Kapadokya : çok güzel!

Nous avons passés près d’une semaine dans l’incroyable région de la Cappadoce. Entre volcans, canyons, cheminées de fées, habitations troglodytes et villes souterraines… Nous avons eu droit au soleil, aux nuages et à la neige, de quoi profiter de différentes lumières.


160207-kapadokya003Dès que nous quittons la ville d’Aksaray, le paysage change totalement. Nous passons d’une immense plaine à des montagnes rougeoyantes.


160207-kapadokya020Et quelques kilomètres plus loin, des formes étranges apparaissent entre les habitations…


160207-kapadokya031En prenant de la hauteur, on se rend compte de la géologie très particulière de la région.


A droite, le Hasan Dagi : un des volcans à l'origine de la formation de la CappadoceA droite, le Hasan Dagi : un des volcans à l’origine de la formation de la Cappadoce.


Village d'Ihlara au pied du Hasan DagiLe petit village d’Ihlara au pied du Hasan Dagi.


Ville souterraine de DerinkuyuLa région regorge de villes souterraines. Ici, celle de Derinkuyu qui descend à 85 mètres sous terre.


Ville souterraine de DerinkuyuUn véritable labyrinthe sous-terrain qui servait à se cacher des attaques ennemies.

kapadokya083Premiers pas dans les Vallées Rouge et Rose.


kapadokya086La nature, par l’intermédiaire de l’érosion, a sculpté le tuf, lui donnant de surprenantes formes.


kapadokya093Puis l’Homme y a ajouté sa patte : pigeonniers, grottes…

Un des nombreux tunnels de la vallée roseUn des nombreux tunnels de la vallée Rose : naturels?


kapadokya113L’érosion se poursuit inexorablement, vouant ces formations rocheuses à disparaître!


kapadokya121Les noms des vallées changent au gré des variations de couleur.


Köpek, notre compagnon d'un jourKöpek, notre compagnon d’un jour.


Eglise troglodyteSculptées dans la roche, on découvre de nombreuses églises troglodytes!


kapadokya142Les cavités permettent de sympathiques photos.


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Rose ValleyCappadocia Selfie!


kapadokya157Petite pause bien méritée après de longues heures de marche.

Vue sur Göreme

Sur les hauteurs de Göreme. Petite ville touristique au cœur du Parc. Malgré tout, les dizaines d’hôtels et restaurants se fondent plutôt bien dans le paysage.


Habitations troglodytes

Au pied de la forteresse d’Uçhisar, véritable gruyère de roche.


Impressionnante Pigeon Valley

Impressionnante Pigeon Valley au pied de la forteresse d’Uçhisar.


Impressionnante Pigeon Valley

Elle doit son nom aux innombrables pigeonniers creusés dans les falaises de tuf. Les habitants utilisaient les fientes des pigeons pour fertiliser la terre, très pauvre dans cette région.


Impressionnante Pigeon Valley

Certains sentiers, au bord du canyon, sont quelque peu vertigineux.


Love Valley...

La Love Valley. On vous laisse imaginer d’où vient ce nom…


Dernier jour sous la neige

Notre dernier jour en Cappadoce, la neige ajoute sa touche personnelle…


La chaleur de l’hiver anatolien

Mercredi 20 janvier, nous quittons Iznik, petite ville chargée d’histoire et riche de nombreux sites historiques et archéologiques. Elle est également réputée pour sa céramique, qui orne d’ailleurs l’un de ses minarets, et pour posséder l’arbre le plus vieux de Turquie : 1360 ans ! Nous remercions Soner de nous avoir permis de découvrir tout ça.

Nous partons sous le soleil mais les températures ont bien chuté. Nous laissons derrière nous les rives du lac d’Iznik et commençons à prendre de l’altitude pour nous rendre en quelques jours à Eskisehir, aux portes de l’Anatolie.

160205-goreme11Nous roulons presque sans discontinuer sur la large bande d’arrêt d’urgence d’une 2 x 2 voies où, malgré le trafic plutôt dense, nous nous sentons en sécurité. Pendant quelques jours, la neige se met à tomber par intermittence. L’humidité ambiante renforce la sensation de froid mais plusieurs fois par jour, les turcs nous offrent le thé pour nous réchauffer ! De plus nous ne dormons jamais dehors ! Une nuit dans une station-service, une autre dans une mosquée, l’hospitalité ici est quelque chose de sacrée !

Après ces quelques jours de mauvais temps, nos vélos sont plus sales que jamais et impossible de les nettoyer, les stations de lavages sont hors service à cause des températures autour de -10°C ! Tant pis, ils devront patienter.160205-goreme13
Pour notre part, nous sommes hébergés à Eskisehir par Gökhan et son frère, du réseau Warmshower, qui nous invitent dans un restaurant kurde, leur région d’origine. C’est le ballet des plats et l’art de multiplier les mets les plus simples.

Nous reprenons la route après une journée de pause, direction l’Anatolie, les petites routes et le froid hivernal !

Effectivement, sans surprise, les températures sont plus que froides. Nous passons alors les journées à pédaler et dès que nous nous arrêtons, il faut bouger !! Heureusement, les soupes dans les stations-services ne sont qu’à 3TL (1 euro) et nous réchauffent.
Nous passons la nuit la plus froide (-15degrès) dans un hôtel en bord de route.

Le 26 janvier, nous nous enfonçons un peu plus dans les terres et quittons la voie rapide à Emirdag. Nous roulons alors vers le Tuz Gölü (lac de sel) en passant par de petits villages. Certains sont complètement abandonnés, d’autres paraissent à moitié vides. Nous apprenons alors au fil des rencontres que la plupart des habitants sont partis en Europe. « Mon cousin est en France, à Lyon » « Je suis revenu pour les vacances voir ma famille, je travaille à Copenhague depuis 22 ans ! ». L’exode rural ici se fait à l’international !

L'Imam et son épouse

L’Imam et son épouse

Le soir nous trouvons refuge dans la mosquée d’un village. Un couple d’habitants nous autorise à dormir à l’intérieur et nous informe que l’Imam revient le lendemain matin. Qu’à cela ne tienne, nous nous installons dans la pièce voisine à la salle de prière, un peu gênés mais au chaud. Le soir Hasan et sa femme reviennent nous voir et nous apportent pain, olives, omelette et bien sur du thé ! Nous les regardons, surpris, installer le repas à même le sol de la mosquée. En quelques instants nous comprenons qu’ici, la mosquée est avant tout un lieu de vie ouvert à tous et la gêne que nous ressentions d’occuper un lieu de culte s’envole.
Le lendemain matin, 6h, l’heure de l’ezan, l’appel à la prière. Quelques secondes avant qu’il retentisse, l’Imam ouvre la porte et nous trouvant emmitouflés dans nos sacs de couchage, nous salue. Cinq minutes plus tard, il revient et nous prie de venir chez lui au chaud. En déjeunant avec lui et son épouse, il nous explique sa surprise de nous avoir trouvé dans la mosquée et s’excuse de n’avoir pas été là la veille au soir, pour nous faire dormir chez lui. Nous repartons sur une route blanche, pleins de bonnes énergies.

Les paysages alentours nous dépaysent totalement ! A perte de vue, des champs vides de toute construction humaine. Les routes sont quasi désertes et plates. Dès que nous croisons une voiture (bien souvent des Renault 9 autrement appelées Renault Broadway !), nous avons droit à un coup de klaxon et des signes amicaux à travers le pare-brise.
Entre deux voitures nous profitons du silence, nous écoutons les oiseaux voler et entendons même les souris en bord de route !

Petite ville de Yunak

Petite ville de Yunak

Nous passons un petit col enneigé pour basculer sur la ville de Yunak. Nous nous renseignons à la mairie pour trouver un endroit pour dormir. Ici on ne fait pas dans la demie mesure : en cinq minutes, on nous réserve une petite chambre d’hôtel pour la nuit.
Malgré les prévisions météo, la neige fait son retour. En une matinée, nous nous ferons offrir le thé dans quatre stations-service différentes !
A Sülüklü, une petite ville au milieu de nulle part, nous sommes hébergés dans une salle adjacente à la mosquée, tout naturellement, comme si c’était normal.

Le 29 janvier, nous approchons du Tuz Gölü, espérant voir de grandes étendues de sel.
Nous nous arrêtons dans la ville précédente, Cihanbeyli. Nous cherchons un endroit pour dormir et Rémy, attiré par une table de pique-nique propose de monter sur la colline. Un petit 15% de montée et nous apercevons des femmes faisant cuire du pain dans leur four. A peine posons-nous le pied à terre que la mère de famille nous offre à chacun un pain et une moitié de pizza tout juste sorti du four. Nous demandons alors si nous pouvons poser notre tente ici, « non non non, vous dormirez chez mon voisin qui parle un peu français ! ».

