Bilan de notre passage dans le nord de l’Italie

Nous y avons passé 26 jours et fait 1120km.

C’est un peu plus que se que nous imaginions, à cause des nombreux détours dus à la chaleur, à l’humidité, et aux contraintes administratives inattendues. Heureusement, l’aide des gens, leur générosité, les rencontres que nous avons pu faire nous ont réconfortés. Nous avons aussi pu trouver de l’eau facilement, ainsi que des bars climatisés où nous pouvions nous connecter. casale9Malgré de longues heures à pédaler dans des paysages plats et sans intérêt, le petit village Moncensio perché dans les montagnes au pied du Mont Cenis nous a plu.

Venise

Venise

Tout à l’est, Venise, la ville-monument, nous a laissée admiratif devant ses petites ruelles et canaux parcourus par d’agiles gondoliers. Les lacs du nord (Iseo et Garde) sont de magnifiques endroits, malheureusement envahis d’un tourisme trop haut de gamme à notre goût…

Les routes italiennes sont dans un état correct, mais sont très passantes à toutes heures de la journée. Les panneaux routiers en Italie sont complètement farfelus ! Une ville indiquée à 20km est à 25km 2 min après… Les pistes cyclables sont soit en très très mauvais état, soit durent 200m et se terminent par … un mur !
Nous avons utilisé les carte Michelin d’Italie du nord ouest et du nord Est (561 et 562) fournies par La Compagnie des Cartes. L’échelle, 1/400 00ème, était correcte, quoi qu’un peu grande pour un pays avec tant de petites routes. En effet elles n’apparaissaient pas toutes. Nous pensons avoir fait le bon choix pour ce genre de voyage car nous ne voulions pas emporter trop de cartes différentes à des échelles plus petites.

Les campings sont soit inexistants soit pas abordables : 40 euros par nuit pour deux cyclistes , c’est hors de notre budget !

Nous nous disons que l’Italie est grande et que les régions plus au sud doivent être plus faciles et jolies que celles que nous avons traversées. La chaleur n’a pas arrangé les choses, tout aurait été plus sympathique sans ces hautes températures, l’humidité ambiante et les moustiques.

marcon009Au travers de nos trois rencontres avec des agriculteurs biologiques italiens, nous avons ressenti qu’isl rencontrent beaucoup de difficultés.  Les italiens sont très peu portés vers la bio et l’état n’ accorde aucune aide aux producteurs, ils sont alors un peu livrés à eux même.
Le premier que nous avons rencontré fait également Bed&Breakfast,  le second accueille un centre aéré pour l’été pour pouvoir avoir un revenu correct. Leur production de fruits et légumes a également du mal à être écoulée malgré les marchés, paniers, vente à la ferme. Tous les moyens sont bons!
Nous ne vous livrons ici que notre point de vue après un petit mois passé en Italie.

Nous quittons le pays contents de découvrir de nouveaux paysages et de voir enfin du relief mais nous regrettons déjà les fontaines dans chaque village et les fromages italiens !

Direction l’Adriatique!

14 juillet : Lonigo → Palazzetto Ardi

Un scénario inattendu… Effectivement, en fin d’après-midi, nous reprenons les vélos pour faire une dizaine de kilomètres. Nous souhaitons nous rendre à « l’agriturismo » Palazzetto Ardi. Les agriturismo sont des sortes de chambres d’hôtes à la ferme.

Nous arrivons donc en fin de journée face à une très belle et ancienne bâtisse.
Avant même que nous soyons arrivés à la porte, un homme sort pour nous accueillir. Nous lui expliquons rapidement pour quelles raisons nous sommes là. Deux minutes plus tard, nous nous retrouvons dans la cuisine à goûter du vin et du chutney de figues-oignons…

Palazzetto Ardi

Palazzetto Ardi

Nous sommes en fait arrivé chez Michella, Carlo et leur fille Flora. Ils tiennent cet agriturismo et y produisent presque l’intégralité de ce qu’ils consomment et de ce qu’ils préparent aux clients : vin, légumes, œufs, fruits… Et tout en bio !

Ils acceptent que nous posions la tente pour la nuit, mais finalement nous y resterons quatre jours !

Michella est une très bonne cuisinière, elle donne d’ailleurs des cours. Elle nous concoctera d’excellents repas tout au long de notre « séjour ».

Palazzetto Ardi - rammassage de pommes de terre

Palazzetto Ardi – ramassage de pommes de terre

En contre partie nous les avons aidés à deux reprises pour ramasser les tomates, les pommes de terre, les figues et pour arroser les pommiers. Un avant goût de wwoofing mais une bien maigre contribution au regard de leur gentillesse et de tout ce qu’ils nous ont donnés !

