer pour la nuit.

Nous passerons une grande partie de la soirée ensemble à essayer de communiquer… Pas facile !

Shkodër

Shkodër

Le lendemain matin nous visitons rapidement Shkodër et en profitons pour changer de l’argent. 1€ = 140 Leke… Ca en dit long !

La journée est très agréable malgré la chaleur. Nous trouvons une petite route du réseau secondaire à peu près en bon état et ne comptons plus les « Hello » joyeux, accompagnés d’immenses sourires, de tous les enfants croisés ! Les adultes également nous saluent par un signe de la main ou un coup de klaxon.

Le soir venu, nous retrouvons une dernière fois la mer adriatique près de la station balnéaire de Shengjin. Une ville encore une fois contrastée. D’un côté les hôtels haut de gamme avec piscine, et de l’autre, les routes complètements défoncées et des déchets à n’en plus finir dans les bas côtés…

Sur la plage, un albanais, qui parle français, tient à nous offrir un verre. Nous lui racontons alors notre voyage et notre projet face à un superbe couché de soleil.

Dernier couché de soleil sur l'Adriatique

Dernier couché de soleil sur l’Adriatique

Lundi 31 août, nous nous dirigeons vers l’intérieur des terres. Nous traversons Lezhe et évitons la route principale trop passante. La contrepartie est le mauvais état de la chaussée. Nous zigzaguons entre les trous et sommes dépassés par de nombreuses navettes (parfois de simples voitures) qui desservent les petites villes entre Lezhe et Tiranë. En fait, en Albanie, peu de gens semblent posséder une voiture ; cependant, il y a peu de routes, ce qui donne l’impression que la circulation est dense…

En fin de journée, nous cherchons du pain. Le boulanger insistera pour nous l’offrir. Nous sommes un peu déboussolés par tant de générosité car quelques heures auparavant, des gens, installés à une terrasse nous ont invités à boire un verre, simplement pour discuter…

D’autant que 200m plus loin, nous nous faisons alpaguer par un « Guten Tag !». Après cinq minutes de conversation en allemand, nous sommes invités à passer la soirée et la nuit chez Artur et sa famille !

Merci à la famille d'Artur et Valentina

Merci à la famille d’Artur et Valentina

Nous sommes accueillis par Valentina, sa compagne, Leo, 10 ans, qui fera le traducteur toute la soirée, Adrian, le petit frère et les grands parents, dans la maison familiale. Nous visitons la demeure qu’ils ont construit eux-même en 8 mois (!) ainsi que leur beau potager. Nous assisterons à la traite de la vache de la famille. Rémy s’essayera même à la traite manuelle…sans grand succès !

Tentative de traite

Tentative de traite

Nous les quittons le lendemain matin, après avoir échangé des semences contre un gros pot de confiture de figue maison, et prenons la direction de Tiranë, la capitale. La route qui y mène est très empruntée et bordée d’innombrables magasins de meubles (un mystère pour nous…) et de stations de lavages pour les voitures. Nous débarquons donc dans cette ville d’un million d’habitants en nous frayant un chemin parmi les voitures, camions et mobylettes. Des policiers tentent, tant bien que mal, d’organiser le trafic. La chaleur et le vacarme sont montés d’un cran. Nous hésitions à passer la nuit ici ; nous décidons de continuer !

Les jeunes d'Ibë

Les jeunes d’Ibë

Bien nous en a pris car dans le petit village d’Ibë, des habitants nous proposent de nous installer derrière l’école pour la nuit. L’endroit est calme et agréable. Seuls quelques enfants jouent au foot un peu plus loin.

Mais une fois la tente montée, une vingtaine de personnes du village viennent nous voir et nous questionnent. D’abord en albanais (ce qui n’a rien donné…) puis, grâce à l’aide précieuse des ados, en anglais.

Nous passons toute la soirée à échanger sur la vie en France et en Albanie. Leur curiosité répond à la nôtre. Très fiers de leur pays, la question qui revient le plus souvent est « Do you like Albania ? » !

Réveillés à 7h (au lieu de 10h habituellement), les jeunes reviennent nous voir, comme promis, pour nous dire au revoir ! Et ils n’arrivent pas les mains vides. Ils nous offrent…un pot de confiture de figues ! Les sacoches vont commencer à être lourdes !