Mustafa et sa famille

Mustafa et sa famille

Et nous voilà chez Mustafa et sa famille pour la soirée ! Il possède les terres aux alentours et fait pousser du blé. La région semble effectivement être le grenier à blé du pays. On y cultive également des betteraves à sucre. Sur la route, de nombreux panneaux à l’effigie de Monsanto, Syngenta et Cie ne nous permettent pas de douter quant au type d’agriculture pratiquée ici… (Même dans un café d’un village il y avait une « belle » et grande affiche Monsanto à côté des photos de tracteurs). Nous passons un très bon moment avec Mustafa et sa famille, les enfants se montrants très curieux. Ici aussi, beaucoup sont partis en France, en Belgique, en Allemagne etc. pour travailler. Lorsque l’on nous en parle, on ressent chez ceux restés ici, une pointe d’amertume…

Après un très bon petit déjeuner, nous roulons excités par le phénomène naturel que nous allons découvrir. Mais le lac de sel alors tant attendu se fait désirer au fur et à mesure des kilomètres de « désert ». Après chaque grande colline franchie nous nous attendons à le voir apparaitre. Toujours rien.

Le soir nous cherchons de nouveau un endroit pour dormir abrités, d’autant que le ciel est menaçant. Encore chanceux, un homme nous voyant hésiter, nous alpague depuis sa voiture et nous parle en Allemand. Il nous invite tout de suite à dormir chez lui. Nous partageons alors le super repas que sa femme nous offre : beurre, fromage, yaourt et galettes faits maison. Seules les olives et les tomates ne sont pas d’ici. Hatice, la maman, passe la soirée à tisser un canevas destiné à être vendu. Son mari, Hace, va au salon de thé avec les autres hommes du village. Pour notre part, nous jouons avec leur fille Ümü, âgée de 9 ans, très curieuse, communicante et attentionnée envers nous. Nous remercions encore cette famille pour leur hospitalité naturelle.
Le lendemain matin, le brouillard peine à se lever. Selon notre carte, nous longeons toujours le lac de sel. Encore une fois, rien. Grande plaine vide avec quelques villages çà et là. Nous avons l’impression d’être fatigués et de ne pas arriver à avancer. Mais c’est le vent de face qui nous freine et ne nous autorise qu’une vitesse de 10km/h sur des routes plus que plates…
Nous finissons par comprendre que le lac à reculé, l’eau a dû être pompée pour les champs alentours gourmands en arrosage. Nous retrouvons alors la voie rapide qui mène à Aksaray.

La famille de Hamet

La famille de Hamet

Le soir, nous sommes hébergés par une famille d’éleveurs. Hamet, le père, et son fils s’occupent des 300 moutons. La maman trait les brebis et confectionne yaourt, beurre et fromage (qui ressemble à du roquefort avec la texture du parmesan). Six bergers d’Anatolie sont là pour veiller au troupeau laissé en liberté la journée.

Le 1er février, direction Akasray aux portes de la Cappadoce. Nous nous arrêtons sur la route visiter le caravansérail de Sultanhani et apprenons par la même occasion que nous nous trouvons sur la fameuse Route de la Soie. Tout un symbole pour des voyageurs se rendant en Asie !

Caravaneserai de Sultanhani

Caravaneserai de Sultanhani

A Aksaray, nous sommes hébergés par Turgay, du réseau Warmshower. Deux autres cyclos anglais, Flora et Luke, sont également chez lui. Eux viennent de Nouvelle-Zélande et font le chemin inverse pour rentrer en Angleterre. Nous passons la soirée à échanger les bons plans voyages et à jouer au ping-pong.

Nous sommes maintenant arrivés en Cappadoce, région géologiquement incroyable, entre volcans, canyons, villes souterraines et habitations troglodytes. Bientôt un diaporama de notre séjour dans la région !

We are humans!

Départ pour la Turquie

Départ pour la Turquie

Nous avons quitté Skala-Sikaminia, sur l’île de Lesvos, le mercredi 6 janvier, après y avoir passé plus de deux semaines à aider les réfugiés. Et c’est avec beaucoup d’émotions que nous avons dit au revoir à nos amis volontaires, tous présents le matin de notre départ.

Notre ferry est prévu le lendemain matin à 9h, au départ de Mytilène.
En ce jeudi matin, le temps est tempétueux et la mer très agitée. Qu’à cela ne tienne, la traversée vers la Turquie se passe sans difficulté et pour seulement 10€ par personne. De quoi se poser des questions, lorsqu’on sait que les réfugiés, eux, risquent leur vie pour traverser ces 8km dans des embarcations de fortune et payent leur passeur jusqu’à 1 000€…

Notre arrivée sur le sol Turc est des plus humide. Il pleut des cordes ! Nous débarquons dans la ville d’Ayvalik, exactement face à l’île de Lesvos. Nous passons la douane sans problème puis roulons jusqu’en centre ville pour changer nos euros en Turkish Lira. 1€ vaut environ 3TL. Sensation étrange de se retrouver dans un nouveau pays, avec un nouveau langage, dont on ne parle aucun mot. D’autant que les premières rencontres que nous faisons, douaniers et personnel de la banque, ne parlent absolument pas anglais… Heureusement, quelques enseignes de magasins nous rassurent : kuaför, otopark, veteriner, … Tout ce qu’il y a de plus utile !

Route principale en Turquie...

Route principale en Turquie…

Après notre premier thé turc, la pluie s’arrête et nous prenons la route en direction du nord. Une fois sortie de la ville, nous nous retrouvons sur une 2×2 voies avec une large bande d’arrêt d’urgence sur la droite ; parfait pour nous ! En fin de journée, nous nous arrêtons au niveau d’un genre de restaurant de bord de route, au milieu des oliviers, pour demander si nous pouvons y poser la tente pour la nuit. C’est avec un grand sourire que Hamet, le gérant, accepte et nous offre le thé ! Nous passons ensuite la soirée à apprendre nos premiers mots de turc, Merhaba, Tesekkür Ederim, (bonjour, merci) … Pour notre premier bivouac en Turquie, nous installons la tente à l’intérieur de la petite boutique d’huile d’olive jouxtant le restaurant, original !

Premier bivouac turc...

Premier bivouac turc…

Le lendemain, après nos premiers Börek (feuilletés à la viande ou au fromage) offert par notre hôte pour le petit déjeuner, nous repartons sur cette 2×2 voies que ne nous ne quitterons pas pendant plusieurs jours. Pensant nous rendre à Istanbul, nous avons pris la direction du nord par les villes de Balikesir, Karacebey et Bursa mais finalement nos plans ont changés…

Après avoir passé une vingtaine de jours à aidés les autres sur Lesvos, ces dix premiers jours en Turquie ont été marqués par l’hospitalité et la gentillesse des turcs que nous avons rencontrés. C’est simple, nous n’avons pas dormi une seule fois à l’extérieur ! Soit nous avons trouvé un hébergement grâce au site Warmshower, soit nous avons été invité spontanément par des gens.

Première soirée dans une famille turque. Merci Alaaddyn!

Première soirée dans une famille turque. Merci Alaaddyn!

Par exemple, dans le petit village de Köylüce, Alaaddyn et sa famille nous ont hébergés. Nous avons été accueilli comme des rois. Rémy a passé la soirée avec Alaaddyn à traduire des mots à l’aide d’un imagier et de google traduction. Elisabeth est allée prendre le thé, « entre filles » dans une maison voisine. Dix dames du village, assises en tailleur sur les canapés, lui ont posé toutes sortes de questions en Turc. Nous apprenons alors à communiquer différemment, les gestes et mimiques sont notre nouveau langage.

La pratique des mimes continue le jour suivant, alors que nous cherchons à acheter une carte SIM pour passer des appels en Turquie. Cela relève alors du parcours du combattant ! Nous avons dû entrer dans une dizaine de magasins de téléphonie différents avant de pouvoir en acheter une à Balikesir. Le langage des signes a ses limites, on apprendra un peu plus tard que nous avons bien une carte SIM turque mais pas de crédit dessus…

Le 11 janvier, les conditions météo sont au top pour nous. Les températures ne sont pas si froides, entre 5°C le matin et 15°C l’après midi. Seul le vent nous pose problème. Les rafales nous empêchent d’avancer, ce sera un jour de pause au village de Karapücek.

Dans la boulangerie de Yusuf à Karapurçek

Dans la boulangerie de Yusuf à Karapurçek

Nos hôtes de la veille nous accueillent alors une seconde journée. Jim et Yussuf tiennent la boulangerie et la pâtisserie du village. Leur production est d’environ 2 000 pains par jour. De quoi nourrir deux villages et les employés de l’usine voisine.