Nous avons également eu la chance d’assister à un concert de Carlo. Il joue (extrêmement bien) de l’harmonica dans différents groupes de Blues !

Michella et Carlo sont particulièrement sensibles aux problèmes des semences paysannes. Ils cultivent d’ailleurs différentes variétés anciennes, dont du blé avec lequel ils confectionnent un très bon pain. Nous avons donc échanger des semences avec eux.

Nous leur adressons une fois de plus un immense merci pour leur accueil et leur disponibilité malgré les milliards de choses qu’ils ont à faire chaque jour pour faire vivre ce lieu fantastique.

18 juilllet : Palazzetto Ardi → Organic Forest

C’est avec un petit pincement au cœur que nous quittons Michella, Flora et Carlo mais les jambes nous démangent.

Nous avons rendez-vous à 10h avec Michel Barbaud que nous avions déjà essayé de rencontrer il y a quelques jours. Il est français et tient l’exploitation agricole  : Organic Forest.

Nous arrivons donc à l’heure et passons la matinée à l’écouter nous raconter son histoire et celle d’Organic Forest. Michel Barbaud a développé différentes techniques de culture biologique à l’aide notamment de la bioélectronique. Il produit un compost qu’il utilise pour ses cultures en pleine terre comme pour ses potager « à la cuillère ». Toutes les infos sur son site : www.organicforest.blogspot.com et nous publierons bientôt un article dans la rubrique « Prends en d’la graine ».

Michel nous invite à rester manger le midi. C’est avec plaisir que nous dégustons une énorme salade de tomates cœur de bœuf garantie 100% bio ! Il nous fait visiter son exploitation et nous propose de planter la tente sur place.
Nous choisissons de dormir dans son hamac en compagnie des poules, des chats et du chien. Cette dernière, dénommée Milady, nous fera passer une nuit difficile ; c’est un chien de garde et elle aboie TRÈS souvent !

19 juillet : Organic Forest → Bovolenta

Dimanche ! En Italie, on a remarqué qu’il s’agit du seul jour de la semaine durant lequel il y a peu de circulation. Alors malgré la nuit difficile, on se lève tôt et on quitte le Monte Berici.

Après une quinzaine de kilomètres en cinq jours, nous sommes enthousiastes à l’idée d’avancer de nouveau !

Nous passons la matinée à rouler jusqu’à Battaglia Terme. Il fait chaud mais ce qui est difficile à supporter, c’est l’humidité : 75-80%. On est trempé en permanence…

Après avoir chercher les thermes de Battaglia que nous ne trouverons pas, nous passerons l’après-midi dans un bar (pour changer!) et en profiterons pour laver notre linge…dans une laverie !!

Bivouac en bord de canal

Bivouac en bord de canal

En fin de journée, nous roulons sur une voie cyclable, le long d’un canal où nous bivouaquons.

20 juillet : Bovolenta → San Pietro in Volta (Venise)

Décision est prise d’aller vers Chioggia et de rejoindre Venise par « les îles ». Nous continuons donc la piste cyclable le long du canal qui y mène directement.

Le chemin parfois en graviers, parfois en cailloux est plutôt agréable. Seule l’humidité ambiante apporte une ombre au tableau.

A peine commence-t-on a sentir l’odeur de la mer que nous débouchons sur la lagune. En quelques centaines de mètres le paysage change complètement. Nous entrons dans Chioggia et avons l’impression d’avoir changé de pays ! Le traffic est dense, des dizaines de vélos zigzaguent entre autos, motos, Vespas et camions. La ville est parcourue de petits canots qu’enjambent de petits ponts de briques. Un avant goût de Venise !

Chioggia

Chioggia

Quelques photos puis nous prenons le bateau pour rejoindre la première île et la ville de Pellestrina : 12€ pour une traversée de 15 minutes.

Nous nous retrouvons donc sur cette île toute en longueur avec comme seule idée en tête d’aller nous baigner !

L’Adriatique est enfin face à nous ! Nous filons nous jeter dans une eau à au moins 26°C  avant de pique-niquer sur la plage, à l’ombre, à côté de constructions très surprenantes. En effet, la plage est parsemée de petites cabanes faites de bric et de broc. Nous nous attendions à des plages bondées de touristes : nous sommes seuls !

L’après-midi, nous nous dirigeons vers le nord de l’île en passant du côté de la lagune (rive ouest). Le décor est sublime entre bateaux de pêches, petits villages aux maisons colorées et ciel bleu. Le temps semble s’être arrêté sur cette île.

