Le Japon en Transition!

Notre première rencontre au Japon fût celle de Shunro et Sachko à Minamiaso, sur l’île de Kyushu.
Shunro est le co-fondateur du mouvement « Transition Japan » et membre du groupe de transition de sa ville, Minamiaso.

Initié en Angleterre dans la petite ville de Totnes, le réseau des villes en transition est un mouvement social qui rassemble des groupes animant dans leur commune une initiative de transition, c’est-à-dire un processus impliquant la communauté et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) de la ville face au double défi que représentent le pic pétrolier et le dérèglement climatique.

Le volcan Aso

Shunro et Sachko habitaient la région de Tokyo il y a encore six ans. Deux jours après la catastrophe de Fukushima ils ont décidé de partir s’installer plus au sud, sur l’île de Kyushu. Déjà engagés dans le Mouvement de Transition, ce nouveau départ dans leur vie l’est encore plus. C’est sur un terrain au pied du Mont Aso, recouvert de cèdres, ces immenses sapins au tronc rectiligne, qu’ils ont choisi de construire leur maison.

L’habitat, et l’énergie qu’il consomme, demandent une importante réflexion pour mener à bien une transition énergétique. Ainsi, Shunro et Sachko ont pensé le leur dans l’optique d’être un maximum autonome et de se passer des énergies fossiles.

Réflexions sur les plans du futur bâtiment traditionnel japonais où sèchera le riz.

La structure de leur habitation est en bois et fût taillée et assemblée selon des techniques traditionnelles. Pas de clous ni de vis, tous les éléments s’encastrent les uns dans les autres grâce au fin travail de taille qui a précédé. Des cales et des « clous » de bois finissent de donner la rigidité nécessaire à la structure.
Rigide mais pas trop car dans cette région, comme l’a terriblement rappelé la catastrophe d’avril dernier, de gros séismes se produisent régulièrement.

La découpe de l’encoche !

Et effectivement, Shunro nous fait remarqué que sa maison (ainsi que d’autres de construction similaire) a parfaitement résisté au 7.0 de magnitude enregistré ce jour là, à l’instar d’autres bâtiments en dur… Seul un mur s’est fissuré mais sera très facilement réparable étant donné le matériau utilisé, un mélange de terre-paille.

Pour chauffer la pièce à vivre, ils ont recours à une cuisinière à bois sur laquelle un bouilleur a été installé. Ce système permet de récupérer la production de chaleur pour chauffer l’eau dont ils ont besoin pour la cuisine (vaisselle, lave-linge, lavage des mains, etc.).
Comme pour la construction de la maison, le bois est directement issu des forêts alentours.
L’eau chaude pour la salle de bain est produite 8 mois par an par d’un chauffe-eau solaire. En période hivernale le bois est encore mis à contribution.

Panneaux solaires et vitres pour le séchage de plantes.

Enfin, les besoins électriques sont entièrement satisfaits par des panneaux solaires disposés sur la toiture. Chose légale au Japon, le système est totalement coupé du réseau électrique national.

Il va sans dire que pour pouvoir être autonome avec de tels procédés, il faut avant tout réduire ses besoins en énergies. Limiter le nombre d’appareils électriques, se poser la question de l’utilité d’un (gros) réfrigérateur, posséder une surface habitable raisonnable ou encore s’équiper de toilettes sèches sont quelques pistes de réflexions…

Leur mode de vie les a menés à devenir végétaliens, c’est-à-dire qu’ils ne consomment aucun produit venant d’animaux (viande, œufs, poisson, lait, etc…). Ce choix personnel est motivé par différentes raisons : respect de l’environnement, respect de la vie animale, alimentation équilibrée suivant des principes traditionnels asiatiques (yin/yang, macrobiotique), consommation de fruits et légumes produits localement ou encore une profonde connaissance de leurs besoins nutritionnels.

Crème patissière et crumble vegan !

Parce que la transmission, l’échange et le collectif sont des notions au cœur du mouvement de transition, Shunro et Sachko utilisent leur yourte traditionnelle Mongole comme chambre d’hôte et accueillent régulièrement des volontaires (WWOOFing, WorkAway). En ce sens ils ont donné le nom de «Tanemaki » à leur lieu de vie, dont la traduction peut-être « semeur de graines ».

Le mouvement de transition est avant tout basé sur le fait que seuls, nos actions ont une portée limitée mais que par contre, la force d’un groupe permet de réaliser de grandes choses. Celui de Minamiaso est composé d’une vingtaine de personnes actives qui se retrouvent régulièrement pour réfléchir aux actions à engager, comme par exemple faire revivre des commerces de proximité, aux évènements à organiser, aux projets en cours, comme un marché de producteurs locaux, etc.