Après la traditionnelle photo souvenir, nous entamons la montée qui mène à Elbasan par l’ancienne route. Une autoroute et un tunnel sont maintenant construits ce qui fait que nous ne croiserons presque aucune voiture de la journée.

Belle vue après 800m de dénivelé

Belle vue après 800m de dénivelé

La pente est raide mais les paysages sont magnifiques et nous pouvons pédaler côte à côte ! Nous croisons plusieurs cyclotouristes allemands et le premier cycliste albanais ! Après 800m de dénivelé, une longue et belle descente nous mène jusqu’à Elbasan où nous passons la nuit.

 

 

 

 

 

De la Croatie à la Bosnie

Du 9 au 16 août, chez Sabine, Gea Viva à Milna, sur l’île de Brac :

Nous sommes restés une semaine à Milna, sur l’île de Brac, chez Sabine en tant que volontaires. Sabine est d’origine allemande et s’est installée sur les hauteurs de la petite ville balnéaire de Milna il y a quelques années pour lancer son projet de permaculture et d’ »écocamp » qu’elle a appelé Gea Viva. 150820-trebinje052C’est dans des collines où l’on ne trouve que des oliviers et des pierres que Sabine a élu domicile. Elle y a construit, avec l’aide de bénévoles, un auditorium en pierre, à ciel ouvert. Le lieu est destiné à recevoir des conférences, rencontres, concerts etc.
Pas d’électricité, pas d’eau courante, une tente en guise de cuisine, une douche à la poche à eau et une cabane pour les toilettes sèches. Un âne nommé Babou et une chienne, Pia. Le décor est planté et notre tente aussi, sous un olivier.Au cours de ces sept jours, nous l’avons aidée durant les matinées (entre 6h30 et 10h30, avant la chaleur) et avons pu profiter des après-midi pour découvrir les différentes baies et plages autour de Milna.Notre travail a consisté en l’édification de murets en pierre pour façonner l’entrée du site.

 

150820-trebinje021A priori pas très enthousiasmant (Rémy dit même qu’il ne passera pas la semaine à bouger des cailloux…), mais peu à peu, nous avons pris goût à ce jeu de construction. Les pierres, c’est vite addictif ! Trouver LA pierre de TELLE forme, qui ira à CETTE place… On peut dire que nous avons apporté notre pierre à cet édifice !

Pour la première fois depuis notre départ, nous profitons de la vie sédentaire pendant une semaine. Avec néanmoins le même type de confort qu’en voyage : peu d’eau, douche restreinte, nourriture et eau qui chauffent l’après-midi, pas d’électricité… Mais nous apprécions fortement la cuisine extérieure : nous pouvons vraiment cuisiner !

Samedi, le dernier jour, Sabine nous emmène à bord de son voilier faire une sortie le long de la côte. Bien qu’il n’y avait pas assez de vent pour utiliser les voiles, nous avons apprécié changer de moyen de transport et la pause baignade dans une baie très peu fréquentée.

Un article sur Gea Viva viendra prochainement dans la page «  Prends en d’la graine ». En attendant, nous remercions encore une fois Sabine pour son accueil et sa disponibilité et lui souhaitons le meilleur pour la suite de son projet.C’est émus de quitter Sabine et cet endroit que nous reprenons la route le dimanche 17 août, malgré un ciel très menaçant.150820-trebinje173

Les températures sont plus basses, ce qui n’est pas pour nous déplaire, car, au programme de la journée, 850m de dénivelé pour traverser l’île de Brac jusque Sumartin. Les pentes restent relativement douces et nous roulons sur des routes désertes.
Comme nous l’avions déjà remarqué autour de Milna, les montagnes sont parsemées d’innombrables tas de pierres et de murets. Un travail titanesque réalisé par « les anciens ». Une légende sur l’île dit qu’il y a plus de pierres ici que dans toute la muraille de Chine ! On les a compté, on ira vérifier !
Nous terminerons cette journée en descente et… sous la pluie ! Nous tenterons à plusieurs reprises de trouver un endroit abrité pour la nuit en demandant aux gens ; mais nous finirons par poser la tente à la frontale dans un chemin et sous l’orage…

150820-trebinje182Après une nuit agitée et très humide, nous allons vers l’embarcadère de Sumartin pour rejoindre le continent. Nous avons deux heures devant nous et ça tombe bien car on constate que plusieurs de nos sacoches ont pris l’eau… Séance séchage en pleine rue : vêtements, sac de couchage, nourriture…

Après près de deux mois de voyage, on se rend compte que c’est la première fois qu’il pleut vraiment et que nous en ressentons les effets ! Le 15 août est passé, l’été serait-il en train de nous quitter… ?

