De la Croatie à la Bosnie

Du 9 au 16 août, chez Sabine, Gea Viva à Milna, sur l’île de Brac :

Nous sommes restés une semaine à Milna, sur l’île de Brac, chez Sabine en tant que volontaires. Sabine est d’origine allemande et s’est installée sur les hauteurs de la petite ville balnéaire de Milna il y a quelques années pour lancer son projet de permaculture et d’ »écocamp » qu’elle a appelé Gea Viva. 150820-trebinje052C’est dans des collines où l’on ne trouve que des oliviers et des pierres que Sabine a élu domicile. Elle y a construit, avec l’aide de bénévoles, un auditorium en pierre, à ciel ouvert. Le lieu est destiné à recevoir des conférences, rencontres, concerts etc.
Pas d’électricité, pas d’eau courante, une tente en guise de cuisine, une douche à la poche à eau et une cabane pour les toilettes sèches. Un âne nommé Babou et une chienne, Pia. Le décor est planté et notre tente aussi, sous un olivier.Au cours de ces sept jours, nous l’avons aidée durant les matinées (entre 6h30 et 10h30, avant la chaleur) et avons pu profiter des après-midi pour découvrir les différentes baies et plages autour de Milna.Notre travail a consisté en l’édification de murets en pierre pour façonner l’entrée du site.

 

150820-trebinje021A priori pas très enthousiasmant (Rémy dit même qu’il ne passera pas la semaine à bouger des cailloux…), mais peu à peu, nous avons pris goût à ce jeu de construction. Les pierres, c’est vite addictif ! Trouver LA pierre de TELLE forme, qui ira à CETTE place… On peut dire que nous avons apporté notre pierre à cet édifice !

Pour la première fois depuis notre départ, nous profitons de la vie sédentaire pendant une semaine. Avec néanmoins le même type de confort qu’en voyage : peu d’eau, douche restreinte, nourriture et eau qui chauffent l’après-midi, pas d’électricité… Mais nous apprécions fortement la cuisine extérieure : nous pouvons vraiment cuisiner !

Samedi, le dernier jour, Sabine nous emmène à bord de son voilier faire une sortie le long de la côte. Bien qu’il n’y avait pas assez de vent pour utiliser les voiles, nous avons apprécié changer de moyen de transport et la pause baignade dans une baie très peu fréquentée.

Un article sur Gea Viva viendra prochainement dans la page «  Prends en d’la graine ». En attendant, nous remercions encore une fois Sabine pour son accueil et sa disponibilité et lui souhaitons le meilleur pour la suite de son projet.C’est émus de quitter Sabine et cet endroit que nous reprenons la route le dimanche 17 août, malgré un ciel très menaçant.150820-trebinje173

Les températures sont plus basses, ce qui n’est pas pour nous déplaire, car, au programme de la journée, 850m de dénivelé pour traverser l’île de Brac jusque Sumartin. Les pentes restent relativement douces et nous roulons sur des routes désertes.
Comme nous l’avions déjà remarqué autour de Milna, les montagnes sont parsemées d’innombrables tas de pierres et de murets. Un travail titanesque réalisé par « les anciens ». Une légende sur l’île dit qu’il y a plus de pierres ici que dans toute la muraille de Chine ! On les a compté, on ira vérifier !
Nous terminerons cette journée en descente et… sous la pluie ! Nous tenterons à plusieurs reprises de trouver un endroit abrité pour la nuit en demandant aux gens ; mais nous finirons par poser la tente à la frontale dans un chemin et sous l’orage…

150820-trebinje182Après une nuit agitée et très humide, nous allons vers l’embarcadère de Sumartin pour rejoindre le continent. Nous avons deux heures devant nous et ça tombe bien car on constate que plusieurs de nos sacoches ont pris l’eau… Séance séchage en pleine rue : vêtements, sac de couchage, nourriture…

Après près de deux mois de voyage, on se rend compte que c’est la première fois qu’il pleut vraiment et que nous en ressentons les effets ! Le 15 août est passé, l’été serait-il en train de nous quitter… ?