Le 999ème kilomètre dépassé, nous passons la soirée sur la plage, face à la mer et malgré une attaque soudaine de moustiques furieux, nous passons un très agréable bivouac agrémenté d’une douche fraîche grâce à notre poche à eau.

21 juillet et 22 juillet : San Pietro in Volta → Mestre

Plage de Pellestrina

Plage de Pellestrina

Réveil avec vue sur le soleil levant. Petit déjeuner, face à la mer.
Après quelques efforts pour sortir les vélos du sable, nous nous dirigeons vers l’embarcadère où nous devons prendre un bac pour rejoindre l’île de Lido qui est face à Venise. On nous annonce un prix de 17€ que nous ne payerons finalement pas…

Nous sommes satisfaits d’être resté de l’autre côté pour bivouaquer, car ici, l’île est beaucoup plus construite. Les hôtels ont remplacé les petites maisons et la circulation est beaucoup plus dense.

Une dernière traversée est nécessaire pour rejoindre Mestre. 17€ également, mais encore une fois, on ne nous demande rien. Le bac nous fait longer Venise et la place Saint Marc. On aperçoit les gondoles et les innombrables canaux qui entrent dans la ville. Un traffic impressionnant de bateaux et barques en tous genres fourmille autour de la cité.

Nous accostons de l’autre côté de la ville et décidons de nous rendre à la gare de Mestre afin qu’Elisabeth prenne le train pour Vérone pour y récupérer (enfin!!!!) la lettre tant attendue.

Une fois réunis, nous nous rendons à la Fattoria di Rosmarino où nous attendent Cristina et Pier Giorgio. Ils tiennent une exploitation agricole sur laquelle ils cultivent fruits et légumes biologiques, élèvent des chevaux, des chèvres, des poules etc., et préservent des centaines de variétés de semences.

Fattoria di Rosmarino - avec les enfants

Fattoria di Rosmarino – avec les enfants

Chaque été, ils accueillent des enfants en centre aéré et des wwoofers pour les encadrer comme Eleonora que nous avons rencontré. La ferme est un lieu de culture et de pédagogie.

Le lendemain matin, pour aller visiter Venise, nous laissons les vélos chez eux et prenons le train. Nous déambulons dans cette ville-monument entre canaux, gondoles, églises et troupeaux de touristes jusqu’au Rialto et à la place Saint-Marc. Les petites ruelles Venéciennes nous ont particulièrement plues, malgrè l’humidité ambiante… Le retour en train est fort agréable grâce à la climatisation du wagon !

Le soir, après avoir présenté notre voyage aux enfants du centre aéré, nous échangeons des semences avec nos hôtes, ils sont tout aussi étonnés de voir la diversité que nous possédons comme nous le sommes concernant leur collection !

Ils cultivent beaucoup de variétés anciennes, et nous expliquent que beaucoup d’italiens ne sont pas du tout sensibilisés à l’importance de préserver ces semences, tout comme à l’importance de manger bio… Suite aux différentes rencontres que nous avons eu avec des maraichers bio et consommateurs bio, nous ressentons que le bio a beaucoup moins d’importance en Italie qu’en France. Les pastèques à 33 centimes le kilo ont encore un bel avenir.

Du lac d’Iseo à Lonigo

7 juillet Salerano → Lac d’ Iseo

Nous partons de très bonne heure pour profiter un peu de la fraicheur matinale. A 9h nous avions déjà fait 40kms ! L’air frais nous fait le plus grand bien ! Nous décidons de mettre le cap vers les lacs du nord en espérant y trouver une atmosphère plus respirable.

Nous arrivons vers midi à Romano di Lombardia où nous restons jusque 17h dans un bar climatisé. La fraicheur nous redonne de l’énergie et nous décidons de rallier le lac d’Iseo le soir même : c’est à dire ajouter 30km aux 60 déjà effectués!

Pour notre plus grand bonheur, plus nous nous rapprochons du lac, plus les températures deviennent supportables. Et après plus de 90kms, notre plus longue étape à ce jour, nous atteignons notre but et nous nous installons dans le premier camping de notre voyage. Le gérant nous demande tout d’abord 27euros pour que l’on puisse poser la tente. A peine lui expliquons-nous que c’est trop cher pour nous qu’il nous propose deux fois moins cher si nous partons le lendemain matin. Surpris, nous acceptons son offre.
Les vélos à peine « garés », nous nous jetons dans l’eau ! La récompense est à la hauteur des efforts fournis pour faire les 94km !

Rafraichis, nous passons une nuit bien plus douce et reposante que les précédentes.