Humide et groggy par notre mésaventure, nous prenons notre dernier ferry croate jusque Markaska.

Plusieurs dizaines de kilomètres de route côtière et touristique nous attendent car des montagnes à plus de 1000m se jettent directement dans la mer et ne laisse de la place qu’à une route et quelques petites stations balnéaires. Bien que très vallonnée, la route est plutôt agréable, sans trop de circulation et avec de nombreux points de vue sur la mer et les îles alentours.

Le lundi soir, nous trouvons un spot de bivouac magique. Oliviers en terrasses à flanc de montagne, avec vue sur la mer et, le détail qui fait la différence, un figuier à disposition ! Nous y passons une très bonne soirée et une nuit fraîche et reposante.150820-trebinje196

La route côtière bifurque pendant quelques kilomètres vers les montagnes puis nous mène jusque Ploce, une ville sur le delta du fleuve Neretva. En quelques minutes, nous passons des petites villes touristiques côtières à une ville industrielle, aux barres d’immeubles en béton brut et très abîmées. Ce contraste saisissant nous pose question. Serait-ce une ville qui ne bénéficie pas du tourisme ? Serait-ce des traces de la guerre passée ? Sentiments étranges. On se demande si l’intérieur de la Croatie ressemble à Ploce… ?

Nous décidons de ne pas aller à Dubrovnik et de nous diriger vers la Bosnie. Nous éviterons ainsi la grande route côtière et touristique. Nous sommes aussi curieux de découvrir un nouveau pays et peut être rencontrerons-nous plus de locaux ?

Nous passons la frontière dans l’après midi en faisant sourire le douanier qui, pensant que nous avions des motos, nous demandait notre carte d’assurance… Quelques kilomètres après, nous cherchons de l’eau. Un bosniaque et son fils nous offrent de l’eau minérale et de quoi nous doucher. Nous mélangeons allemand et anglais pour discuter, et apprenons qu’en Bosnie la langue est la même qu’en Croatie. Facile ! Dobar dan ! Hvala !

Les maisons sont petites mais avec de grands jardins potagers, des serres et parfois des moutons et des chèvres.
Nous passons la nuit dans un champ près du lac Hutovo Blato. Alors que nous rangions la tente, le lendemain matin vers 6h, nous apercevons deux enfants emmener un troupeau de moutons, cochons et vaches dans un champ le long du lac. Ils nous interpellent d’un joyeux « Hello ! ». On sent ici une réelle différence avec les gens croisés en Croatie, ne serait-ce que par les sourires qu’on nous adresse désormais.

Nous prenons la direction de Trebinje, à deux jours de vélo d’ici. Un col nous attend, très peu de villages et nous longeons de hautes montagnes. Pendant 10km nous montons en passant de 6% à 15% sans comprendre pourquoi ni comment ! Les récompenses sont 150820-trebinje221encore une fois à la hauteurs de nos efforts et nous découvrons de beaux paysages vides de toute construction humaine.

Nous contournons, à flanc de falaise, pendant une bonne partie de la journée une vaste plaine au pied de montagnes de plus de 1 000m d’altitude. Superbe décor !

Les villages que nous traversons sont très petits et semblent déserts. Beaucoup sont même abandonnés et en ruines. Seraient-ce des traces de la guerre des années 1990…? La suite de la route nous confortera dans cette idée par les blockhaus et les panneaux avertissants la présence éventuelle de mines…

Le lendemain, la route jusque Trebinje est plate. Nous arrivons dans le centre ville et sommes surpris de trouver une telle effervescence après plusieurs dizaines de kilomètres presque sans âmes qui vivent.
C’est depuis le Polako Hostel, une auberge de jeunesse qui fait également Warmshower, que nous écrivons. Nous allons pouvoir visiter la ville, prendre une bonne douche et passer une bonne nuit, à l’abri de l’orage qui s’annonce ! D’autant que cela fait 24 jours que nous n’avons pas dormi dans un vrai lit et 10 jours que nous n’avons pas pris de vraie douche chaude !

Entre les îles et le continent, on est allé sur la lune!