On trouve dans ce groupe des personnes de tous horizons, un maraîcher bio, une créatrice de vêtements teints naturellement, la gérante de l’épicerie bio du village, ou encore un peintre.
Afin de diffuser et promouvoir les idées de la transition, ils proposent des projections-débats dans l’optique de faire évoluer les mentalités. La transition étant bien trop souvent assimilée à un retour en arrière alors que bien au contraire, il s’agit d’utiliser les savoirs d’hier et les techniques d’aujourd’hui et de demain, pour vivre harmonieusement dans notre environnement. C’est une idée progressiste !

Carte Transition Japan

Les initiatives de transition se multiplient au Japon et partout dans le monde, et tentent de proposer une alternative crédible et heureuse au système actuel.


Pour finir quelques liens inspirants à ce sujet :

Et le lien vers le réseau français des villes en transition.

Après les Coréens des villes, les Coréens des champs

Près de deux mois de vagabondage en Corée du Sud nous ont permis de mieux appréhender cette société à la modernité toute proche de ce que nous connaissons en Europe, mais à la culture et aux traditions bien différentes.
La moitié de la population coréenne (51 millions) vit en ville dont une grosse partie dans Séoul et sa banlieue. Les Coréens des villes nous ont fait découvrir leur mode de vie, très souvent hyper-centré sur le travail et en permanence « branchés » via leurs énormes Smartphones.

Village de campagne.

En sillonnant les campagnes à vélo, nous y avons retrouvé un rythme de vie bien plus proche de nos aspirations, mais nous espérions rencontrer des gens qui nous fassent partager un peu de leur quotidien, pouvoir rentrer dans une de ces maisons typiques au toit recourbé et avoir les réponses aux questions que nous nous posions, et auxquelles les « Coréens des villes » n’avaient pas su répondre.
Nous nous sommes d’abord heurtés au constat, confirmés ensuite par d’ultérieures rencontres, du vieillissement et du dépeuplement des campagnes coréennes. En bon pays « dit développé » et post-industriel, les villes aspirent la nouvelle génération loin des terres agricoles et vers des « emplois de bureau ». La production de nourriture est alors de plus en plus abandonnée à de grandes exploitations industrielles, avec toute la chimie qui va avec. L’autre solution étant l’importation massive depuis la Chine voisine…

Heureusement après de longues investigations sur internet, nous avons pu entrer en contact avec des gens « différents », des agriculteurs qui sortent du moule classique…
C’est Adella, productrice de thé et Hyeonjoon, agriculteur biologique, qui nous ont fait découvrir un autre visage de la Corée.

Adella, artiste peintre à ses heures

Adella, artiste peintre à ses heures

Sur les pentes du Parc National Jirisan, Adella (Gyeongae Kim), une coréenne d’une cinquantaine d’années, nous a reçus dans sa maison traditionnelle. Les murs sont en terre et la charpente en bois est apparente. Les repas se prennent assis par terre autour d’une petite table basse quelle transporte de la cuisine au salon, le couvert déjà dressé. Notre chambre est une pièce toute simple, carrée, avec pour seul mobilier un porte manteau et une table basse, sur laquelle sont posés trois couvertures et deux oreillers. Choyoung, son fils nous montre le système traditionnel de chauffage par le sol : il allume tout simplement un feu de bois dans l’un des foyers présents sous la dalle de la maison. Nous aurons bien chaud cette nuit, allongés sur deux épaisses couvertures posées à même le sol.

Cultures de thé sur les pente du Jirisan

Cultures de thé sur les pente du Jirisan

Adella est productrice du thé vert. Le climat ici y est propice et les pentes abruptes ne permettent pas de faire pousser du riz. La région est d’ailleurs réputée pour son thé vert particulièrement raffiné. Pour nous mettre dans l’ambiance, Adela nous a accueillis par la cérémonie du thé. Et à chaque fois que nous avons bu du thé, c’est tout naturellement qu’elle a reproduit ce « rituel » traditionnel. « C’est comme ça qu’on boit du thé », nous a-t-elle dit.

Assis au sol et attablés à un tronc d’arbre coupé en deux sur la longueur, une carte ancestrale des deux Corées dessinée au mur, nous la regardons procéder minutieusement. En attendant que l’eau frémisse, elle sort toute la vaisselle : une petite théière, un premier bol, un deuxième et pour chacun une petite tasse de la contenance d’un verre à liqueur.

Cérémonie du thé.

Cérémonie du thé.

Elle prend le temps de rincer chacun des récipients avec de l’eau bouillante pour qu’ils ne soient pas froids lorsqu’elle y versera le thé. Puis la danse de l’eau commence : un premier passage dans la théière, puis dans le premier bol, puis dans le second et enfin, dans chacune de nos petites tasses. Et là, on redécouvre le thé vert ! C’est un goût tout à fait nouveau que nous découvrons. Une sensation certainement due à la variété et à la qualité de ce thé mais également à l’atmosphère créée par ce cérémonial. Une fois notre petite tasse terminée, elle reverse de l’eau dans la théière, puis dans le premier bol, et ainsi de suite…

Elle nous explique que boire le thé de cette façon là est pour elle un moment de détente, c’est un moment important de la journée où l’on pense à autre chose et où l’on prend le temps.

