L’Istrie et l’île de Cres ou les “montagnes croates”!

Du 23 au 25 juillet : Marcon → Opicina (Trieste)

150731--cres002Nous quittons la Fattoria di Rosmarino après une photo souvenir avec Cristina et Pier Giorgio.

L’objectif est d’atteindre Trieste, où nous hébergera Nino de Warmshower, trois jours plus tard.

Sur la carte il y a environ 150km. Nous en ferons en réalité 213, car nous passerons notre temps à zigzaguer pour éviter autoroutes et routes nationales. Malgré des températures beaucoup plus clémentes, ce sera un jeu de pistes épuisant dans des paysages très monotones : champs de maïs et de haricots, canaux d’irrigation, villages désertiques, forêts artificielles « au garde-à-vous »…

Nous nous arrêterons le premier soir en bord de mer, entre deux stations balnéaires. Nous nous rappellerons de ce bivouac entre musique à fond dans les campings alentours, orages et… arrosage automatique à 23h30… Branle-bas de combat ! Il faut bouger la tente et les vélos de place et stopper les jets d’eau avec… nos gourdes (bel instinct de survie d’Elisabeth!).

Après une dernière étape de 83km, nous arrivons bien fatigués à Opicina, dans la banlieue de Trieste, chez Jennyfer et Nino, un couple americano-sicilien. Ils nous accueillent pour la nuit et nous laissent à disposition un petit studio indépendant de la maison avec chambre et salle de bain : la classe !
Ils nous invitent à diner et nous passons la soirée à parler voyage, Slovénie et Croatie en buvant de la bonne bière slovène.
La fraîcheur de la nuit est très agréable et reposante, nous en avions besoin. Dehors, c’est le déluge ! Aurions-nous une bonne étoile… ?

26 juillet : Opicina → Svito Anton (Slovénie)

Après une bonne nuit de sommeil, nous prenons notre temps et laissons passer une grosse averse avant de partir.

Nous sommes impatients à l’idée de changer de pays et de passer en Slovénie d’autant que les orages ont fait chuter sérieusement la température. Grande première, ce sera veste et pantalon pour Elisabeth.

Après quelques kilomètres d’une bonne grimpette, nous découvrons une splendide vue sur le golfe de Trieste. Nous imaginons la frontière slovène face à nous. C’est avec joie que nous découvrons de nouveaux paysages, vallonnés, boisés et en bord de mer. La monotonie de l’Italie du nord semble laisser place à des contrées plus attrayantes. Nous verrons ce qu’en diront nos mollets…

150731--cres029Nous flânons un bon moment dans Trieste qui nous plaît vraiment. Est-ce grâce à la fraicheur ambiante … ? Toujours est-il que nous ne nous attendions pas à trouver une telle ville ici. De larges rues aux immeubles (presque) Haussmanniens. Une jolie place principale donnant sur la mer. Un petit coup de cœur.

Nous reprenons ensuite la route et manquons de nous retrouver sur une voie rapide, dans un tunnel… Merci les indications italiennes !

150731--cres035Nous retrouvons finalement la route cotière qui nous mène directement en Slovénie. Nouveau pays, nouvelle langue et en guise d’accueil, 10 kilomètres de montée avant de trouver un endroit pour bivouaquer en lisière de forêt, avec vue sur la mer.

27 juillet : Svito Anton → Motovun (Croatie)

150731--cres039Nous attaquons cette journée par une côte à 15%, rien que ça ! Le ciel est très menaçant et devient de plus en plus noir. Pensant que nous allons prendre la première « douche » du voyage nous enfilons les affaires de pluie mais bizarrement ce nuage nous passera à côté. Mais c’était sans compter sur le suivant qui nous trempera jusqu’aux os ! C’est ce que nous retiendrons de la Slovénie : un pays qui monte très fort et où il pleut, fort aussi ! Un peu minimaliste certes, d’autant que les paysages sont magnifiques, à tel point que nous avons hésité à nous aventurer un peu plus dans les terres.150731--cres059

Mais nous franchissons la frontière Croate et subissons notre premier contrôle des passeports.

Premier changement de devises ; nous passons au Kuna. 1 euro équivaut à 7,5Kn. Autant dire que nous avons l’impression de repasser au franc ! Les prix dans les magasins nous semblent surréalistes alors qu’ils sont globalement inférieurs aux prix italiens.

Nous passons la journée à pédaler entre montagnes boisées et villages perchés à plusieurs centaines de mètres. Paysages de cartes postales très typiques.