Depuis le 30 juillet : les îles croates

Réveil difficile après seulement quelques heures de sommeil. Les nuages noirs de la nuit ont laissé place au ciel bleu habituel.

Valun

Valun

Nous quittons donc Valun, vélos à la main, par la fameuse côte à 18%… De tels efforts dès le matin nous donnent une super idée : prendre un chemin caillouteux indiqué piste cyclable pour retourner vers Cres. D’ici, il paraît plat, mais ne fois dessus, c’est dix kilomètres de galère à se dire « ça va forcément être mieux après… ». Les montées et descentes dans les pierres n’en finissent pas… Nous devons pousser les vélos un à un à plusieurs reprises ! La seule chose qui changera pendant ces 3h, ce sera le vent, qui ne cessera de se renforcer…

Nous arrivons tant bien que mal à Cres et nous dirigons en fin de journée, après un repos bien mérité, vers l’embarcadère de Merag pour rejoindre l’île de Krk. La nuit tombant de plus en plus vite, nous plantons la tente quelques kilomètres avant le port, dans les montagnes, parmi les moutons.

Le lendemain matin, nous prenons le ferry pour Krk et, par chance, nous enchaînons sans attendre une minute avec celui qui nous emmène sur l’île de Rab. Nous échappons à 4h d’attente entre voitures, camions et bitume !

La traversée est plus longue que les précédentes, nous pouvons d’autant mieux apprécier les paysages alentour. Les montagnes de Cres à droite, qui plongent dans la mer et l’île de Krk, à gauche, beaucoup plus boisée.

Pag - Lopar

Pag – Lopar

Nous débarquons à Lopar et tentons de nous rendre sur l’une des nombreuses plages à proximité mais les chemins chaotiques ne sont pas praticables avec nos vélos chargés. Dommage, ces petites criques semblaient vraiment jolies.
Nous tentons notre chance de l’autre côté de Lopar (qui est une sorte de presqu’île) et nous nous retrouvons sur d’immenses plages bondées… Nous ressentons une sorte de frustration à ne pas pouvoir nous rendre dans des endroits plus isolés « à cause » des vélos et les plages accessibles sont surchargées de vacanciers et très bétonnées…

Nous quittons Lopar et passons de l’autre côté de la « montagne » pour nous retrouver dans une petite

Bière croate en bord de mer

Bière croate en bord de mer

baie, beaucoup plus calme et agréable, où nous passons la nuit à côté d’une maison à vendre.

Au petit matin, nous prenons la direction de Rab, la principale ville de l’île, d’où devrait partir un bateau pour Pag. Nous débarquons de bonne heure dans une cité qui se réveille. Peu d’agitation, quelques personnes prennent un café en terasse. Mais très vite, après avoir appris que le seul bateau qui peut nous emmener à Lun (sur l’île de Pag) part à 12h et que c’est un tout petit bateau, les touristes sortes de toutes part ! Des bateaux et des yachts dans tous les sens… Après s’être fait alpaguer 3 fois par des « Taxis Boat », on se rend rapidement compte qu’il s’agit d’une destination touristique très chic…

Mais puisque nous avons quelques heures devant nous, nous posons les vélos et visitons la vieille ville de Rab à l’intérieur des fortifications.

A 12h, nous sommes une vingtaine de personnes à attendre pour embarquer dans la coquille de noix qui ne peut en recevoir que 12 (c’est écrit dessus!).

Qu’à cela ne tienne, les bagages sur le toit et les vélos sur le pont, nous montons tous et c’est parti !

Traversée risquée entre Rab et Pag

Traversée risquée entre Rab et Pag

Une demie heure de traversée pas très rassurante d’autant que des gamins de 7-8 ans s’amusent avec le « volant » et font virer le bateau à plusieurs reprises. On arrive finalement bien à Lun avec tout le matos !

Sur l’île de Pag, le décor change. Nous parcourons un paysage rocailleux strié de kilomètres de murets de pierres et d’innombrables oliviers : on adore !

Après avoir traversé le « Ibiza croate » (Novalja), nous bifurquons sur un chemin en bord de mer qui fait face à des montagnes blanches. Ambiance lunaire. Nous rencontrons le soir deux familles de polonais en camping car. Nous passerons un agréable moment avec eux à parler voyages et vin bulgare !