Le lendemain, le vent est retombé et nous enfourchons les vélos, découvrant sur la route des arbres déracinés et des panneaux pliés sous la force du vent.

Les jours suivants, nous sommes hébergés par de jeunes turcs « trouvés » sur internet. L’un, Goksun, à Balikesir, est un cylo-voyageur. Il est la première personne avec qui nous échangeons réellement en anglais ! Il nous a donné de nombreux conseils que ce soit pour le vélo ou pour trouver des associations relatives aux semences.

Goksun nous a aussi permis de rencontrer le lendemain, Dogukan, qui nous a hébergé chez ses grands-parents, puis chez ses parents le jour d’après. Une hospitalité bien naturelle selon lui car, dit-il, « c’est normal, nous vivons tous sur la même planète !». Une phrase qui fait écho à celle de nombreuses fois entendue dans la bouche des réfugiés : « We are humans ! (Nous sommes tous des humains!)».
Dogukan est étudiant en mathématiques dans une fac anglaise d’Istanbul. Une exception parmi les turcs. Nous visitons ensemble la ville de Karacebey et sommes alors comme des enfants à regarder tout autour de nous. Boutiques de pyjamas à 2 euros, pains en vitrine, salon de thé réservés aux hommes, entre un Kuaför et un magasin de bricolage… 160114-ayvalik_103Dans la rue, les tracteurs sont garés comme les voitures. Nous goutons au Salep, une boisson blanche à base de farine de bulbe d’orchis et de cannelle. Humm !
Nous donnons quelques graines au père de Dogukan qui cultive des salades et des tomates. Il nous explique que la région est tellement polluée par les usines et l’agriculture conventionnelle, que l’appellation « produit biologique » y est interdite. Les anciennes variétés de semences que nous transportons le passionnent et il garde alors une variété de tomate bigarrée, striée rouge et jaune.

La route du lendemain nous amène à Bursa qui, à notre grande surprise, est la quatrième ville du pays avec plus de deux millions d’habitants. Notre hôte, Ersin, nous aide à trouver ce dont nous avons besoin en ville : carte de la Turquie, outil pour le vélo, gants pour Elisabeth ; les 15 kms de vélo que nous ferons en ville seront des plus éprouvants!
Ersin projète lui aussi de partir voyager à vélo, mais en Amérique, du nord et du sud ! Préparer un tel périple n’est pas chose aisée en Turquie. Les magasins spécialisés ne se trouvent qu’à Istanbul et peu de monde pratique le vélo, encore moins le voyage à vélo.

Nos hôtes Warmshower de Bursa, Ersin et Ertan

Nos hôtes Warmshower de Bursa, Ersin et Ertan

Nous dormons le soir suivant chez un autre Warmshower, Ertan ; il nous héberge dans le local du club cycliste de la ville ! Après nous avoir offert des buffs et un t-shirt de cycliste à Elisabeth, il nous aide le lendemain à sortir de cette immense ville. Autoroutes à 5 voies, sorties à gauche, à droite… Nous sommes contents de ne pas aller à Istanbul ou Ankara qui doivent être bien pires !
Une fois sortis de Bursa, c’est en t-shirt que nous pédalons! Mais sur le coup de midi, la pluie fait son apparition et les températures dégringolent, à tel point que le soir, la neige se met à tomber! Trempés et les vélos plus sales que jamais, nous atteignons tout de même Orhangazi où Nevzat, Warmshower, nous héberge heureusement pour la nuit !

C’est en discutant avec lui que nous commençons à ne plus trop vouloir longer la Mer Noire, que beaucoup nous ont décrit comme la région la plus pluvieuse de Turquie. L’idée de nous rendre en Cappadoce fait son chemin dans nos têtes le jour suivant, alors que nous donnons nos premiers coups de pédale sous la neige, le long du lac d’Iznik.

Les rives du lac d'Iznik

Les rives du lac d’Iznik

Dîner turc avec Soner à Iznik

Dîner turc avec Soner à Iznik

Le lundi 18 janvier, nous sommes accueillis par Soner et Inci, qui sont de grands voyageurs à vélo. Depuis 15 ans,chaque année, ils parcourent les routes de l’Europe et du Monde, pendant les deux mois de vacances scolaires que leur permette leur profession d’instituteur. Et depuis six ans, leur fils Tibet les accompagnent pour son plus grand bonheur !

Suite à leurs conseils et après mûre réflexion, nous décidons alors de prendre la direction de la Cappadoce et préférer le froid à l’humidité.

Une structure autogérée au secours des réfugiés

Lors de notre passage à Athènes, nous nous sommes rendus à « la Maison des réfugiés » de la rue Notara. Nous y avons beaucoup appris sur la situation à Athènes et dans les îles proches des côtes turques. Les rencontres que nous y avons fait nous ont décidés à nous rendre sur l’île de Lesvos, à Skala-Sikaminia, dans un camp autogéré d’aide aux réfugiés, afin d’y apporter notre aide en tant que volontaires.
Voici le récit de notre quotidien au sein du camp de Platanos.

Devant l’afflux incessant de réfugiés sur les plages de Skala de l’île grecque de Lesvos, un groupe de citoyens a décidé, en octobre dernier, d’occuper un parc public afin de les y accueillir décemment. Les autorités locales n’ayant rien proposé face aux dizaines de bateaux quotidiens, elles tolèrent le camp autogéré de Platanos. Pas de hiérarchie, pas d’ordres donnés, chacun s’organise et se responsabilise. Un seul objectif : venir en aide aux réfugiés.

6h30, 23 décembre, Skala, île de Lesvos, Grèce.

Le talkie-walkie annonce en anglo-greco-espagnol un nouveau bateau. Je vais réveiller les médecins dans la chambre voisine. Notre colocataire enfile sa combinaison de plongée. Nous partons vers la plage, couvertures de survie à la main. A peine le temps de saluer nos amis volontaires, Rémy a déjà les pieds dans l’eau pour extraire les enfants du bateau qui vient tout juste d’arriver. Sous l’oeil de deux officiers de police parfaitement passifs, une chaine humaine de volontaires se met si rapidement en place qu’aucun enfant n’aura cette fois-ci les pieds mouillés. Les hommes, tellement heureux d’arriver, sautent du bateau et courent dans l’eau, vers la terre promise. Certains s’agenouillent et remercient le ciel. D’autres ne savent pas exactement où ils se trouvent ; « Is it Europe here ? ». Nous les accompagnons tous vers notre camp, Platanos et leur expliquons avec un grand sourire «  Food, dry clothes, tea, fire » (« Nourriture, vêtements secs, thé, feu »). Les « Merci » « Thank you » « Shoukran » et les franches poignées de mains renforcent notre volonté d’être ici et d’apporter notre aide.

6h45 : Les volontaires s’activent au camp. Kety, qui vient du Brésil, distribue nourriture, boissons et friandises. Marios, un jeune Grec sans emploi, tout juste descendu du bateau de sauvetage, s’occupe d’alimenter le feu. Dimitris et Lili, deux jeunes médecins, sillonnent le camp et auscultent quelques personnes. Un espace est prévu afin que tous puissent se changer et obtenir des vêtements propres et secs. Priorité aux femmes et aux enfants. « Tchaï, Tchaï ! », c’est Deena, la Malaisienne, qui sert du thé. Ils peuvent alors se réchauffer un peu avant qu’une navette ne les conduise vers un autre camp, bien plus grand, qui rassemble l’ensemble des réfugiés arrivés sur l’île. Ils y rempliront les papiers qui leur permettront de rester quelques semaines sur le sol grec. Mais leur parcours du combattant est encore loin d’être terminé…

7h15 : Dans la tente des enfants, je dégote un pantalon, des collants et des chaussures pour un petit garçon de trois ans. Une fois habillé et réchauffé, je le ramène jusqu’à son père ravi de le voir enfin de retour auprès de lui. Je discute alors avec un jeune homme de 25 ans, qui me fait le récit de son histoire dans un anglais correct : «  J’étais couturier en Afghanistan. Un jour, ils sont venus, ils nous ont enfermés dans une maison, et nous ont obligés à nous déshabiller. Nous avons du payer deux milles euros pour sortir. J’ai alors fui mon pays. J’ai payé des passeurs, j’ai marché dans les montagnes, j’ai beaucoup marché. Mes deux cousins m’ont rejoint par avion en Iran. Je n’ai plus d’argent maintenant, c’est mon cousin qui a payé pour la traversée. » Il me remercie alors de partager son histoire et, me parlant des « explosions à Paris », me demande d’assurer aux Français qu’il n’est pas un terroriste… Un récit parmi tant d’autres, tous plus terrifiants les uns que les autres.