Les thés d’Adella sont biologiques parce qu’elle ne veut pas utiliser de pesticides. Ses plantes poussent très bien sans ! A l’heure de la récolte, au printemps, elle emploie les dames du village. Cueillette, préparation et conditionnement, tout se fait à la main. « Un travail de femme » car selon Choyoung, son fils, « il faut beaucoup de patience ».
Thé vert, thé noir, tous de plusieurs niveaux de qualité mais tous proviennent de la même plante. Seuls la période de cueillette et les techniques de séchage diffèrent.

Le thé vert Coréen n’est plus aussi populaire qu’autrefois. Le café est à la mode. Même dans cette vallée très touristique de producteurs de thé, ce sont les cafés qui ont pignon sur rue. C’est également pour cela qu’Adella porte un grand intérêt à préserver les traditions de son pays, par son thé vert et cette cérémonie de plus en plus oubliée.

 

Kiwi rouge : dé-li-cieux!

Kiwi rouge : dé-li-cieux!

 

Hyeonjoon and Elisabeth.

Hyeonjoon and Elisabeth.

Quelques jours plus tard, nous nous sommes rendus chez Hyeonjoon, à quelques tours de roue de la côte sud de la Corée.
Il a choisi cette région il y a six ans afin d’y développer son activité agricole biologique.
Hyeonjoon n’est pas né les mains dans la terre. Bien au contraire, il a longtemps vécu à Incheon, dans la banlieue de Séoul, et travaillé en tant qu’ingénieur dans le domaine… de la carte de crédit.
Mais un beau jour, au milieu de la trentaine, il a purement et simplement décidé de changer de vie ! Ayant pris conscience des enjeux liés à l’alimentation et malgré la réticence de ses proches, il s’est lancé dans l’aventure de l’agriculture biologique. Un choix d’autant plus audacieux qu’en Corée, l’exode rural continue et quitter un emploi stable et bien rémunéré pour devenir paysan est loin d’être quelque chose de valorisant.

Récolte de patates douces

Récolte de patates douces

Sa formation, il l’a commencée en voyageant et en faisant du volontariat (WWOOFING) dans des exploitations agricoles de différents pays. C’est de cette manière qu’il a notamment découvert le « natural farming » (agriculture naturelle), une méthode développée par un agriculteur Japonnais, Mansuobo Fukuoka, dans la deuxième moitié du XXème siècle.
Par la suite, il a suivi une formation officielle en agriculture biologique en Corée avant de créer son exploitation. Aujourd’hui, il continue d’apprendre par les conseils que lui prodiguent les anciens du village, qui, malgré leurs pratiques conventionnelles, « ont beaucoup à [lui] apporter ». Ils ne comprennent certes pas pourquoi il s’obstine à utiliser « ces méthodes d’un autre âge » (entendez sans produits chimiques), mais ils semblent ravis de pouvoir transmettre leur savoir à une relève qui se fait bien rare.

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Échange de graines!

Son exploitation est de petite taille mais très variée avec notamment du riz, des oignons, de l’ail, des haricots de toutes sortes et du sésame sauvage.
Heyonjoon essaye donc de développer une agriculture basée sur le « natural farming », une méthode où l’on ne force pas les plantes à croître selon un schéma bien précis mais plutôt basée sur le respect de la vie. On associe par exemple les espèces pour qu’elles interagissent et s’entraident et on limite l’intervention humaine (le désherbage notamment) et l’utilisation d’engins mécaniques. Mais les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, pour plusieurs raisons. D’une part, selon le jeune agriculteur, les sols qu’il cultive sont en mauvais état à cause des méthodes employées par ses prédécesseurs. D’autre part, il reconnaît que le « natural farming » ne semble pas être la méthode idéale pour une production dans le but de la commercialisation. Les rendements peuvent être aléatoires pendant plusieurs années avant d’obtenir de réels bons résultats, ce qui n’est pas compatible avec l’impératif économique de la société actuelle.