Pag, lunaire

Pag, lunaire

Souhaitant prolonger l’exploration de Pag qui nous plaît vraiment beaucoup, on décide d’y rester une journée de plus. En effet, l’île est très impressionnante par ses paysages et son calme. On y croise beaucoup moins de vacanciers étrangers et plus de croates. La fin de journée sera marquée par la rencontre d’une dame suisse très amusante qui nous donnera de l’eau pour le bivouac du soir. En Croatie, trouver de l’eau n’est pas évident. Il n’y a pas, comme en Italie, des fontaines à tous les coins de rue. La gratuité n’existe pas ici. Les touristes sont là pour consommer !

Mardi 4 août, on quitte Pag en longeant ses montagnes blanches qui se jettent dans des eaux turquoises.

On pédale toute la matinée pour rejoindre la ville de Nin, dans laquelle nous prenons un camping, et qui semble être réputée pour ses plages et ses salines. C’est l’occasion pour nous de laver nos affaires, de prendre une (des) bonne(s) douche(s) et de nous reposer.

Revigorés, nous prenons le lendemain la direction de Zadar. Il s’agit sans doute de notre jour de chance car une piste cyclable séparée de la route (!!!) nous y emmène tout droit. Beaucoup de croates arborent ici un drapeau aux couleurs du pays sur leur voiture.

Nous entrons dans la ville et d’autres drapeaux flottent aux fenêtres. Patriotes les croates !
Posés sur le parvis d’une église des avions nous surprennent à faire des figures dans le ciel type la patrouille de France ! Spectacle impressionnant ! Nous nous disons qu’ils doivent s’entraîner pour un futur événement important jusqu’à ce qu’on nous informe qu’aujourd’hui, c’est la fête nationale croate ! Drapeaux, avions… ok !

Nous ne restons pas plus longtemps dans Zadar et prenons la route principale, le long de la côte, en profitant de l’absence de camions en ce jour férié.

Nous prenons plaisir à voir défiler les kilomètres sur des routes moins accidentées malgré que le bord de mer soit une succession d’hôtels, d’autocamps et de plages. Bonne nouvelle, les figues commencent à être bien mûres sur les arbres, pour notre plus grand bonheur !

Le soir, nous trouvons un joli coin pour bivouaquer au bord du lac d’eau douce de Vransko (Vrana en français). Un site magnifique à l’écart de l’agitation touristique.

Très tôt le matin, nous reprenons les vélos pour emprunter la route n°8 qui est aujourd’hui bien plus passante ! La chaleur est remontée d’un cran, ce qui ne facilite pas les choses. A Sibenik, nous nous arrêtons pour manger et faire un tour dans la vieille ville qui semble très jolie mais…pleine d’escaliers ! Une fois de plus, nous sommes une peu « bloqués » avec nos vélos et ne restons pas plus longtemps.

Nous prenons la décision de quitter la route de la côte pour « couper » par les montagnes. Ce ne sont désormais plus des dizaines de voitures allemandes, hongroises ou italiennes qui nous doublent mais simplement quelques voitures croates. Nous pédalons entre des villages entièrement croates, les habitations sont bien différentes que celles au bord de la mer. Beaucoup de maisons ne sont pas finies mais déjà habitées et beaucoup d’autres sont en cours de construction mais ont l’air abandonnées. Tous les jardins ont leur potager, avec uniquement des tomates et des poivrons blancs. Et toujours un figuier !

Bivouac parmi les loups!

Bivouac parmi les loups!

Le soir nous demandons conseils à trois enfants croates afin de trouver un endroit pour bivouaquer. Le plus âgé nous dit de ne pas dormir dans les prés à cause des animaux sauvages et nous amène alors jusqu’à une maison inhabitée un peu plus loin où nous pouvons dormir sur la terrasse abritée. Ca tombe bien, un orage semble se profiler.

Nous nous endormons protégés du vent sur la terrasse. Tard dans la nuit, nous sommes réveillés par des aboiements un peu plus loin . Nous entendons des aboiements de chiens qui répondent aux hurlements de loups… Ce n’est pas très rassurant et nous sommes un peu surpris, mais les loups ne s’attaquant pas à l’homme (n’est-ce pas?), tout ira bien. Nous savons désormais qu’il est prudent de demander aux habitants où nous pouvons dormir !

Le réveil fut un peu difficile, mais nous reprenons les vélos tôt pour éviter la circulation et rouler à la fraîche, car nous savons qu’une longue montée nous attend. Nous montons alors pendant deux heures avant de redescendre sur la mer en 15 minutes. A 400 m d’altitude, la vue sur la baie de Split est magnifique.