8h15 : Les réfugiés ont maintenant tous quitté Platanos. Il faut alors nettoyer et remettre en ordre le camp avant l’arrivée du prochain bateau que nous voyons déjà approcher au loin. L’Américaine Temple, toujours souriante, me demande, « avons-nous besoin de nouvelles chaussettes pour les hommes ? », « et des vestes pour enfants de 10 ans ? ». Avec Suzana, une Espagnole, j’ouvre alors rapidement les cartons et déballe les vêtements provenant de toute la Grèce.

9h : Nous scrutons aux jumelles le bateau orange des sauveteurs Espagnols de l’ONG Pro Activa, qui part aider les réfugiés au large dont le bateau se trouve à cours de carburant. Ils scrutent en permanence l’horizon à la recherche d’une nouvelle embarcation et partagent avec nous les informations qu’ils possèdent, ce qui nous permet alors d’agir au mieux sur terre.
Le camp dans lequel nous nous trouvons ne dépend d’aucune ONG, il est totalement autogéré. Une dizaine de citoyens a en effet décidé en octobre dernier d’occuper un espace public du village afin de venir en aide à la centaine de bateaux qui arrivaient quotidiennement. Peu à peu, des dons ont été collectés à travers toute la Grèce et dans le monde entier, grâce en partie aux réseaux sociaux. Trois grandes tentes et un conteneur ont été achetés, un groupe électrogène installé, une cuisine montée… Les décisions se prennent collectivement et chaque jour apporte son lot de nouveautés et de réorganisations.

9h30 : Iasonnas nous partage les dernières informations émanant du talkie-walkie : «Il y a une femme enceinte sur le prochain bateau!». Il faudra se satisfaire de la tente des enfants pour l’auscultation car les médecins volontaires ne disposent toujours pas de lieu d’examen plus approprié. Depuis quelques jours, il est en effet question de construire un petit centre médical en bois, mais les autorités locales ne l’entendent pas de cette oreille et menacent de détruire le camp…

9h45 : Le bateau arrive et le même scenario se reproduit. Bateau après bateau, nous prenons conscience de l’ampleur de la situation et de l’inaction des autorités locales, nationales ou européennes.

19h20 : A la fin de cette journée, Terry, un volontaire anglais, nous transmet un message particulièrement émouvant reçu d’un réfugié Afghan rencontré quelques jours auparavant :


« Voilà ce pour quoi nous sommes ici, volontaires, venus du monde entier. D’un garçon Afghan que nous avons accueilli sur la côte de l’île de Lesbos en Grèce :
« Je ne savais pas que toutes ces adorables personnes sur la plage étaient des volontaires… C’est incroyable qu’ils aient mis de côté leur travail, leur famille, leurs amis et leur vie pour venir ici, juste pour aider des gens comme nous, gratuitement. J’avais perdu toute confiance en l’humanité mais vous me l’avez redonnée. L’amour c’est ce qu’il y a de plus important. Je prierai mon Dieu chaque jour pour qu’il reste avec vous et qu’il vous apporte de bonnes choses et de la joie dans vos vies. » »

Nous avons passé plus de deux semaines au sein du camp autogéré de Platanos. Nous avons vu débarquer plusieurs milliers de réfugiés, femmes, hommes et enfants, dans des conditions parfois très difficiles et dangereuses.
Nous sommes effarés de constater l’inaction de nos gouvernements, la cupidité et l’inhumanité de certaines personnes.

Par ailleurs, nous avons vécu ici une expérience extraordinaire aux côtés de volontaires venant du monde entier. Un réel élan de solidarité, de générosité et d’humanité qui vient heureusement contrebalancer ce triste tableau de début de siècle.

N’oublions pas que, du fait du réchauffement climatique, nous sommes à l’aube d’une période de migrations sans précédents. Il ne s’agira plus seulement de réfugiés de guerres, mais il sera question de réfugiés climatiques, par millions !

Nous avons quitté Platanos le mercredi 6 janvier, partagés entre la satisfaction d’avoir pu apporter notre aide pendant plus de deux semaines et le regret de partir alors que les bateaux continuent d’arriver… Heureusement, des volontaires du monde entier continuent de se relayer pour être présents sur les côtes de Lesvos et des autres îles.
Mais combien de temps durera cette situation surréaliste ou chacune des parties (gouvernements, police, passeurs…) rivalisent d’inhumanité ?

La veille de notre départ, à cause des très mauvaise conditions météo, un bateau à chavirer « côté turc ». 34 personnes ont perdu la vie, les sauveteurs « côté grec » n’ayant pu intervenir à cause d’une frontière maritime (un trait sur une carte!) infranchissable…

Athènes : entre potagers sur les toits, aide aux réfugiés et retrouvailles

Après une journée de repos à Paralia Astros, nous nous sommes rendus dans un lieu nommé Elpidohori (=Hopeland =Terre d’espoir) à quelques kilomètres d’Argos. Il s’agit d’un endroit où se tiennent des séminaires de permaculture, de méditation, etc…
Nous y avons rencontré Anastasia et son mari, Giorgos, qui sont en tant que bénévoles. En contrepartie de pouvoir vivre ici, ils s’occupent de l’entretien de la maison, du potager et du terrain. Tous deux ont perdu leur emploi récemment et la situation devenue vraiment difficile en Grèce, les a décidés à tenter cette aventure.
151210-athens_004Nous y sommes restés cinq jours, le temps pour le soleil de réapparaître et pour nous de faire plus ample connaissance avec le couple. Les hasards de la vie les ont menés à Elpidohori, où ils réalisent leur rêve d’une vie plus simple et plus en relation avec la nature. Cinq jours très agréables durant lesquels nous avons pris le temps de nous reposer, de cuisiner -grec- et de nous adonner à diverses activités créatives. Elisabeth a pu apprendre à tisser avec Anastasia pendant que je me perfectionnais à la fabrication d’attrape-rêves.

Après quelques séances d’aide au désherbage, nous avons repris la route pour rejoindre Athènes. En visitant la jolie ville de Nafplio, nous découvrons sur les sommets alentours les premières neiges. Les journées sont de plus en plus courtes et les rayons du soleil ne nous réchauffent plus que quelques heures par jour. Ceci dit, nous sentons que nous sommes bien au sud et que le soleil est bien plus chaud. Nous gagnons alors la côte du golfe de Saronic. Nous trouvons un joli bivouac en haut d’une falaise de craie blanche, au dessus de la mer. Mais face à nous, un immense terminal pétrolier et de nombreux tankers en attente de livrer l’or noir…

Le lendemain, le 3 décembre, nous prévoyions de prendre le train pour Athènes afin d’éviter de nous retrouver sur des routes dangereuses avant la capitale. Nous traversons le fameux canal de Corinthe. Creusé à même la roche, il relie le golfe de Corinthe au golfe de Saronic, en ligne droite, sur plusieurs kilomètres. Une fois arrivés à la gare qui nous semble déserte, un employé nous interpelle par une fenêtre : «  Aujourd’hui c’est jour de grève sur toute la ligne, revenez demain ! ». Ici, pas de service minimum, aucun train ni bus ne circule. Un comble pour deux français d’être bloqués par une grève dans un pays étranger ! Mais c’est de bonne guerre, ils essayent d’obtenir de meilleurs conditions de travail. Nous décidons alors de rester dans le coin et de profiter de la journée pour nous reposer et trouver un agréable bivouac en bord de mer, sur une terrasse de bar.

A vélo, dans le métro !

A vélo, dans le métro !

Le lendemain matin la grève est levée, mais les quais sont au deuxième étage et l’ascenseur est en panne. Nous montons les deux étages avec nos vélos, embarquons dans un premier train, puis dans un deuxième, puis prenons le métro… Eh oui, à Athènes, les vélos sont autorisés dans le métro, les grecs ne comprennent d’ailleurs pas pourquoi en France cela ne se fait pas ! C’est pourtant si simple !

A Voula, dans une banlieue chic d’Athènes, nous sommes hébergés par Marilena et Andy. Ils font partie d’un groupe qui préserve les semences dans la région de l’Attique, et intervient dans les écoles pour sensibiliser les enfants et mettre en place des potagers. Par ailleurs, ils pratiquent la méthode Fukuoka et cultivent également sur leur toit.

Ioannis et Tina nous hébergent également quelques jours. Ils participent à un groupe qui crée des potagers, préserve des semences, se rend dans des écoles… Ioannis nous fait visiter son toit rempli de jeunes plans à distribuer. Il nous montre aussi le terrain que le groupe s’apprête à faire revivre en créant un immense potager au milieu de la ville.