8 juillet : Lac d’Iseo → Passirano

Journée placée sous le signe du repos ! On visite la petite ville d’Iseo, très touristique mais plutôt jolie avec son petit port de plaisance et sa vieille ville. Nous prenons le temps de nous reposer et chercher si un Warmshower pourrait nous accueillir le soir. Quelques minutes après nous recevons une réponse positive non loin d’ici !

Nous arrivons en début de soirée, après une bonne grimpette, chez Edwige, Maurizio, leurs trois enfants, Helena et la maman de Maurizio. Ils habitent une belle et grande maison aux poutres apparentes et plafonds hauts à Passirano. Un beau jardin, un potager et des poules complètent le tableau.

Hedwige est française et Maurizio italien (sans blague!). Toute la famille parle français, ça fait du bien de pouvoir échanger plus en profondeur.

Hedwige et Maurizio ont repris cette grande maison dans le but d’aider des femmes en difficulté.

Nous passons une très agréable soirée à parler voyages, vélo, Italie, etc. et à écouter les jeunes jouer du piano et du violon, tout en admirant les créations en terre d’Edwige.

Nous passerons la nuit dans une grande chambre et un grand lit : le grand luxe !

9 juillet : Passirano → Molinetto

Après avoir pris le petit déjeuner « en famille », nous échangeons nos premières semences. Nous recevons des graines de roquette et de blette venant du grand père italien ! Edwige a commencé un potager l’an dernier qui a déjà fière allure et compte bien l’enrichir à l’aide de nos semences Kokopelli!

Photo souvenir et « au revoir » et nous partons direction Brescia. Une piste cyclable est censée nous amener directement au lac de Garde. Elle nous fait faire de nombreux détours mais nous amène à bon port sur de petites routes bucoliques.

Nous traversons et quittons Brescia en traversant une interminable zone commerciale. Nous finissons par trouver un champ caché de quelques arbres, cela fera l’affaire car il est déjà tard ! Des klaxons se font entendre à répétition. Ce sont les voitures qui passent sur la petite route à côté, ils préfèrent klaxonner dans les virages plutôt que ralentir… C’est une façon de faire…

10 juillet : Molinetto → Manerba del Garda → Desenzano

Après une bonne nuit reposante, on commence à vraiment bien récupérer du coup de chaleur de la semaine précédente, nous partons tôt vers le lac de Garde. Il s’agit du plus grand lac d’Italie. Nous suivons un itinéraire cyclable (=balisé sur de petites routes). Ca monte, ça descend, le lac se fait désirer. Puis, au moment où l’on s’y attendait le moins, au détour d’un virage, nous le découvrons depuis les hauteurs !

Nous décidons de continuer un moment sur les petites routes en balcon pour profiter de la vue mais la petite balade entre champs et (le seul) troupeau de mouton d’Italie se transforme vite en montagnes russes entre villas et piscines privatives.

Nous bifurquons donc vers Manerba Del Garda pour aller au bord du lac. Petit port de plaisance, plage de petits cailloux, palmiers, villas et eaux limpides ; on se croirait sur la côte d’azur… On peste un petit peu contre cet affichage de richesses mais profitons tout de même de ce paysage magnifique !

Après un pique-nique aux couleurs de l’Italie (Piadina au pesto, mozza et tomates) et une bonne baignade, nous partons vers Desenzano, la plus grosse ville au bord du lac où Oscar, un couchsurfeur doit nous héberger pour la nuit. Il est impensable de poser poser la tente quelque part ici… Dommage.

Oscar nous reçoit donc dans son appartement, face au lac et juste au dessus de la marina dans laquelle il travaille. On se repose et allons faire un tour en ville avec lui. Il parle bien français et joue le guide pour nous.

Desenzano est une ville qui ne semble vivre que du tourisme. Du tourisme de luxe d’ailleurs !

Entre les grands hôtels, les somptueuses villas et les boutiques de luxe ne circulent que de grosses voitures allemandes. Nous avons trouvé le Saint Tropez Italien ! La soirée se termine dans un grand bar à ciel ouvert. Autour de nous, un défilé de « minettes » hyper maquillées, aux talons démesurés et aux robes, on l’imagine, hors de prix ! On fait un peu « cheap » en sandales et t-shirt de sport…

11 juillet : Desenzano → Villafranca di Verona

Sentiments un peu contrastés au moment de quitter Desenzano. Un superbe endroit dans un cadre magnifique mais réservé aux seuls plaisirs d’une minorité richissime.