Humide et groggy par notre mésaventure, nous prenons notre dernier ferry croate jusque Markaska.

Plusieurs dizaines de kilomètres de route côtière et touristique nous attendent car des montagnes à plus de 1000m se jettent directement dans la mer et ne laisse de la place qu’à une route et quelques petites stations balnéaires. Bien que très vallonnée, la route est plutôt agréable, sans trop de circulation et avec de nombreux points de vue sur la mer et les îles alentours.

Le lundi soir, nous trouvons un spot de bivouac magique. Oliviers en terrasses à flanc de montagne, avec vue sur la mer et, le détail qui fait la différence, un figuier à disposition ! Nous y passons une très bonne soirée et une nuit fraîche et reposante.150820-trebinje196

La route côtière bifurque pendant quelques kilomètres vers les montagnes puis nous mène jusque Ploce, une ville sur le delta du fleuve Neretva. En quelques minutes, nous passons des petites villes touristiques côtières à une ville industrielle, aux barres d’immeubles en béton brut et très abîmées. Ce contraste saisissant nous pose question. Serait-ce une ville qui ne bénéficie pas du tourisme ? Serait-ce des traces de la guerre passée ? Sentiments étranges. On se demande si l’intérieur de la Croatie ressemble à Ploce… ?

Nous décidons de ne pas aller à Dubrovnik et de nous diriger vers la Bosnie. Nous éviterons ainsi la grande route côtière et touristique. Nous sommes aussi curieux de découvrir un nouveau pays et peut être rencontrerons-nous plus de locaux ?

Nous passons la frontière dans l’après midi en faisant sourire le douanier qui, pensant que nous avions des motos, nous demandait notre carte d’assurance… Quelques kilomètres après, nous cherchons de l’eau. Un bosniaque et son fils nous offrent de l’eau minérale et de quoi nous doucher. Nous mélangeons allemand et anglais pour discuter, et apprenons qu’en Bosnie la langue est la même qu’en Croatie. Facile ! Dobar dan ! Hvala !

Les maisons sont petites mais avec de grands jardins potagers, des serres et parfois des moutons et des chèvres.
Nous passons la nuit dans un champ près du lac Hutovo Blato. Alors que nous rangions la tente, le lendemain matin vers 6h, nous apercevons deux enfants emmener un troupeau de moutons, cochons et vaches dans un champ le long du lac. Ils nous interpellent d’un joyeux « Hello ! ». On sent ici une réelle différence avec les gens croisés en Croatie, ne serait-ce que par les sourires qu’on nous adresse désormais.

Nous prenons la direction de Trebinje, à deux jours de vélo d’ici. Un col nous attend, très peu de villages et nous longeons de hautes montagnes. Pendant 10km nous montons en passant de 6% à 15% sans comprendre pourquoi ni comment ! Les récompenses sont 150820-trebinje221encore une fois à la hauteurs de nos efforts et nous découvrons de beaux paysages vides de toute construction humaine.

Nous contournons, à flanc de falaise, pendant une bonne partie de la journée une vaste plaine au pied de montagnes de plus de 1 000m d’altitude. Superbe décor !

Les villages que nous traversons sont très petits et semblent déserts. Beaucoup sont même abandonnés et en ruines. Seraient-ce des traces de la guerre des années 1990…? La suite de la route nous confortera dans cette idée par les blockhaus et les panneaux avertissants la présence éventuelle de mines…

Le lendemain, la route jusque Trebinje est plate. Nous arrivons dans le centre ville et sommes surpris de trouver une telle effervescence après plusieurs dizaines de kilomètres presque sans âmes qui vivent.
C’est depuis le Polako Hostel, une auberge de jeunesse qui fait également Warmshower, que nous écrivons. Nous allons pouvoir visiter la ville, prendre une bonne douche et passer une bonne nuit, à l’abri de l’orage qui s’annonce ! D’autant que cela fait 24 jours que nous n’avons pas dormi dans un vrai lit et 10 jours que nous n’avons pas pris de vraie douche chaude !

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