Une trentaine de kilomètres en bord de mer entre aéroport, usines, grands ports industriels nous attendent avant de rejoindre Split. L’arrivée dans la ville est très difficile car nous ne trouvons qu’une voie rapide pour entrer mais nous trouvons par miracle un petit bout de trottoir qui nous écarte de la route et nous emmène dans la ville par des petites routes et montés à plus de 15%, oui forcément.

Couché de soleil sur l'île de BracNous nous dirigeons vers le port pour prendre un bateau pour l’île de Brac sur lauqelle nous prenons un camping car le bivouac semble interdit. Un magnifique couché de soleil combiné à de gros orages au loin accompagnent notre repas sur la plage…

Couché de soleil sur l’île de Brac

Sur cette île se trouve une ferme en permaculture qui a l’air très intéressante. Nous allons y passer quelques jours en tant que volontaires pour les rencontrer et découvrir ce que peut être l’agriculture bio en Croatie. Jusqu’à maintenant, nous n’avons vu aucune trace de quoi que ce soit de biologique, respect de l’environnement ou autre en Croatie. Nous sommes curieux d’en apprendre un peu plus…

 

L’Istrie et l’île de Cres ou les “montagnes croates”!

Du 23 au 25 juillet : Marcon → Opicina (Trieste)

150731--cres002Nous quittons la Fattoria di Rosmarino après une photo souvenir avec Cristina et Pier Giorgio.

L’objectif est d’atteindre Trieste, où nous hébergera Nino de Warmshower, trois jours plus tard.

Sur la carte il y a environ 150km. Nous en ferons en réalité 213, car nous passerons notre temps à zigzaguer pour éviter autoroutes et routes nationales. Malgré des températures beaucoup plus clémentes, ce sera un jeu de pistes épuisant dans des paysages très monotones : champs de maïs et de haricots, canaux d’irrigation, villages désertiques, forêts artificielles « au garde-à-vous »…

Nous nous arrêterons le premier soir en bord de mer, entre deux stations balnéaires. Nous nous rappellerons de ce bivouac entre musique à fond dans les campings alentours, orages et… arrosage automatique à 23h30… Branle-bas de combat ! Il faut bouger la tente et les vélos de place et stopper les jets d’eau avec… nos gourdes (bel instinct de survie d’Elisabeth!).

Après une dernière étape de 83km, nous arrivons bien fatigués à Opicina, dans la banlieue de Trieste, chez Jennyfer et Nino, un couple americano-sicilien. Ils nous accueillent pour la nuit et nous laissent à disposition un petit studio indépendant de la maison avec chambre et salle de bain : la classe !
Ils nous invitent à diner et nous passons la soirée à parler voyage, Slovénie et Croatie en buvant de la bonne bière slovène.
La fraîcheur de la nuit est très agréable et reposante, nous en avions besoin. Dehors, c’est le déluge ! Aurions-nous une bonne étoile… ?

26 juillet : Opicina → Svito Anton (Slovénie)

Après une bonne nuit de sommeil, nous prenons notre temps et laissons passer une grosse averse avant de partir.

Nous sommes impatients à l’idée de changer de pays et de passer en Slovénie d’autant que les orages ont fait chuter sérieusement la température. Grande première, ce sera veste et pantalon pour Elisabeth.

Après quelques kilomètres d’une bonne grimpette, nous découvrons une splendide vue sur le golfe de Trieste. Nous imaginons la frontière slovène face à nous. C’est avec joie que nous découvrons de nouveaux paysages, vallonnés, boisés et en bord de mer. La monotonie de l’Italie du nord semble laisser place à des contrées plus attrayantes. Nous verrons ce qu’en diront nos mollets…

150731--cres029Nous flânons un bon moment dans Trieste qui nous plaît vraiment. Est-ce grâce à la fraicheur ambiante … ? Toujours est-il que nous ne nous attendions pas à trouver une telle ville ici. De larges rues aux immeubles (presque) Haussmanniens. Une jolie place principale donnant sur la mer. Un petit coup de cœur.

Nous reprenons ensuite la route et manquons de nous retrouver sur une voie rapide, dans un tunnel… Merci les indications italiennes !