28 juillet : Motovun → petite église au milieu de nulle part

150731--cres064Nous prenons la route tôt, toujours entre descentes et montées…

Une longue pause dans la ville de Pazin nous fait découvrir la fameuse « Barrière de la langue » ! Un passage au supermarché et un café nous montrent bien à quel point le voyage va maintenant être différent. Fini le temps où l’on comprenait à peu près ce que disaient les italiens. Nous ne comprenons absolument rien à la langue Croate !

Nous nous fabriquons un petit dictionnaire franco-croate à l’aide d’internet mais encore faudrait-il connaître la prononciation !

Nous reprendrons les vélos en début d’après-midi. Montée, descente, montée… Pas facile ! Les superbes paysages sont heureusement là pour nous récompenser à chaque nouvel effort.

Suite à une « erreur de navigation » nous faisons un beau détour mais qui nous fera finalement trouver un joli spot de bivouac, nous loin d’une toute petite église et avec une fontaine à disposition ! L’abbé, venant célébrer l’eucharistie et fier de parler quelques mots de français, viendra nous parler et nous offrir pommes et prunes.

29 juillet : Vers l’île de Cres

Nous avons une quinzaine de kilomètres à faire pour prendre le ferry qui nous mènera sur l’île de Cres et comme les jours précédents, ça monte !

Nous longeons une « calanque » et découvrons la mer et l’île en arrière plan.

La traversée ne dure que 20 minutes sur une eau d’un bleu profond. Magnifique ! On en chercherait presque les dauphins…
Un cyclo croate, croisé sur le bateau nous prévient « Cres ça monte fort et ça descend fort ! ».

150731--cres105Effectivement, à peine débarqué, une montée de 10km nous mène vers les sommets à 600m de l’île. La vue est splendide, la récompense est à la hauteur des efforts fournis.

Nous nous rendons à Cres (la ville) où nous nous baignons dans une eau turquoise (mais bizarrement un peu fraîche). La cité est située dans une baie entre les montagnes. Un décor de carte postale !

Nous bivouaquons le soir, au bord de l’eau.

30 juillet : Cres → Valun

Nous décidons d’avancer un peu sur l’île, sachant qu’il nous faudra revenir sur nos pas pour prendre un nouveau ferry.

20 km de « montagnes russes » entre 10 et 15% nous font arriver à Valun. La dernière descente à 18-20% et la beauté des lieux finissent de nous convaincre de rester ici pour la journée et la nuit. En effet, c’est une voie sans issue, il nous faudra remonter tout ça demain…

150731--cres137La clarté de l’eau nous pousse à investir dans un masque et un tuba pour explorer les bas-fonds marins. Superbe !

Le soir, nous choisissons de dormir à la belle étoile sur une plage, à l’écart du village. Le ciel étoilé nous met en confiance mais c’est sans compter sur l’orage qui éclatera en pleine nuit et nous fera monter la tente à la frontale. Vent, pluie et grosse vague nous font passer une nuit bien agitée…

 

5 commentaires

  1. encore merci pour ces photos et ces magnifiques commentaires dignes d’un très bon roman de voyage…
    j’étais persuadée que la croatie avait la monnaie unique, tant mieux pour eux!!
    claire et moi vous embrassons, et Marilou continue de pédaler dans l’uterus de sa mère…

  2. coucou les aventuriers,

    séquence souvenir : Céline et moi étions restés coincés 5 jours au paradis au bout de Cres, en attendant le ferry pour Zadar qui part qu’une fois par semaine en Avril. Un sympatique couple d’Italiens rencontrés alors que nous cherchions notre route nous avaient hébergés dans le petit village de Veli-Loŝinj (le meilleur Tiramisu de la terre !)

    Mi-Juillet j’ai profité de la marche NO TAV pour rejoindre, à vélo, les opposants aux Lyon-Turin sur la dernière étape et le camp de Venaus. En grimpant le col du Mont Cenis, je me suis dis que j’étais sur les traces d’Elisabeth et Rémy… un mythe !

    Embrassades,
    fifi

    • Elisabeth et Rémy

      Hello Fifi!
      Merci pour ton petit message! On pense aussi à toi sur la route et depuis le passage de la frontière croate, on commence à vraiment comprendre ton attachement pour l’Espéranto!
      Tout se passe bien pour nous même si la chaleur ne nous laisse que peu de répit. Paysages magnifiques, parfois lunaires, parfois paradisiaques.
      On t’embrasse et te charge de passer le bonjour à “Chambéry”.

      A bientôt!

  3. C’est chouette, belles images, ça donne envie 🙂

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