Après quelques kilomètres le long de la côte privatisée, nous rejoignons une jolie piste cyclable le long de la rivière Mincio bleue turquoise et qui sort du lac de Garde. Nous suivrons cette agréable voie verte jusqu’à la ville médiévale de Valeggio Sul Mincio. Remplie de touristes l’oeil rivé dans leur appareil photo ou leur smartphone, nous la quitterons rapidement en suivant les petits panneaux marrons d’une piste cyclable….farceuse ! Sauf que quand il fait très chaud et que la blague nous fait tourner en rond sur une route nationale, c’est tout de suite beaucoup moins drôle.

Nous divaguerons ensuite entre pêchers, « kiwitiers » et mandariniers jusqu’à Villafranca, sur une bien meilleure route.

Le soir venu, nous nous enfonçons dans un petit chemin qui nous mène sur une propriété agricole. Quelqu’un est en train de jardiner dans un potager. Nous lui demandons en « Franglitalien » s’il est possible de poser la tente ici, le fameux « posiamo metere la tenda qui per piacere ? ».
Après quelques minutes d’attente pour avoir l’accord du propriétaire, nous sommes autorisés à passer la nuit ici. Il nous donne de l’eau fraîche et des pêches !
Nous nous installons et commençons à nous préparer à manger. Les enfants reviennent nous voir pour nous offrir des œufs frais juste avant que les voisins viennent nous saluer et nous offrir des tomates très fraîches ! Notre repas devient un banquet !

Plus tard dans la soirée, nous aiderons les deux bambins à monter leur tente : visiblement, ils veulent nous imiter !

12 juillet : Villafranca di Verona → Gazzolo

Nous partons tôt le matin après avoir laissé un petit mot et quelques graines de melon à nos hôtes d’un soir pour les remercier.

Nous comptons atteindre ce soir Gazzolo où Cristian, de Warmshower, nous hébergera. Nous empruntons d’agréables petites routes de campagne au milieu des vergers. Nous faisons pas mal de détour mais au moins, nous ne sommes pas au contact de la circulation.

Nous trouvons une voie réservée au vélos le long de l’Adige, une belle rivière qui descend directement des Alpes, que nous suivrons une bonne partie de la journée.

Nous arrivons à Gazzolo en fin de journée et passons une très bonne soirée en compagnie de Cristian, son ami Ricardo et son chien Pepa ! Cristian nous a concocté un super diner et nous sert de bonnes bières et un vin pétillant, de type champagne local !
Les deux amis sont déjà partis plusieurs fois à vélo en Europe et nous passons une bonne partie de la soirée à parler voyage à vélo, mais également agriculture biologique, semences, projet Lyon -Turin et TTIP!

13 juillet : Visite de Verona

Cristian accepte que nous restions une nuit de plus et nous conduit à la gare pour que nous puissions nous rendre à Verona sans nos vélos. En effet nous devons y récupérer un courrier alors nous en profiterons pour visiter a ville mythique de Roméo et Giulietta : exactement notre genre!

A 8h15 pétante, nous sommes à Verona. Nous profitons de la matinée et du peu de monde dans la ville pour y faire un petit tour touristique : les arènes, vieilles de 2000 ans, les églises, plus grandioses les unes que les autres, et le fameux balcon de « Giulietta ». La statue en bronze de la jeune femme est un véritable aimant à touristes. Tous se prennent en photo avec une main sur son sein droit…

Ensuite, nous nous rendons au bureau de poste où l’on nous dit que le courrier n’est pas encore arrivé et que ça peut prendre jusqu’à 10 jours entre la France et l’Italie… ok… Nous allons devoir changer nos plans et rester quelques jours de plus dans le coin.

Un peu dépités car nous pensions rejoindre la mer et la fraîcheur assez rapidement, nous reprenons le train pour rentrer à Gazzolo. Cristian nous propose d’aller manger une pizza (deuxième de la journée) avec son amie, Silvia, à quelques kilomètres.

Sur la route nous nous arrêtons à NaturaSi, un magasin bio sur le point de fermer pour tenter d’obtenir des contacts de producteurs bio ou d’associations. La responsable n’en a pas mais promet de rappeler Cristian dans la soirée…
Sur les hauteurs de Soave, nous passons un très bon moment avec une belle vue sur la plaine et un Limoncello en guise de digestif !

En rentrant, à l’aide de nos hôtes, nous changeons nos plans et décidons d’aller, le lendemain, à la rencontre d’une exploitation agricole biologique tenue par un français, « Organic Forest », située non loin de Gazzolo.

14 juillet : Gazzolo → Lonigo

Après avoir passé deux soirées en compagnie de Cristian et Silvia, nous partons en début de matinée et mettons le cap vers Lonigo, non loin de San Bonifacio pour tenter de trouver l’azienda (exploitation agricole) « Organic Forest », tenue par un français. Sur la route, nous traverserons une petite ville du nom de Madonna qui s’affiche « Ville sans OGM ». Les OGM seraient-ils par conséquent autorisés en Italie… ?