150731--cres035Nous retrouvons finalement la route cotière qui nous mène directement en Slovénie. Nouveau pays, nouvelle langue et en guise d’accueil, 10 kilomètres de montée avant de trouver un endroit pour bivouaquer en lisière de forêt, avec vue sur la mer.

27 juillet : Svito Anton → Motovun (Croatie)

150731--cres039Nous attaquons cette journée par une côte à 15%, rien que ça ! Le ciel est très menaçant et devient de plus en plus noir. Pensant que nous allons prendre la première « douche » du voyage nous enfilons les affaires de pluie mais bizarrement ce nuage nous passera à côté. Mais c’était sans compter sur le suivant qui nous trempera jusqu’aux os ! C’est ce que nous retiendrons de la Slovénie : un pays qui monte très fort et où il pleut, fort aussi ! Un peu minimaliste certes, d’autant que les paysages sont magnifiques, à tel point que nous avons hésité à nous aventurer un peu plus dans les terres.150731--cres059

Mais nous franchissons la frontière Croate et subissons notre premier contrôle des passeports.

Premier changement de devises ; nous passons au Kuna. 1 euro équivaut à 7,5Kn. Autant dire que nous avons l’impression de repasser au franc ! Les prix dans les magasins nous semblent surréalistes alors qu’ils sont globalement inférieurs aux prix italiens.

Nous passons la journée à pédaler entre montagnes boisées et villages perchés à plusieurs centaines de mètres. Paysages de cartes postales très typiques.

28 juillet : Motovun → petite église au milieu de nulle part

150731--cres064Nous prenons la route tôt, toujours entre descentes et montées…

Une longue pause dans la ville de Pazin nous fait découvrir la fameuse « Barrière de la langue » ! Un passage au supermarché et un café nous montrent bien à quel point le voyage va maintenant être différent. Fini le temps où l’on comprenait à peu près ce que disaient les italiens. Nous ne comprenons absolument rien à la langue Croate !

Nous nous fabriquons un petit dictionnaire franco-croate à l’aide d’internet mais encore faudrait-il connaître la prononciation !

Nous reprendrons les vélos en début d’après-midi. Montée, descente, montée… Pas facile ! Les superbes paysages sont heureusement là pour nous récompenser à chaque nouvel effort.

Suite à une « erreur de navigation » nous faisons un beau détour mais qui nous fera finalement trouver un joli spot de bivouac, nous loin d’une toute petite église et avec une fontaine à disposition ! L’abbé, venant célébrer l’eucharistie et fier de parler quelques mots de français, viendra nous parler et nous offrir pommes et prunes.

29 juillet : Vers l’île de Cres

Nous avons une quinzaine de kilomètres à faire pour prendre le ferry qui nous mènera sur l’île de Cres et comme les jours précédents, ça monte !

Nous longeons une « calanque » et découvrons la mer et l’île en arrière plan.

La traversée ne dure que 20 minutes sur une eau d’un bleu profond. Magnifique ! On en chercherait presque les dauphins…
Un cyclo croate, croisé sur le bateau nous prévient « Cres ça monte fort et ça descend fort ! ».

150731--cres105Effectivement, à peine débarqué, une montée de 10km nous mène vers les sommets à 600m de l’île. La vue est splendide, la récompense est à la hauteur des efforts fournis.

Nous nous rendons à Cres (la ville) où nous nous baignons dans une eau turquoise (mais bizarrement un peu fraîche). La cité est située dans une baie entre les montagnes. Un décor de carte postale !

Nous bivouaquons le soir, au bord de l’eau.

30 juillet : Cres → Valun

Nous décidons d’avancer un peu sur l’île, sachant qu’il nous faudra revenir sur nos pas pour prendre un nouveau ferry.

20 km de « montagnes russes » entre 10 et 15% nous font arriver à Valun. La dernière descente à 18-20% et la beauté des lieux finissent de nous convaincre de rester ici pour la journée et la nuit. En effet, c’est une voie sans issue, il nous faudra remonter tout ça demain…

150731--cres137La clarté de l’eau nous pousse à investir dans un masque et un tuba pour explorer les bas-fonds marins. Superbe !

Le soir, nous choisissons de dormir à la belle étoile sur une plage, à l’écart du village. Le ciel étoilé nous met en confiance mais c’est sans compter sur l’orage qui éclatera en pleine nuit et nous fera monter la tente à la frontale. Vent, pluie et grosse vague nous font passer une nuit bien agitée…