Merci Ioannis et Tina !

Merci Ioannis et Tina !

On n’oubliera pas le « Happy Birthday Rémy, without birthday cake ! (Joyeux anniversaire Rémy, sans gâteau d’anniversaire)» !
Encore une rencontre et des échanges très riches avec ce couple plein de bonnes volontés d’agir localement.

Nous reviendrons sur le travail de Marilena, Andy, Ioannis et Tina dans un prochain article consacré aux semences en Grèce.

Pour finir notre semaine à Athènes, nous sommes hébergés par Dimitris, via le réseau Warmshower. Il est très actif dans son quartier d’Exarchia pour aider les réfugiés. Il nous accompagne dans la maison des réfugiés, un immeuble occupé depuis quelques mois pour venir en aide aux milliers de réfugiés fuyant la Syrie, l’Irak etc. Là-bas, nous prenons réellement conscience de la situation actuelle, et cela nous fait réfléchir.

Cap Sounio, Temple de Poséidon

Cap Sounio, Temple de Poséidon

Nous nous rendons ensuite à Porto Rafti, non loin d’Athènes, où la famille de Rémy est venue passer quelques jours. L’occasion pour nous de rencontrer la nièce de Rémy, qui a tout juste 4 mois, de cuisiner Grec et de faire découvrir ce pays que nous commençons un peu à connaître. Ces quelques jours nous aurons fait le plus grand bien !

 

Sous le soleil du Péloponnèse

Nous quittons Patra et Eleni le lundi 2 novembre avec en poche, un pain et de l’amaretto fait maison !
Un soleil de fin d’automne nous accompagne toute la journée. Nous roulons le matin en bord de mer puis bifurquons rapidement vers l’intérieur des terres pour éviter la route principale, trop passante.
Nous nous retrouvons directement en pleine campagne grecque à chercher notre direction car les panneaux n’indiquent pas les villages présents sur notre carte… Les paysages sont cependant très agréables et nous roulons au calme, parmi chèvres et moutons. Les oliviers se montrent toujours aussi accueillants et nous permettent une fois de plus de bivouaquer.
Le lendemain, nous avons rendez-vous avec une amie de Nouli, Christina, à Pyrgos. Avant cela, nous continuons de déambuler au milieu des contreforts des montagnes du Péloponnèse. Ca monte et ça descend beaucoup mais le calme de ces paysages sauvages en vaut la chandelle !

A Pyrgos, c’est Vasilis, le fils de Christina qui nous rejoint et nous escorte sur les hauteurs de la ville, dans leur petite maisonnette « secondaire » avec une vue imprenable sur la mer. Le frigo est plein, le bois est prêt pour la cheminée et nous « avons ordre » de faire comme chez nous !
Nous décidons de profiter d’être dans la région pour aller visiter le site archéologique d’Olympie le lendemain matin. Une fois n’est pas coutume, c’est en bus que nous nous y rendons.

Olympia

Olympia

Levés tôt, nous sommes à 9h sur le site. Nous sommes presque seuls et la lumière matinale est superbe et rend l’endroit d’autant plus magique. Nous déambulons au milieu de blocs de pierre millénaires et tentons d’imaginer le faste du site dédié à Zeus. Au centre, l’immense temple érigé en son honneur et ses colonnes de 20 mètres de haut, et plus loin, le stade, lieu des premiers Jeux Olympiques. Vestiges d’un temps révolu, où le culte du corps allait de paire avec le culte de l’esprit. Où les philosophes et poètes partageaient les lieux d’entrainement des athlètes. Et où, le vainqueur des mythiques Jeux Olympiques ne remportait qu’une simple couronne d’oliviers… pendant que les tricheurs se voyaient statufiés à l’entrée du stade, pour mettre en garde les athlètes qui voudraient les imiter.

Olympia: fronton du temple de Zeus

Olympia: fronton du temple de Zeus

Après une très instructive visite du musée, nous rentrons à Pyrgos attendu par toute la famille pour partager un repas… que dis-je, un banquet ! Nous rencontrons enfin Christina. Elle est passionnée par les semences ; nous passerons une bonne partie de la soirée à visiter son potager et à échanger de précieuses graines.

Nos hôtes de Pirgos

Nos hôtes de Pirgos

Nous restons un jour de plus à Pyrgos, le temps pour Elisabeth de se remettre d’un bon rhume (et de me le confier…). Nous remercions encore une fois Christina, Vasilis et toute leur famille pour leur accueil et leur bienveillance.
Nous sommes maintenant attendus dans le sud par Alicija et sa famille, rencontrés lors du festival de Trikala il y a quelques semaines. Il nous faudra deux jours de vélo pour nous y rendre. Tous deux fatigués par nos rhumes respectifs, nous choisissons de longer la côte plutôt que de passer par les montagnes. Nous profitons alors d’une prolongation d’été bien appréciable. De plus, les plages sont désertes, ce qui nous permet d’y bivouaquer sans problème.
Le dimanche 8 novembre, nous quittons la côte ouest pour rejoindre Petalidi en traversant les montagnes, au son des messes diffusées dans les villages. Même si tout le monde ne se rend pas à l’église, tous ont droit à trois heures de messe chaque dimanche matin…
Arrivés à Petalidi, nous retrouvons Alicija et faisons la connaissance d’Akis, son mari et Malina, leur fille de cinq ans. Tous trois vivent au milieu de trois cents oliviers, sur les hauteurs du village, avec trois chats et un chien, nommé Loulika. Leur amour de la nature et le climat de la région leur permet de passer la plupart du temps à l’extérieur. Seuls les chambres, la cuisine et la salle de bain sont des pièces en dur, mais indépendantes les unes des autres. Il faut donc sortir pour circuler « dans » la maison. La petite famille a fait le choix de vivre très simplement grâce à la récolte des olives, aux concerts de rue d’Akis et à la vente des créations en laine d’Alicija. Leur vie est basée sur la non-violence, l’écoute, l’expression et la création.

Concert de rue

Concert de rue

Pour notre part, nous sommes hébergés dans le « mobile-home d’ami », tout confort. Nous resterons dix jours dans ce lieu un peu hors norme entre récolte des olives, balades, cuisine, jeux d’enfant, concert de guitare en ville… Toutes les soirées sont partagées dans le salon, à l’extérieur, autour du poêle à bois. Tantôt Alicija nous apprend la fabrication d’attrapes rêves, tantôt nous leur apprenons à confectionner un réchaud à alcool avec une cannette de soda (merci la Fameuhly) : chacun son truc ! Encore de bien belles rencontres que celles d’Alicija, Akis et Malina, et c’est émus que nous les quittons mercredi 18 novembre pour reprendre notre route.

400kg d'olives en deux jours !

400kg d’olives en deux jours !

Depuis que nous sommes partis, les rencontres, furtives mais très riches, se suivent mais ne se ressemblent pas. Toutes ont un point commun, le pincement au cœur au moment des au-revoir…
Nous prenons un peu de chaque rencontre et rêvons à une future et lointaine vie sédentaire.

Nous dépassons Kalamata, le temps est toujours au beau fixe et les plages du Péloponnèse se montrent toujours aussi accueillantes. Aussi passons-nous une soirée autour d’un feu de camp, bienvenu pour parer la fraîcheur de la nuit tombante.
Les deux jours suivants, nous prenons de petites routes « jaunes » censées raccourcir notre chemin. Et effectivement, ça raccourcit, mais à quel prix ? Ca monte tout droit sur plusieurs kilomètres, au minimum à 12-13% ! Mis à part ces difficultés d’ordre physique, nous roulons sur des routes quasi désertes, seuls les pickups des cueilleurs d’olives croisent notre chemin. Le Péloponnèse n’est pas une région très habitée, nous sentons que l’été, c’est une destination touristique, mais le reste de l’année, c’est très calme. Au moins la moitié des habitants possède un champ avec quelques oliviers. Olives à huile pour leur propre consommation et olives de bouche pour la vente. En pleine période de récolte, nous entendons ça et là des voix dans les oliveraies alentours.
La route nous fait passer de la mer à quelques centaines de mètres d’altitude, plusieurs fois par jour, mais les paysages sont à couper le souffle ! Nous trouvons très facilement des endroits pour bivouaquer et bien souvent, des bivouacs « 5 étoiles » !petalidi116
La ville de Skala, en bord de mer, marque notre remontée vers le nord. Et pour se faire, nous devons franchir un col à plus de 1 000m. La route est toujours déserte et malgré des prévisions météo pessimistes, nous n’essuierons que quelques gouttes de pluie, avant que le soleil ne réapparaisse et nous accompagne toute la journée. On adore le Péloponnèse ! Fatigués mais arrivés à destination, une très bonne intuition d’Elisabeth nous permettra de trouver une petite église au milieu de la montagne avec cheminée à disposition ! L’eau du puit nous donne l’occasion de tester pour la première fois notre filtre à eau. Abrité du vent, près du feu et avec de l’eau à volonté, la journée se termine de la meilleure des manières.