Chez Hyeonjoon

Chez Hyeonjoon

Pour cela, une partie de son exploitation est en « simple » agriculture biologique et sans certification, car comme en France, l’agriculteur doit payer le coût des tests pour obtenir ce label. A l’inverse, les agriculteurs conventionnels ne doivent rien payer pour compenser leur pollution et reçoivent la majorité des aides gouvernementales auxquelles Hyeonjoon n’a pas droit. Pour en bénéficier, il devrait augmenter sa production et donc ses investissements et ainsi retomber dans le cercle vicieux qu’il a choisi de fuir il y a six ans.
Pour écouler sa production, Hyeonjoon s’est organisé avec d’autres paysans bio de la région afin de confectionner des cartons de fruits et légumes qu’ils expédient chaque mois à Séoul pour des clients trouvés par le « bouche-à-oreille ».
 Enfin, Hyeonjoon fait partie de cette nouvelle génération de jeunes agriculteurs que l’on trouve aussi en France. Non content de changer les choses par l’action « les mains dans la terre », il est également engagé au sein du parti des Verts coréens. Un parti progressiste qui compte déjà plus de 10 000 membres et qui propose des idées novatrices comme la mise en place d’un revenu de base (en priorité pour les agriculteurs), la parité homme-femme, la sortie du nucléaire et qui se bât pour la reconnaissance des droits des homosexuels, un sujet encore tabou en Corée du Sud.


 

Statue de Jeju

Statue de Jeju

Pour notre part, revigorés par ces belles rencontres, nous avons repris la route pour aller faire le tour de l’île volcanique de Jeju-do, avant de nous rendre début décembre, au Japon.
Notre dernière journée en Corée du Sud aura été à l’image de notre séjour dans le pays, très contrastée. Nous avons débarqué ce mercredi 30 novembre, à 6h du matin, au port de Busan, sous la pluie. Une ville de trois millions d’habitants que nous devions traverser pour acheter quelques babioles pour les vélos. Bref, une journée bien morne en perspective… Sauf que ! Alors que nous étions abrités sous de grands immeubles, complètement détrempés, un monsieur nous accoste et sans plus de questions nous invite à prendre le petit déjeuner ! A peine étions servis, qu’il s’est éclipsé très poliment en nous souhaitant un bon voyage.

Repas coréen avec nos hôtes de Jeju

Repas coréen avec nos hôtes de Jeju

Un peu plus tard, dans la rue, un jeune homme nous tend deux canettes de café chaud en nous adressant un simple « Have a good trip ! » (« Bon voyage! »). Un peu plus loin, la pluie redoublant d’intensité, nous cherchons à nous abriter sous le porche d’un immeuble, mais à peine étions-nous descendus de nos vélos que le gardien nous en a délogé… La Corée, pour nous, a été comme cela. Parfois difficile à vivre mais très souvent riche de belles surprises et pleine de rencontres avec des gens, de tous âges, d’une générosité débordante !


Et pour terminer en douceur, une petite sélection de nos photos de temples en Corée du Sud.

Notre article sur le camp d’aide aux réfugiés dans la revue S!lence !

Notre article sur Platanos, le camp d’aide aux réfugiés sur l’île grecque de Lesvos est paru dans la revue S!lence du mois d’avril. Nous vous invitons à l’y retrouver et par la même occasion, à découvrir ce mensuel alternatif et pertinent.

article-silence-avril-2016-2Pour trouver S!lence près de chez vous, c’est par ici ->>>> http://www.revuesilence.net/depots0

Dans la petite école de Chateauneuf…

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Présentation de notre projet en juin 2015

En juin dernier, avant de prendre la route, nous sommes allés rencontrer les élèves de la petite école primaire de Chateauneuf (Savoie) pour leur présenter notre voyage et notre projet.
C’est porté par l’enthousiasme et l’énergie des instituteurs, que nous avons pu bâtir une relation entre les enfants et nous. En juin, nous les avions suivi lors de leur randonnée annuelle à vélo, la « Vasipaulette », et leur avions parlé des problèmes liés aux semences. A cette occasion, nous leur avions offert un plant de patidou (courge) qu’ils ont pu planter dans le potager de l’école.
Maintenant que nous sommes sur la route, les enfants suivent nos aventures et nous poursuivons les échanges.

Dans un premier temps, nous avons répondu aux nombreuses questions qu’ils nous ont adressés par e-mail. Que pensons nous de l’Albanie, en Turquie, en Géorgie ? A-t-on cassé quelques choses sur nos vélos ? Avons-nous échangé beaucoup de graines ? Etc…
C’est ensuite en visioconférence (Skype) que nous avons pu converser à plusieurs reprises avec les différentes classes de l’école. Ce fût l’occasion pour nous de constater à quel point les enfants étaient captivés par notre voyage ! A tel point qu’ils acceptent de nombreux exercices de maths, de géographie ou de français à notre sujet : les instituteurs s’en donnent à cœur joie ! Constatez par vous même :

« Problème : Si le diamètre de la roue du vélo de Rémy mesure 70 cm, et son pneu 3 cm de haut, quelle distance parcourt-il en un tour de roue?