Une fois à Lonigo, nous nous faisons indiquer le chemin de l’exploitation par deux personnes qui connaissent « le français qui fait du bio ». Il commence à faire très chaud et nous devons nous diriger vers les collines « Monte Berici ».

La montée de quelques kilomètres n’est pas très longue comparée au Mont Cenis, mais la chaleur est étouffante. C’est avec soulagement que nous atteignons l’azienda mais le propriétaire est absent pour la journée. Nous laissons tout de même nos coordonnées aux ouvriers au cas ou il pourrait nous recevoir plus tard dans la semaine.

Nous redescendons donc à Lonigo où nous passons l’après-midi à l’ombre des arcades de la ville.

La fin de journée nous réservera un scenario pour le moins inattendu…

Fin du 4 juillet jusqu’au 7 : chaleur&moustiques VS gentillesse des italiens

Juste après avoir posté le dernier article à Casale, nous rencontrons une dame sur une place de la ville où se tient un rassemblement de soutien au gouvernement Grec (à quelques jours du référendum). Après quelques échanges sur notre voyage elle demande à une de ses amies si elle peut nous laisser prendre une douche chez elle : 10 minutes plus tard, nous voilà sous une douche fraîche.

Nous reprenons ensuite la route pour trouver un endroit pour la nuit. Il est déjà tard, 20h30, il fait toujours aussi chaud et il y a des rizières à perte de vue ; autant dire que ce n’est pas gagné.
Nous tombons finalement au soleil couchant sur « la fête de l’agriculture » dans un village à quelques kilomètres de Casale.
Nous demandons en italien « dove posiamo metere la tenda per favor ? » (où peut-on poser la tente s’il vous plaît?). Eh oui, notre italien s’améliore de jour en jour !

On nous indique un champ un peu plus loin et on nous invite même à la fête mais épuisés de la journée nous déclinons pour aller directement installer le bivouac. Cette fête est en l’honneur des derniers jours de moissons difficiles pour les agriculteurs. On nous prévient que vers 1h du matin il y aura beaucoup de bruit car ils vont essayer leurs nouvelles machines dans un champ à côté.
Nous mangeons très rapidement en mode « Elisabeth&Rémy VS Moustiques » ; les moustiques gagnent la partie et nous poussent à nous abriter dans la tente dans laquelle il règne une chaleur lourde… Tutti va bene !

5 juillet : Casale Monferatto → Pavia

Après une nuit (encore) difficile nous partons avec pour objectif de rejoindre Pavia, à 70km car nous avons trouvé un couchsurfing pour le soir. La promesse d’une bonne nuit, d’une douche et de conversations en anglais plus profondes et détaillées qu’en italien.

Nous pédalons rapidement (18-19km/h de moyenne) toute la matinée pour avancer un maximum avant les heures les plus chaudes. Les paysages sont pour le moins monotones : rizières ou champs de maïs à perte de vue, la nature sauvage qui pourrait nous procurer un peu d’ombre et de fraîcheur ne semble plus avoir sa place ici !

Nous nous arrêtons à Dorno où nous trouvons un bar CLI-MA-TI-SÉ ! 39°C dehors, 22°C dedans !

Nous y passons l’après-midi, avant de faire les 20km derniers kilomètres qui nous séparent de Pavia.

Nous nous arrêtons dans un Décathlon (il y a beaucoup d’enseignes françaises en Italie) pour acheter une moustiquaire. Décathlon est d’ailleurs ouvert le dimanche après midi, climatisé et plein de monde ! Nous entrons ensuite dans le joli centre ville de Pavia. Un rapide petit tour touristique puis nous nous dirigeons vers le « Castello de Visconteo » où nous avons RDV avec notre hôte, Paolo, tard dans la soirée.

Pour patienter, nous assistons à la fête du Parti Democratico aux couleurs rouge et vert (nous apprendrons par la suite qu’il s’agit en fait du parti socialiste italien). Un concert suit les discours et on nous offre une glace parce que nous sommes….français !

Notre hôte arrive ensuite nous l’accompagnons jusqu’à chez lui. Il habite un très beau petit immeuble typique, avec une cour intérieure remplie de plantes vertes.
Après la douche nous passons une nuit chaude (32°C au moment de nous coucher) mais reposante. Merci Paolo !

6 juillet : Pavia → Salerano Sul Lambro

La nuit dans le petit studio de Paolo a dû être la plus chaude depuis notre départ : 32°C au coucher, 30°C au réveil…

Mis à part la température, nous remercions encore un fois Paolo pour son accueil, sa gentillesse et ses « piadina » du petit déjeuné (galettes typiques de sa région d’origine (Rimini))!