Ville touristique, ville fantôme.

Ville touristique, ville fantôme.

Le lendemain, une descente de plus de 20 km à flanc d’impressionnantes falaises puis en fond de vallée, nous ramène en bord de mer à Leonidio. Nous longeons alors une côte abrupte, sur laquelle la majorité des habitations semblent inhabitées. Des maisons aux volets fermés, pour on l’imagine, au moins huit mois par an…
Nous arrivons en fin de journée à Astros où nous sommes hébergés par Giorgos, via Warmshower.

A travers les montagnes pour rejoindre le Péloponnèse

Il est 19h, il fait nuit depuis une bonne heure maintenant. Il fait froid, on a déjà mangé et nous sommes sous la tente. Pas de doute, l’automne qui nous courait après, est bien arrivé.
Nous sommes partis d’Argalesti le mardi 20 octobre et constatons sur la route les premières feuilles rougissantes. Nous n’allons pas très loin puisque nous nous arrêtons de nouveau à Volos pour y découvrir le TEM, la monnaie locale de la ville.

Interview de Christos du TEM de Volos

Interview de Christos du TEM de Volos

Nous avons pu poser quelques questions à Christos, un membre très actif du TEM. Prochainement nous publierons un article à ce sujet.

Au marché du TEM, nous rencontrons par hasard, Stéphane et Maria, un couple franco grec chez qui nous passons deux nuits, entre échange de graines et d’idées, airs de guitare et ballade en bord de mer, entre deux orages.

Nous quittons « enfin » la baie de Volos le samedi 23 octobre, sous un vrai ciel gris d’automne. Il fait 13°C au meilleur de la journée, mais nous sommes tout de même ravis de reprendre la route. Les trois semaines de « pause » nous ont fait le plus grand bien ; seules nos fesses ont du mal à s’y remettre…

En quittant la baie de Volos

En quittant la baie de Volos

Jusqu’à la ville de Lamia nous n’arrêtons pas de monter et descendre du niveau de la mer à quelques centaines de mètres d’altitude. Nous roulons au milieu d’oliveraies dont la récolte commence à peine et qui se révèlent parfaites pour bivouaquer.
Toute la journée du dimanche, des détonations retentissent aux quatre coins des montagnes et nous croisons beaucoup de chasseurs au volant de leur pick-up, leurs chiens aboyant agressivement sans discontinuer. Ils portent tous une casquette ou un gilet orange fluo pour des raisons évidentes de sécurité, mais gardent tout de même leur treillis militaire… pour rester discret… On est un vrai chasseur ou on ne l’est pas !

Notre rythme a donc complètement changé. Désormais on se lève tôt, on ne fait plus qu’une courte pause le midi et fini la sieste de début d’après-midi. Et le soir, c’est maintenant vers 15h30 que nous commençons à chercher un endroit pour la nuit. A 20h, on commence déjà à s’endormir !

Après une très agréable journée sous le soleil, nous passons Lamia sans nous attarder et filons vers Thermopyles, « les portes de la chaleur », où des sources d’eau chaudes nous attendent ! Sensations très surprenantes au moment de rentrer dans cette eau sulfureuse à 30-35°C !

10°C dehors, 40°C dedans!

10°C dehors, 40°C dedans!

Nous n’y restons pas très longtemps, comme il est recommandé, et trouvons un endroit pour bivouaquer à quelques mètres d’une autre source, encore plus chaude, 41°C ! Le lendemain, nous sommes motivés comme rarement nous l’avons été pour nous lever tôt ! A 7h, tout est plié et nous nous jetons dans l’eau qui semble bouillante ! Moins de 10°C à l’extérieur et plus de 40 à l’intérieur ! Trente minutes de relaxation bienvenues avant d’attaquer une journée de vélo qui s’annonce plutôt physique…

Et effectivement, nous passons deux cols en une journée. Les montagnes sont superbes, le soleil est bien revenu mais il ne fait pas trop chaud. Nous avalons environ 1 500m de dénivelé avant de trouver un endroit pour bivouaquer au milieu des oliviers. La vallée entre Amfissa et Delphes en est bondée. Une véritable monoculture.

Le lendemain il nous faut encore grimper 500m pour atteindre Delphes : nous ne nous y attendions pas et les nuages noirs très menaçants ne sont guère encourageants. Nous arrivons finalement en haut secs et sous le ciel bleu revenu.

Vue depuis le théâtre de Delphes

Vue depuis le théâtre de Delphes

Nous prenons un camping à Delphes, le « Apollon Camping », forcément, pour pouvoir aller visiter le site archéologique dédié… au dieu Apollon. Jour de chance pour nous, le 28 octobre est férié en Grèce (ils célèbrent le « Non » de la Grèce à l’occupation du pays par les italiens, lors de la Seconde Guerre Mondiale et donc, leur entrée en guerre), l’entrée sur le site est gratuite pour l’occasion !
Nous déambulons donc au milieu des ruines vieilles de plus de 2 000 ans, à flanc de montagne, dans un décor réellement mythologique ! Nous découvrons entre autres le Temple d’Apollon, le théâtre et le gynmasium avant de nous rendre au musée. Il s’agit sans aucun doute d’un site incontournable de la Grèce !

Le lendemain nous redescendons les 500 mètres gravis la veille. La descente ne nous prend que quelques minutes mais cette fois, le soleil et le ciel bleu sont au rendez-vous et nous offrent un superbe panorama sur la baie d’Itea et le golfe de Corinthe.
Au cours des deux jours suivants, nous longeons la mer à flanc de falaise en montant et descendant sans arrêt. La vue sur les montagnes du Péloponnèse, de l’autre côté du golfe, est impressionnante mais fait déjà frémir nos mollets… L’enceinte d’une église, avec vue sur la mer, nous permet de bivouaquer au calme et à l’écart de la route.

Arrivés à l’embouchure, nous traversons en ferry (gratuit pour les cyclistes) pour rejoindre Patra et le Péloponnèse. Nous y sommes attendu par Eleni, une amie de Nouli (rencontrée à Kastoria), qui nous héberge pour la nuit.
Sa maison a été très endommagée par le tremblement de terre de 2008. Elle la répare pièce par pièce, ce qui en fait un endroit vraiment insolite.

Cueillette des olives, à la main!

Cueillette des olives, à la main!

Nous restons chez elle deux jours de plus et l’aidons dans son potager et à cueillir les olives.
Eleni cultive à un potager collectif avec 7 autres personnes et s’occupe d’un poulailler avec trois autres personnes. Elle fait également parti d’un groupe au sein duquel on s’échange des services et des produits sans utiliser de monnaie. Ce sont des moyens, nous explique-t-elle, de se nourrir sainement, par soi-même et de se tisser des liens avec les gens. Le changement de société dont nous avons urgemment besoin bénéficiera sans nul doute de ce genre d’initiatives !

Nous allons maintenant reprendre la route vers le sud du Péloponnèse. Les étapes à venir s’annoncent montagneuses mais superbes !

Un WWOOFING, avant que l’hiver n’arrive!

Lundi 5 octobre, nous quittons Volos pour rejoindre Argalesti, à 40km plus au sud sur la péninsule, où nous attend Dina, notre hôte WWOOFING.
Après être restés quelques jours en ville, nous sommes ravis de reprendre les vélos, d’autant que nous nous roulons sous un beau soleil d’automne, au bord de la baie de Volos. La température est vraiment idéale et la route est plate, jusqu’à la pause du midi sur une plage déserte ! L’occasion d’un pique-nique d’anniversaire pour Elisabeth !

La baie de Volos

La baie de Volos

L’après-midi, la montée vers Argalesti est beaucoup plus sportive mais plus la route s’élève et plus les paysages deviennent grandioses. La baie de Volos est entourée d’une péninsule montagneuse, où les contreforts du Mont Pélion viennent se jeter dans la mer.
Arrivés en fin d’après-midi, Dina nous rejoint au village et nous escorte jusqu’à chez elle par un chemin très chaotique. Nous découvrons sa maison, son terrain et sa yourte, qui sera notre toit pour les quinze jours à venir.

Dina vit sur les hauteurs d’Argalesti, parmi les oliviers et… les sangliers. Elle est grecque et suisse et parle donc français.