Savoir écrire : un cycliste ; grec/grecque ; une vallée ; arrêter ; échanger ; un hébergement ; archéologique ; tranquillement ; se baigner ; un conseil ; relaxant ; désagréable ; à travers »

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Récolte du Patidou

En octobre, fiers de nous annoncer qu’ils avaient récoltés les graines du patidou, ils nous proposent de nous les envoyer pour que nous puissions les échanger. Le message au sujet des semences est encore mieux passé que ce que l’on pensait : ils ont parfaitement compris l’un des objectifs de notre voyage !
Cependant, un tel échange était difficile à mettre œuvre et il nous semblait bien plus intéressant que les graines circulent au niveau local. Nous leur avons alors soumis l’idée de créer une grainothèque dans laquelle ils pourraient mettre gratuitement à disposition, toutes les semences récoltées. L’idée a plu aux élèves et aux enseignants ; la grainothèque verra le jour dans quelques temps. On compte sur la participation active des parents pour la remplir et la faire vivre !

  • Concrètement, une grainothèque, qu’est-ce que c’est ?
    C’est l’équivalent d’une bibliothèque, mais pour les graines. En libre accès, chacun(e) est invité(e) à déposer et/ou prendre des semences biologiques et reproductibles. Elle prend généralement la forme d’un meuble à tiroirs afin de classer les graines selon qu’il s’agit de fruits, de légumes, de fleurs, etc… Un des parents d’élèves, menuisier, s’est déjà porté volontaire pour sa fabrication. Et d’ici quelques temps, pour l’alimenter, nous leur enverrons quelques graines glanées au cours de notre périple.
    Depuis quelques années, de nombreuses grainothèques fleurissent un peu partout en France comme aux Halles de Chambéry et dans le magasin d’alimentation biologique de Lescheraines. C’est facile à mettre en œuvre et c’est une outil remarquable pour préserver la biodiversité semencière et favoriser les échanges locaux et non marchands! Vous êtes intéressés pour en installer une près de chez vous ? Voici le mode d’emploi : http://grainesdetroc.fr/
Restos du Coeur

Les élèves ont décidé de donner une partie de leur récolte aux Restos du Coeur

Enfin, le potager de l’école ayant été généreux, les enfants ont également fait preuve d’un bel élan de solidarité, en offrant une partie de la récolte aux Restos du Coeur.

La petite graine que nous avons planté au printemps dernier dans la petite école de Chateauneuf grandit de jour en jour, aidée en cela par l’enthousiasme sans limite des enseignants.
Nous sommes sincèrement touchés par tout ce qui est entrepris au sein de l’école depuis notre première rencontre avec les enfants, comme par exemple, l’affichage de notre trajet et de certaines de nos photos sur un mur de leur préau.

Les enfants suivent notre voyage!

Les enfants suivent notre voyage!

Pour nous, il est essentiel que les plantes, le jardin et la nature soient au cœur de l’éducation. C’est pourquoi il est formidable qu’une grainothèque et un potager soient installés dans l’enceinte même d’une école. Ce lieu de culture de l’esprit devient ainsi un lieu d’échanges et de culture… potagère.

Une structure autogérée au secours des réfugiés

Lors de notre passage à Athènes, nous nous sommes rendus à « la Maison des réfugiés » de la rue Notara. Nous y avons beaucoup appris sur la situation à Athènes et dans les îles proches des côtes turques. Les rencontres que nous y avons fait nous ont décidés à nous rendre sur l’île de Lesvos, à Skala-Sikaminia, dans un camp autogéré d’aide aux réfugiés, afin d’y apporter notre aide en tant que volontaires.
Voici le récit de notre quotidien au sein du camp de Platanos.

Devant l’afflux incessant de réfugiés sur les plages de Skala de l’île grecque de Lesvos, un groupe de citoyens a décidé, en octobre dernier, d’occuper un parc public afin de les y accueillir décemment. Les autorités locales n’ayant rien proposé face aux dizaines de bateaux quotidiens, elles tolèrent le camp autogéré de Platanos. Pas de hiérarchie, pas d’ordres donnés, chacun s’organise et se responsabilise. Un seul objectif : venir en aide aux réfugiés.

6h30, 23 décembre, Skala, île de Lesvos, Grèce.

Le talkie-walkie annonce en anglo-greco-espagnol un nouveau bateau. Je vais réveiller les médecins dans la chambre voisine. Notre colocataire enfile sa combinaison de plongée. Nous partons vers la plage, couvertures de survie à la main. A peine le temps de saluer nos amis volontaires, Rémy a déjà les pieds dans l’eau pour extraire les enfants du bateau qui vient tout juste d’arriver. Sous l’oeil de deux officiers de police parfaitement passifs, une chaine humaine de volontaires se met si rapidement en place qu’aucun enfant n’aura cette fois-ci les pieds mouillés. Les hommes, tellement heureux d’arriver, sautent du bateau et courent dans l’eau, vers la terre promise. Certains s’agenouillent et remercient le ciel. D’autres ne savent pas exactement où ils se trouvent ; « Is it Europe here ? ». Nous les accompagnons tous vers notre camp, Platanos et leur expliquons avec un grand sourire «  Food, dry clothes, tea, fire » (« Nourriture, vêtements secs, thé, feu »). Les « Merci » « Thank you » « Shoukran » et les franches poignées de mains renforcent notre volonté d’être ici et d’apporter notre aide.