Nous décollons donc tard de Pavia, vers 9h30, et prenons la décision de mettre le cap vers les lacs au nord : Lago d’Iseo ou/et Lago di Garda.

Nous essayons d’éviter les grands axes car la circulation est très dense en Italie, mais malgré ce que nous pensions, les italiens, en voiture, se comportent plutôt bien vis à vis de nous… pour le moment !

Les petites routes nous rassurent mais ressemblent parfois à de véritables labyrinthes aux directions incertaines. Notre carte nous aide bien mais tous les petits villages et toutes les petites routes n’y figurent pas. Il va falloir qu’on s’y habitue car il s’agit là de l’une des cartes les plus précises que nous ayons pour notre voyage (Carte Michelin d’Italie du nord Ouest, au 1/400 00ème).

La journée se déroule comme les précédentes, on roule jusqu’à la pause du midi, puis on trouve un bar climatisé pour passer les heures chaudes.

Le soir venu, on reprend la route jusqu’à Salerano Sul Lambro, à quelques kilomètres de Lodi. Nous cherchons de quoi manger mais l’épicerie vient de fermer… Qu’à cela ne tienne, la gérante encore présente à proximité nous propose de rouvrir pour nous ! Grazie ! Ce sera pâtes à la sauce tomate avec du basilic frais offert !
Il nous faut maintenant trouver un endroit pour dormir. On s’adresse alors à des gens installés sur la terrasse d’un bar du village. L’un d’eux, Alessandro, parle anglais. Lui et ses amis se démènent alors pour nous trouver un endroit pour la nuit. Après s’être fait offrir une bière, nous finirons par camper derrière l’église du village, avec l’accord du prêtre qui viendra nous saluer, nous offrir des jus de fruit frais et nous ouvrir l’accès à la salle paroissiale et aux sanitaires. Nous n’imaginions pas que nous recevrions tant d’aide dès maintenant ! La gentillesse et la disponibilité des italiens contre-balance bien la météo étouffante et les moustiques agressifs ! Que viva Italia !

Nous dormirons à la belle étoile (enfin sous la moustiquaire…) sous la surveillance d’un couple de cigognes !

7 juillet Salerano → Lac d’ Iseo

Nous partons de très bonne heure pour profiter un peu de la fraicheur matinale. A 9h nous avions déjà fait 40kms ! L’air frais nous fait le plus grand bien ! Nous décidons de mettre le cap vers les lacs du nord en espérant y trouver une atmosphère plus respirable. Pendant nos heures de pédalage, nous rencontrons un cycliste italien qui a fait le tour de Madagascar à vélo. Nous le recroisons un peu plus tard et pédalons quelques kilomètres avec lui, il se trouve qu’il est également photographe ! Mais cela n’a pas l’air facile dans les environs…

Nous arrivons vers midi à Romano di Lombardia où nous restons jusque 17h dans un bar climatisé. La fraicheur nous redonne de l’énergie et nous décidons de rallier le lac d’Iseo le soir même : c’est à dire ajouter 30km aux 60 déjà effectués!

Pour notre plus grand bonheur, plus nous nous rapprochons du lac, plus les températures deviennent supportables. Et après plus de 90kms, notre plus longue étape à ce jour, nous atteignons le lac. Nous nous installons dans le premier camping de notre voyage. Le gérant nous demande tout d’abord 27euros pour que l’on puisse poser la tente. Nous commençons à refuser et à dire que nous ne pouvons pas. Il nous propose alors deux fois moins cher si nous partons le lendemain matin. Nous acceptons, surpris de son offre. Les vélos à peine « garés », nous nous changeons et nous jetons dans l’eau ! La récompense est à la hauteur des efforts fournis pour faire les 94km !

Rafraichis, nous passons une nuit bien plus douce et reposante que les précédentes.

Du 1er jullet au 4 : Italia, Molto Caldo !

Après un bivouac à Termignon, aux portes du Parc de la Vanoise, l’heure était venue de s’attaquer au Mont Cenis. Levés à l’aube en prévision de la chaleur annoncée, nous partons affronter les mille mètres de dénivelé qui nous attendent. La montée est longue, 10 kms au total. Les sapins nous protègent du soleil, nous montons lentement mais surement. Après 2h30 de montée, il ne nous reste que quelques kilomètres avant l’arrivée. Un vent fort et froid descend de la montagne. Il nous rafraîchit dans un premier temps et très vite nous freine et nous glace. Nous mettons nos vestes d’hiver et pédalons contre le vent de face pour le dernier kilomètre.