Construction du four à pain

Construction du four à pain

Nous passons donc deux semaines chez elle en WWOOFING. En contrepartie d’être hébergés et nourris, nous l’aidons pour différentes tâches automnales. Débroussaillage, taille des oliviers et des romarin-buisson, désherbage du potager, mise à l’abri du bois de chauffe pour l’hiver, début de construction d’une cuisine extérieure et d’un four à pain. Et nous terminons notre séjour par le recouvrement d’une cuve à eau en COB, dont la recette ne fut qu’une série de tests de proportions : un mélange d’argile, de terre, de sable, de paille et d’eau.
Au cours de ces deux semaines, nous avons également pu profiter du cadre magnifique qu’offre la péninsule de Volos, en allant par exemple marcher sur la petite île de Trikali en compagnie d’un groupe de randonneurs locaux, mais tous étrangers(!) La région est en effet habitée par beaucoup d’étrangers souhaitant passer une retraite paisible. Merci à Julie et Keith, nos chauffeurs et guides d’un jour ! Nous avons découvert le Buzuki, un instrument traditionnel grec, lors d’un concert dans une taverne. Tout le monde mange, écoute et chante toute la soirée. Ambiance garantie!

Echange de graines

Echange de graines

Nous avons donné des graines à Dina pour son potager qu’elle cultive avec des méthodes de permaculture. Nous attendons avec impatience de savoir si les « choux rave Superschmelz» de plus de 8 kilos ou les « tomates Climbing Trip » de plus de 7 mètres(!) seront à la hauteur de leur réputation !

Nous allons maintenant reprendre la route en direction du Péloponnèse, plus au sud. Les jours se raccourcissent, les feuilles jaunissent et les températures baissent ; on se prépare à l’hiver qui arrive à grands pas…


Mais en attendant, voici un petit résumé en vidéo de nos trois premiers mois de voyage, sous le soleil et la chaleur de l’été :

Changement de rythme, un jour de pédalage, deux jours de pause…

Aujourd’hui, dimanche 20 septembre, c’est jour d’élections en Grèce. En traversant Katerini, nous voyons des centaines de tracts au sol dans toute la ville, aux couleurs du KKE, le parti communiste. Une méthode de campagne électorale depuis longtemps dépassée…

Au programme pour nous, la traversée du massif du Mont Olympe. Environ 1 000m de dénivelé qui commencent par les « 7 virages de l’enfer » : des virages aux pourcentages supérieurs à 15% qui font également peiner les voitures ! La suite est plus douce et plus régulière mais des nuées de moucherons mettent nos nerfs à rude épreuve !

Nous cherchons un endroit pour bivouaquer aux abords du village de Agios Dimitrios. Kostas, un habitant, nous conseille de dormir dans une petite chapelle à proximité. Il reviendra le soir nous apporter des fruits, légumes et barres de chocolat ! Encore une fois, nous remercions notre bonne étoile car le temps vire à l’orage, et nous allons pouvoir passer la nuit au sec !

Vue sur la plaine depuis le col près du Mt Olympe

Vue sur la plaine depuis le col près du Mt Olympe

Le lendemain matin, l’ambiance est hivernale, à tel point qu’Elisabeth sort doudoune et bonnet ! Une fois le brouillard un peu dissipé, nous reprenons la route pour terminer l’ascension du col. Les percées du soleil au travers des nuages rendent la vue sur la vallée grandiose. Nous apercevons le Mont Olympe mais il reste en grande partie masqué par les nuages. Nous dévalons la pente et en prenons plein les yeux !

Mais une fois en bas, à Elassona, la pluie reprend. Heureusement, nous sommes hébergés chez Yannis (Warmshower) pour la nuit. Nous apprenons que Syriza à remporté les élections législatives malgré une abstention record de 45%. Habituellement 10 ou 15%… Ce que nous ressentions depuis notre arrivée en Grèce s’avère exacte. L’espoir suscité par Syriza lors de la première victoire de Tzipras, a fini de dégouter beaucoup de grecs du monde politique.

Nous restons deux nuits chez Yannis et sa famille et sommes encore une fois reçus comme des rois ! En Grèce, nous dit-on, les invités sont LES INVITÉS !

Après un bon nettoyage des transmissions de nos vélos, nous reprenons la route vers les Météores, un site remarquable de Grèce, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Et pour ce faire, nous devons franchir un petit col à 1 000m mais la montée s’avère longue et monotone avec de grandes lignes droites qui nous semblent interminables ! A quelques kilomètres de la fin de l’ascension, la pluie se met à tomber.

Station essence de Sakis

Bivouac à l’abri de la station essence de Sakis

Nous trouvons refuge sous une station service, où Sakis, le gérant, nous invite immédiatement à prendre un café frappé. S’en suivront dégustation de miel, visite de ses ruches et de son potager, repas avec toute la famille et nuit sous la tente, à l’abri de la station service. Sakis nous offre également le petit déjeuner au petit matin et nous continuons à discuter. Lui nous parle de sa famille, de son amour pour sa région et nous lui parlons de la France et de notre voyage. Nous le remercions encore une fois pour ces bons moments même si, en Grèce, il ne faut pas remercier ; lorsqu’on reçoit des gens, c’est comme ça !

La lumière du petit matin est superbe et nous filons maintenant vers le site des Météores par une longue descente de 30 km.

Une fois arrivés, nous choisissons de prendre un camping pour pouvoir y laisser les sacoches et nous montons voir de plus près ces curieux pitons rocheux. Malgré les 400m de dénivelé, la montée avec nos vélos  « ultra-légers » nous semble être un jeu d’enfants !

Panorama des Météores

Panorama des Météores

Nous déambulons au milieu de ces rochers géants où, sur certains d’entre eux, ont été bâti des monastères orthodoxes il y a de ça plusieurs siècles. C’est impressionnant de les voir ainsi accrochés aux falaises, certains semblent en équilibre au dessus du vide.
De retour au camping, nous faisons la connaissance de Pete et Maya, un couple anglo-slovaque, partis pour l’Afrique du Sud à vélo (www.webikeafrica.com) et de Stephan, un suisse parti, lui, pour 7 ans autour du monde (www.kistler-around-the-world.ch) : de quoi nous faire passer pour des petits joueurs !
Nous passons la soirée à parler voyage et à partager nos impressions sur les différents pays traversés.

Vendredi 25 septembre, nous passons la matinée au camping à attendre que la pluie s’arrête puis nous partons vers Trikala où se tient un festival « écolo », durant tout le week-end. Nous devons, entre autre, y rencontrer Panagiotis Sainatoudis, le fondateur de Peliti, l’association protectrice des semences en Grèce. Une fois sur place, nous apprenons qu’il ne sera finalement pas présent…

Malgré la pluie ininterrompue du samedi, nous y restons tout le week-end à aller de stand en stand pour discuter et pour aider à préparer le repas collectif du midi.

Ioannis et sa famille

Ioannis, de Peliti, et sa famille

Nous repartons le dimanche en direction de Larissa où nous devons rencontrer Ioannis, le coordinateur du groupe Peliti local. Encore une fois, nous sommes très chaleureusement reçus et c’est avec joie que nous répondons aux nombreuses questions de ses enfants !
En nous faisant visiter son potager, nous découvrons à quel point il est passionné par ce travail de reproduction des semences. Une activité plutôt nouvelle pour lui qui a découvert Peliti et les enjeux liés aux semences il y a cinq ans.
Nous nous rendons ensuite à Volos, où nous comptons rencontrer les acteurs d’une monnaie locale, un projet d’éco-village et où nous allons faire du WWOOFING. C’est à dire que nous allons rester dans une ferme en permaculture pour aider, en échange du gîte et du couvert.

Nous mettons deux jours pour arriver dans la baie de Volos, en passant par une route monotone et pleine de camions ne voulant pas payer l’autoroute juste à côté – 20 euros pour 60 kms en repousse plus d’un.

Nous bivouaquons le soir dans un petit village, aux abords de l’école fermée, avec l’accord du prêtre. Il nous fait d’ailleurs visiter son Eglise, magnifique, mais démesurément grande au regard des 300 habitants qui peuplent le village…
Hébergés par une institutrice à Volos, nous apprendrons par la suite qu’en Grèce, c’est l’Etat qui rémunère les prêtres, environ 1200€, alors que le salaire minimum est passé à 500€… Ceci est d’autant plus choquant que, dans certains petits villages, l’école a fermé faute de pouvoir payer les professeurs ! Il y a parfois même plusieurs prêtres par village ! Ici, l’Eglise n’est pas séparée de l’Etat et les affaires religieuses dépendent même du ministère… de l’éducation !!! Une chose de plus à laquelle Syriza promettait de mettre fin…

Bref, nous sommes à Volos et continuons d’en apprendre beaucoup sur ce pays très surprenant.