6h45 : Les volontaires s’activent au camp. Kety, qui vient du Brésil, distribue nourriture, boissons et friandises. Marios, un jeune Grec sans emploi, tout juste descendu du bateau de sauvetage, s’occupe d’alimenter le feu. Dimitris et Lili, deux jeunes médecins, sillonnent le camp et auscultent quelques personnes. Un espace est prévu afin que tous puissent se changer et obtenir des vêtements propres et secs. Priorité aux femmes et aux enfants. « Tchaï, Tchaï ! », c’est Deena, la Malaisienne, qui sert du thé. Ils peuvent alors se réchauffer un peu avant qu’une navette ne les conduise vers un autre camp, bien plus grand, qui rassemble l’ensemble des réfugiés arrivés sur l’île. Ils y rempliront les papiers qui leur permettront de rester quelques semaines sur le sol grec. Mais leur parcours du combattant est encore loin d’être terminé…

7h15 : Dans la tente des enfants, je dégote un pantalon, des collants et des chaussures pour un petit garçon de trois ans. Une fois habillé et réchauffé, je le ramène jusqu’à son père ravi de le voir enfin de retour auprès de lui. Je discute alors avec un jeune homme de 25 ans, qui me fait le récit de son histoire dans un anglais correct : «  J’étais couturier en Afghanistan. Un jour, ils sont venus, ils nous ont enfermés dans une maison, et nous ont obligés à nous déshabiller. Nous avons du payer deux milles euros pour sortir. J’ai alors fui mon pays. J’ai payé des passeurs, j’ai marché dans les montagnes, j’ai beaucoup marché. Mes deux cousins m’ont rejoint par avion en Iran. Je n’ai plus d’argent maintenant, c’est mon cousin qui a payé pour la traversée. » Il me remercie alors de partager son histoire et, me parlant des « explosions à Paris », me demande d’assurer aux Français qu’il n’est pas un terroriste… Un récit parmi tant d’autres, tous plus terrifiants les uns que les autres.

8h15 : Les réfugiés ont maintenant tous quitté Platanos. Il faut alors nettoyer et remettre en ordre le camp avant l’arrivée du prochain bateau que nous voyons déjà approcher au loin. L’Américaine Temple, toujours souriante, me demande, « avons-nous besoin de nouvelles chaussettes pour les hommes ? », « et des vestes pour enfants de 10 ans ? ». Avec Suzana, une Espagnole, j’ouvre alors rapidement les cartons et déballe les vêtements provenant de toute la Grèce.

9h : Nous scrutons aux jumelles le bateau orange des sauveteurs Espagnols de l’ONG Pro Activa, qui part aider les réfugiés au large dont le bateau se trouve à cours de carburant. Ils scrutent en permanence l’horizon à la recherche d’une nouvelle embarcation et partagent avec nous les informations qu’ils possèdent, ce qui nous permet alors d’agir au mieux sur terre.
Le camp dans lequel nous nous trouvons ne dépend d’aucune ONG, il est totalement autogéré. Une dizaine de citoyens a en effet décidé en octobre dernier d’occuper un espace public du village afin de venir en aide à la centaine de bateaux qui arrivaient quotidiennement. Peu à peu, des dons ont été collectés à travers toute la Grèce et dans le monde entier, grâce en partie aux réseaux sociaux. Trois grandes tentes et un conteneur ont été achetés, un groupe électrogène installé, une cuisine montée… Les décisions se prennent collectivement et chaque jour apporte son lot de nouveautés et de réorganisations.

9h30 : Iasonnas nous partage les dernières informations émanant du talkie-walkie : «Il y a une femme enceinte sur le prochain bateau!». Il faudra se satisfaire de la tente des enfants pour l’auscultation car les médecins volontaires ne disposent toujours pas de lieu d’examen plus approprié. Depuis quelques jours, il est en effet question de construire un petit centre médical en bois, mais les autorités locales ne l’entendent pas de cette oreille et menacent de détruire le camp…

9h45 : Le bateau arrive et le même scenario se reproduit. Bateau après bateau, nous prenons conscience de l’ampleur de la situation et de l’inaction des autorités locales, nationales ou européennes.