Puis enfin le sommet à 2083 m ! La vue tant attendue n’est pas au rdv. Nuages et brouillard nous cachent le lac et les sommets alentours.

La bière que nous avions prévu de nous offrir se transforme en chocolat chaud. Nous pique niquons face au lac puis décidons de repartir alors que nous comptions bivouaquer ici. Le temps froid et maussade nous pousse vers la descente : direction la frontière Italienne !
La descente est bien plus impressionnante que la montée. De grands lacets nous font perdre rapidement de l’altitude.
Sur les conseils de Benoit (de la Vélobricolade) nous bifurquons en pleine descente vers Moncenisio, un petit village perdu au beau milieu de la montagne !

Pour fêter notre premier col et notre passage en Italie, nous dinons dans un petit restaurant où nous sommes les seuls clients. Nos premiers pas en italien sont pour le moins hésitants…

Repus, nous bivouaquons sur les hauteurs du village, avec l’accord des habitants.

Le 2 juillet :

Nous descendons de Moncenisio, direction Novalesa, puis Susa. La descente est vertigineuse à tel point que nous nous arrêtons pour laisser refroidir les jantes !

Nous ne pédalons pour ainsi dire pas du tout jusqu’à Susa o`nous nous ravitaillons : pain, légumes, fruits…

Un coup d’oeil sur la carte et nous repartons vers Turin. La route est maintenant plus plate, il nous faut pédaler et on sent bien que le col d’hier a laissé des traces !

Vers 11h, la chaleur devient pesante, nous nous arrêtons donc au bord d’un torrent pour manger, faire la lessive et prendre une douche. Nous construisons un abri de fortune à l’aide de notre couverture de survie en espérant nous protéger du soleil… C’est peine perdue, il fait vraiment trop chaud ! Nous passons le reste de notre pause les pieds dans l’eau fraiche du torrent.

Nous reprenons ensuite la route, non sans mal, dans l’optique d’atteindre Avigliana et ses deux lacs pour y passer la nuit.

Après plusieurs kilomètres sous un soleil écrasant, nous arrivons au bord du « lac piccolo ». Magnifique endroit, les montagnes surplombent le lac, nous admirons ces derniers reliefs.

L’eau du lac nous rafraichit. Il devrait y en avoir des comme ça tous les soirs !

Nous posons la tente pas très loin. Pendant la nuit, nous voyons des lucioles voler tout autour de la tente !

Le 3 juillet

Direction Turin ! Nous entrons vite dans la proche banlieue, grandes maisons et belles voitures. Nous voyons la ville au loin, pensons trouver une ville ressemblante à Chambéry. Tout faux !

Le boulevard Corso Francia long de 10 kms nous amène dans le centre, avec des feux tous les 100 mètres. Nous tentons de visiter le centre ville, la chaleur et les voitures nous refroidissent vite, façon de parler. Après avoir trouvé une petit magasin de « frutti e verdura » nous pique niquons dans un parc le long du Po à la sortie de la ville.

Notre repas terminé, une dame à vélo nous accoste et nous demande d’où nous venons. La discussion se faisant (en français!), elle nous invite à venir prendre une douche. Nous acceptons volontiers, et nous voilà chez elle. Elle nous cuisine un très bon plat de pâtes et nous passons le début d’après-midi à discuter de voyage, de nous et d’elle. Elle s’appelle Héléna et vit avec deux jeunes d’origine afghane. Tous deux sont impressionnés par notre voyage alors que le leur fût bien plus périlleux…

Après beaucoup de « Gracie mille », nous repartons de chez Héléna , le ventre plein, propres et le sourire aux lèvres !

Grâce aux cartes qu’Héléna nous a offert (Le Po à vélo), nous évitons les grands axes et trouvons un endroit pour passer la nuit… Une nuit empreinte d’une chaleur lourde que l’orage fera quelque peu retomber.

Le 4 juillet :

Objectif : pédaler jusqu’à Casale car finalement, quand il fait si chaud, rouler nous donne une sensation de fraicheur.

Nous naviguons donc entre champs de maïs et rizières sous un soleil de plomb. Le paysage le long du Pô est plutôt monotone. Les villages dans lesquels nous passons semblent vident de vie et même les tracteurs ne servent qu’à pomper l’eau du fleuve pour irriguer les cultures de riz.

Après de nombreux kilomètres sur des chemins caillouteux nous arrivons à Casale d’où nous écrivons.
La villes est très jolie mais la température ne descend pas. Nous allons reprendre les vélos pour faire encore quelques kilomètres et planter la tente.