Nous partons maintenant dans la ferme en permaculture faire du wwoofing, un peu plus au sud de Volos.

Nous voilà en Grèce!

 

Nous entrons en Grèce le dimanche 6 septembre et comptons y rester environ trois mois. Ce sera l’occasion pour nous de donner une nouvelle dimension à notre voyage.
La Grèce est un pays de 11 millions d’habitants, et comme tout le monde le sait, le pays est dans une situation économique, sociale et politique très complexe. Nous allons alors essayer de comprendre, via nos rencontres, ce que les grecs vivent vraiment.
Parallèlement, beaucoup d’alternatives se développent. Nous prendrons le temps de les rencontrer. Nous prévoyions de faire du WWOOFING pour apprendre le travail de la terre. Le WWOOFING est un échange ; il existe une base de données sur internet où chaque ferme biologique qui le désire poste une annonce pour demander l’aide de volontaires, moyennant le gîte et le couvert.
Nous souhaitons rencontrer le collectif Peliti qui, un peu comme Kokopelli en France, préserve des anciennes variétés de semences. Plusieurs groupes locaux existent dans toute la Grèce, et reproduisent des variétés de semences locales. Ainsi multipliées, les graines sont ensuite distribuées gratuitement lors de festivals, de rencontres ou sur simple demande.
Bref, la Grèce nous questionne et nous souhaitons prendre le temps de la découvrir, elle et ses habitants.

Des animaux sauvages peuvent traverser!Le dimanche 6 septembre, nous entrons donc en Grèce, accueillis par un large sourire du douanier et par une longue descente de plusieurs dizaines de kilomètres, où plusieurs panneaux attirent notre attention. Des animaux sauvages peuvent traverser ! Mais dans ce pays ce ne sont pas des lapins ou des cerfs, plutôt des loups et… des OURS !!! Amusés, nous regardons les hautes montagnes boisées et les imaginons ça et là, gambadant dans la nature et chantonnons « Bouba, mon petit ourson »…

Des animaux sauvages peuvent traverser!
Une fois dans la vallée pleine de petits villages, nous posons la tente dans un près, à quelques centaines de mètres des habitations : un super spot pour bivouaquer ! Quelques minutes avant la tombée de la nuit, une voiture débarque vers nous : peut-être n’avons nous pas le droit d’être là… Après quelques minutes de discussion, nous comprenons que nous sommes sur le territoire d’un ours et qu’il faut que nous allions 200 m plus loin pour poser notre tente et être en sécurité !
En effet, les ours ont leurs lieux de passage bien précis et mieux vaut ne pas s’y trouver… Pas très rassurés, nous ne chantonnons plus et dormons dans le village, près des maisons.

Après une nuit un peu agitée, nous allons jouer aux inspecteurs dans la ville de Kastoria. Nous souhaitons rencontrer un membre du groupe Peliti, qui habite dans les environs. Nous n’avons que son nom. Nous demandons dans un bar, non. Dans un premier magasin bio, non. Tomas, le gérant du deuxième magasin bio connaît Peliti mais pas la personne en question. Il passera deux heures à traquer la fameuse Nouli sur Facebook et au téléphone avec ses contacts.
Quelques heures plus tard, nous nous retrouvons chez elle, à parler de Peliti, de spécialités grecques, d’ours, mais aussi de politique.

Nouli dans son potager

Nouli dans son potager

Elle a créé le groupe de Peliti à Kastoria au début du printemps dernier. Les membres reproduisent des anciennes variétés de semences, pour ensuite les rassembler et les partager soit lors de festivals, soit au « siège » de Peliti qui les distribue gratuitement à d’autres occasions.
Son jardin est petit, mais elle y fait vivre 70 variétés différentes. Une belle preuve de biodiversité !
Le lendemain, nous la quittons avec un pincement au cœur… nous repartons vers Kastoria pour y retrouver Tomas qui nous a invité à faire un barbecue dans son jardin.
En deux jours en Grèce, nous sommes déjà surpris par tant de générosité et de bienveillance à notre égard.

Nous prenons ensuite la direction de Thessalonique, un éco festival s’y tient en fin de semaine. Nous franchissons un petit col accompagné d’un cyclotouriste autrichien, et rencontrons la pluie et le froid pour la première fois depuis le début du voyage.
En fin de journée, sous un ciel très menaçant, Lazaros, un grand-père grec (quinze fois!), nous permet de dormir dans son abri de jardin tout confort : lit, poêle à bois, radio. Et cette proposition tombe à pic puisqu’à peine installés, il se met à tomber des cordes.

Avec Lazaros et Vespera

Avec Lazaros et Vespera

Comme à notre habitude nous dinons tôt et une fois notre copieux repas terminé, deux des petits enfants de Lazaros viennent nous apporter… un repas complet : poulet, frites, salade tomates, feta, biscuits apéro, la totale ! Embarrassés, nous ne nous sentons pas de refuser et enchaînons un deuxième dîner qui ne passera, finalement, pas si mal que ça.
Le lendemain matin, invités à prendre le petit déjeuner, nous passerons un long moment à discuter avec lui et son épouse.

Malgré la pluie qui continue, nous reprenons la route vers la ville d’Edessa. Nous roulons toute la journée sur la route nationale, entre les montagnes que nous ne distinguons même pas, tellement les nuages sont bas. Nous passons la barre des 3 000km et, en fin de journée, alors que nous sommes enfin secs, la pluie reprend de plus bel. Nous trouvons alors refuge pour la nuit, en équilibre (voir la photo), près des vestiaires d’un terrain de football.

Vendredi 11 septembre, nous nous rendons près de Giannitsa, dans un ranch, où Theoharis, nous offre l’hospitalité pour la nuit.
Après une courte mais dure montée, nous arrivons donc dans ce très bel endroit, en haut des collines. Sont pas mignons... ?Nous sommes logés dans un très joli studio fabriqué à partir d’un wagon. Nous rencontrons Theoharis qui n’a malheureusement pas de temps à nous consacrer pour nous expliquer ce qu’il fait ici. Nous apprendrons simplement qu’il y élève des chevaux et des cochons de races anciennes.
Nous visitons donc seuls le ranch et nous amusons des différentes races de cochons présentes.

Sont pas mignons… ?

Le lendemain, nous allons à Thessalonique, 1,5 million d’habitants. On appréhende un peu…
Les premiers kilomètres sont très agréable puisque nous roulons sur une large route où nous sommes presque seuls. La suite l’est beaucoup moins puisque pour rentrer dans Thessalonique, nous sommes obligés de rouler sur de la voie rapide (2×2 voies). Après maints détours, nous débouchons sur le port et les quais de la ville. Et là, miracle, une piste cyclable !
Nous nous rendons au festival du « handmade » (fabrication artisanale), dans un parc arboré et retrouvons Nouli, notre amie de Kastoria. Grâce a elle, nous rencontrerons beaucoup de monde à Thessalonique comme les militants de Peliti, avec qui nous échangerons de nombreux paquets de semences. Nouli nous présente également Ismini qui nous hébergera durant trois jours. Elle nous explique qu’elle travaillait dans une banque et que maintenant, elle souhaite aménager un terrain pour y cultiver la terre. Nous l’aiderons d’ailleurs à creuser les 77 trous pour les arbres de son futur verger.
A cette occasion, Elisabeth aura droit à une coupe de cheveux radicale, en plein air, face à la mer Égée.

Ismini, Pavlos et Nouli

Ismini, Pavlos et Nouli

L’un d’eux portera nos noms !
Nous remercions vraiment nos deux « Greek Mothers », Nouli et Ismini, qui nous ont pris sous leur aile durant ces quelques jours où nous avons vécu à l’heure grecque, entre copieux repas et Tzipuro (alcool traditionnel issu de raisin) à gogo !

Giorgos, rencontré via Warmshower, prend ensuite le relais et nous héberge pour deux nuits. Le temps pour nous de visiter Thessalonique et de régler quelques problèmes logistiques (réparation d’un matelas, réception d’un colis…).

Vendredi 18 au matin, en quittant la ville, nous croisons trois cyclotouristes : un allemand, la trentaine, qui fait un tour du monde et deux Néo-Zélandais, à la retraite, qui vont de Grèce jusqu’en Allemagne par les Balkans. Belle preuve que le voyage à vélo peut se pratiquer à n’importe quel âge. La sortie de Thessalonique est encore plus chaotique que lorsqu’on y est arrivé. Après 30km de détours, nous retrouvons la campagne, les rizières et les champs de coton.

Bivouac face au Mont Olympe

Bivouac face au Mont Olympe

Nous roulons désormais en direction de Katerini avec le Mont Olympe en point de mire. Nous bivouaquons samedi soir à quelques kilomètres de la ville.