19h20 : A la fin de cette journée, Terry, un volontaire anglais, nous transmet un message particulièrement émouvant reçu d’un réfugié Afghan rencontré quelques jours auparavant :


« Voilà ce pour quoi nous sommes ici, volontaires, venus du monde entier. D’un garçon Afghan que nous avons accueilli sur la côte de l’île de Lesbos en Grèce :
« Je ne savais pas que toutes ces adorables personnes sur la plage étaient des volontaires… C’est incroyable qu’ils aient mis de côté leur travail, leur famille, leurs amis et leur vie pour venir ici, juste pour aider des gens comme nous, gratuitement. J’avais perdu toute confiance en l’humanité mais vous me l’avez redonnée. L’amour c’est ce qu’il y a de plus important. Je prierai mon Dieu chaque jour pour qu’il reste avec vous et qu’il vous apporte de bonnes choses et de la joie dans vos vies. » »

Nous avons passé plus de deux semaines au sein du camp autogéré de Platanos. Nous avons vu débarquer plusieurs milliers de réfugiés, femmes, hommes et enfants, dans des conditions parfois très difficiles et dangereuses.
Nous sommes effarés de constater l’inaction de nos gouvernements, la cupidité et l’inhumanité de certaines personnes.

Par ailleurs, nous avons vécu ici une expérience extraordinaire aux côtés de volontaires venant du monde entier. Un réel élan de solidarité, de générosité et d’humanité qui vient heureusement contrebalancer ce triste tableau de début de siècle.

N’oublions pas que, du fait du réchauffement climatique, nous sommes à l’aube d’une période de migrations sans précédents. Il ne s’agira plus seulement de réfugiés de guerres, mais il sera question de réfugiés climatiques, par millions !

Nous avons quitté Platanos le mercredi 6 janvier, partagés entre la satisfaction d’avoir pu apporter notre aide pendant plus de deux semaines et le regret de partir alors que les bateaux continuent d’arriver… Heureusement, des volontaires du monde entier continuent de se relayer pour être présents sur les côtes de Lesvos et des autres îles.
Mais combien de temps durera cette situation surréaliste ou chacune des parties (gouvernements, police, passeurs…) rivalisent d’inhumanité ?

La veille de notre départ, à cause des très mauvaise conditions météo, un bateau à chavirer « côté turc ». 34 personnes ont perdu la vie, les sauveteurs « côté grec » n’ayant pu intervenir à cause d’une frontière maritime (un trait sur une carte!) infranchissable…

Welcome Refugees

A Volos, plus de 150 réfugiés fuyants la guerre en Syrie, sont arrivés et ont été pris en charge par des bénévoles.

A Volos, plus de 150 réfugiés fuyants la guerre en Syrie, sont arrivés et ont été pris en charge par des bénévoles.

Depuis que nous sommes entrés en Grèce, le sujet des réfugiés du Moyen-Orient est omniprésent, que ce soit à la télévision, dans les journaux ou dans les conversations. Ici, à Athènes, il n’est pas rare de croiser des réfugiés dans la rue, ou il est tout à fait possible de les voir descendre d’un bateau dans le port du Pirée. Au delà de ce qu’ils peuvent voir dans les médias, les athéniens sont en prise directe avec la réalité. C’est certainement pour cela que l’on ressent ici une grande solidarité d’une partie du peuple grec. Plus d’une fois nous avons rencontré des personnes donnant de leur temps, ou des vêtements et de la nourriture.

Nous avons par exemple rencontré cette famille dans la banlieue d’Athènes, dont les parents ont consacré leur soirée du vendredi à acheter, puis à confectionner des « kits de première nécessité ». Dentifrice, brosse à dent, lingettes, poncho, lampe de poche, quelques barres de céréales etc., le tout dans un sac à dos. Ils les ont ensuite distribués en personne le dimanche, au port, à l’arrivée d’un bateau transportant 1 000 réfugiés. Chacun des 150 enfants a pu recevoir un kit grâce à l’organisation des bénévoles via une page Facebook.

La maison des réfugiés

La maison des réfugiés

Un peu plus tard, c’est par l’intermédiaire de Dimitris, un habitant du quartier d’Exarchia, que nous nous rendons à « la maison des réfugiés », au 26 de la rue Notara. Il y est un bénévole actif depuis le deuxième jour de l’occupation de l’immeuble, un bâtiment inutilisé depuis plusieurs années et appartenant au ministère du travail.
Au mois d’octobre 2015, l’hiver arrivant, un collectif de citoyens décide de prendre les choses en main et d’occuper cet immeuble, afin d’accueillir les réfugiés et les migrants jusqu’alors « hébergés » sous des tentes par le gouvernement grec. A ce jour, plus de 2 000 d’entre eux ont pu s’y reposer quelques temps, y prendre des repas chauds et y trouver de nouveaux vêtements offerts par les athéniens. La priorité est donnée aux familles avec de jeunes enfants.

Les 115 places sont quasi quotidiennement occupées mais heureusement, grâce à la générosité des grecs, les stocks de nourriture, de produits d’hygiène, de médicaments et de vêtements ne désemplissent pas.
Il n’y a pas moins d’une centaine de bénévoles qui se relayent pour accueillir, écouter, cuisiner, informer… Un médecin et quatre traducteurs, bénévoles également, donnent aussi de leur temps. Ici, tout est géré de manière horizontale : pas de hiérarchie, pas d’ordres donnés.

Chacun trouve sa place et les réunions régulières permettent le bon fonctionnement du lieu.
Le leitmotiv des bénévoles est simple, redonner de l’humanité à ces femmes et ces hommes, chassés de leur pays par les atrocités d’une guerre qui n’en fini pas. Les dessins des enfants, accrochés aux murs, parlent d’eux mêmes.

Dessin d’un enfant de 4 ans…

La majorité des réfugiés que nous avons vus là-bas sont issus de la classe moyenne comme cette femme, d’environ 30-35 ans, portant un très jeune enfant dans ses bras. Habillée à l’occidentale, elle pourrait être athénienne ou parisienne, mais sur son visage fatigué transparaissent des semaines de voyage et une peur quotidienne.

Une bénévole nous confie : «Nous pourrions être à la place de ces gens. Si un jour je suis amenée à fuir mon pays, j’aimerai bien que l’on m’accueille de cette façon. C’est pourquoi je suis bénévole ici.»

Notre voyage nous confère cette liberté extraordinaire d’utiliser notre temps comme bon nous semble. Nous avons donc décidé de nous rendre sur l’île de Lesvos, où des centaines de réfugiés arrivent encore quotidiennement. Nous apporterons notre aide au sein d’une initiative citoyenne en lien avec « la maison des réfugiés » d’Athènes.

Un projet d’éco-village en Grèce : The Earthlings Farm

Nous avons été accueilli par Chrysanthi et Kostas dans leur appartement, à Volos. Elle, institutrice et lui travaillant dans la restauration, ils laissent apparaître un train de vie normal.

Nous sommes venus les rencontrer pour qu’ils nous parlent de leur projet d’éco-village.
En effet, depuis deux ans, le couple de trentenaires désire mener une vie plus collective, plus autonome et plus respectueuse de l’homme et de la nature.

logo_earthling_farm

Logo du futur éco-village

Baptisé « The Earthlings Farm », ou la Ferme des Terriens, leur projet se veut protecteur de la Terre et de ses habitants.
Le logo du projet n’est pas sans rappeler le travail de protection des semences paysannes du collectif grecque Peliti ou de l’association Kokopelli, en France.

Sur les pentes du Mont Pélion, la montagne des Centaures, ils ont a leur disposition un terrain d’un hectare à 850m au dessus de la baie de Volos.
Ils sont actuellement quatre à porter le projet mais souhaiteraient à terme, vivre à huit dans l’éco-village.

Dessin du futur éco-village

A les entendre en parler, le village existe presque déjà. Une charte de vie commune est en cours de rédaction et des plans ont été dessinés.

Dans un souci de respect de l’environnement et pour limiter les coûts, les constructions seront réalisées en COB, un mélange de terre, de sable et d’eau combiné à de la paille.
Un espace de vie commun, de forme circulaire, sera le cœur du village et chaque personne, couple ou famille, possédera une habitation individuelle.

Le potager, le verger et les animaux devront leur permettre de se nourrir tout au long de l’année. L’énergie sera d’origine solaire et éolienne. L’eau potable sera issue des nombreuses sources de la montagne. Les eaux usées seront traitées par phytoépuration pour être utilisées pour l’arrosage.

Pour subvenir aux quelques dépenses pécuniaires telles que l’essence et les céréales, ils vendront des produits de leur production : savons, cosmétiques, vin, …

On ne s’improvise pas agriculteur biologique ou savonnier alors, depuis deux ans, Chrysanthi et Kostas suivent régulièrement des stages et des séminaires afin d’apprendre et de se perfectionner.

Par ailleurs, ils nous ont expliqués que, paradoxalement, une telle volonté d’autonomie et une telle prise de distance avec le système actuel ne se fait pas sans un capital de départ. C’est pourquoi ils travailleront jusqu’aux printemps prochain, date à laquelle débuteront les travaux.

Modélisation 3D du projet

Modélisation 3D du projet

Ils espèrent pouvoir s’installer dès l’automne 2016 et pour se faire, feront appel à des volontaires.

Immergés depuis plus d’un mois maintenant dans une société grecque en crise, nous constatons qu’une partie de la population revient au « système D » et développe d’intéressantes alternatives. Le projet de Chrysanthi et Kostas nous a interpellé, car il est une véritable expérience de ce à quoi pourrait ressembler la société de demain, altruiste, plus sobre et respectueuse de l’Homme et de l’environnement.

Il est possible de les aider que ce soit financièrement ou en venant sur place; alors n’hésitez pas à prendre contact avec eux sur leur page Facebook.