Problèmes administratifs, changements de plans et remise en question

To flight or not to flight…

To Flight or not to flight

To Flight or not to flight

L’un des piliers de notre voyage était de ne pas prendre d’avion. Aujourd’hui, pour plusieurs raisons, nous avons été amené à reconsidérer la chose, car notre demande de visa turkmène n’a pas abouti. Nous étions bloqués à Mashhad en Iran, aux portes du Turkménistan, sans autre solution réaliste que de voler jusqu’au Kazakhstan.

Je (Rémy) profite de cette occasion pour faire part de mon point de vue au sujet de ce moyen de transport.
Et je dois l’avouer, j’ai une certaine fascination pour ces appareils. Lorsque l’un d’eux me survole ou lorsque je passe à proximité d’un aéroport, je ne peux m’empêcher de les regarder et d’imaginer d’où ils viennent et où ils vont.
Et en même temps, ils me déplaisent tant par ce qu’ils représentent. La société du toujours plus vite, plus loin et plus souvent.

L’avion est donc pour moi un moyen de transport formidable. Cependant, comme bien d’autres inventions humaines, il est utilisé dans la démesure, sans le moindre début de réflexion sur les conséquences de son abus. Il est présenté comme un outil de liberté. La liberté de se déplacer rapidement, loin et souvent, à des prix de plus en plus dérisoires au regard de la quantité astronomique de carburant qu’il consomme. Liberté pour qui ? Pour les quelques pourcents de la population qui peuvent se le permettre.
Cette liberté n’est donc pas accessible pour une grande partie des femmes et des hommes qui vivent sur cette planète, ne serait-ce que pour une question de richesse. Et même si tout le monde avait les moyens de se payer des voyages en avion, le climat ne le supporterait pas. Je pense qu’aujourd’hui, il est important que chacun se pose la question de la pertinence de prendre l’avion pour ses vacances ou pour gagner quelques heures. Tout comme la pertinence de prendre la voiture, mais ce n’est pas le sujet…

Quand on ne fait plus de vélo, on perd les pédales !

Arrivée à l'aéroport d'Aktau, Kazakhstan

Arrivée à l’aéroport d’Aktau, Kazakhstan

Nous sommes donc arrivés par les airs à Aktau au Kazakhstan. Nous avons rejoint la superbe ville de Khiva en prenant trains et camions et en roulant un peu à vélo quand même. Bilan de ces transports : casques, ukulélé, compteur et phare du vélo cassés.
A Khiva, des soucis de santé (bienvenue en Ouzbékistan) nous ont contraints de rester quatre jours. Le temps d’admirer chaque carreau en céramique turquoise de la grande tour de la ville, mais surtout le temps pour nos esprits voyageurs de cogiter sur la suite à donner à notre périple.

Depuis trois semaines maintenant, nos esprits comme nos corps sont déboussolés et cherchent leur chemin.
Nous avons brinquebalé nos corps de Teheran à Mashhad pour revenir à Teheran prendre l’avion pour Aktau, puis le train jusqu’à Kungrad et des camions jusque Urgench. Un aller-retour à Khiva à vélo avant de reprendre un train, pour éviter un désert, qui nous ramène à Urgench avant de nous emmener à Navoiy. (voir notre itinéraire)

C'est où la sortie...?

C’est où la sortie…?

Dans nos têtes c’est un peu le même schmilblick, seuls les destinations changent. Où aller ? En Inde, en Chine, au Japon, en Mongolie, en Asie du Sud-Est, en Europe ? Et par quel route ? Par la Russie, par la Chine, le Kazakhstan ? Notre voyage a-t-il toujours un sens si ont choisi telle ou telle option ? Nos esprits sont en ébullition et le font savoir à nos corps. Un sentiment d’errance physique et mentale auquel nous devons mettre un terme si nous voulons continuer de profiter pleinement de notre voyage, aujourd’hui et maintenant.

Nous avons décidé de ne pas reprendre l’avion une seconde fois et donc de ne pas nous rendre en Inde pour le moment. Car en effet, il n’est pas possible actuellement de se rendre en Inde par voie terrestre, du moins par l’ouest. Il est impossible d’entrée au Pakistan et d’emprunter la mythique Karakoram Highway et la frontière entre la Chine et le Népal est fermée.

Pour entrer en Chine, comme le font la majorité des cyclos, il nous aurait fallu demander le visa à Teheran. A Bishkek (Kirgizistan) comme à Almaty (Kazakhstan), l’obtention semble quasiment impossible.

Après mûres réflexions et concertations, nous avons décidé de continuer notre voyage, mais d’en changer l’itinéraire. Nous avons étudié une route qui nous verrait traverser le Kazakhstan du sud au nord, prendre le Transsibérien de Omsk jusque Vladivostok en Russie. Ensuite, un ferry nous emmènerait jusqu’en Corée (du Sud !) puis au Japon.
new_road
Cela faisait plusieurs mois que nous évoquions le Japon comme possible prolongation du voyage alors allons-y ! En allant vers ces contrées d’extrême Orient, nous espérons aussi retrouver des réseaux de protecteurs de semences, d’associations environnementales et des mouvements de transition que nous avions quelque peu perdu depuis plusieurs mois.

Nous publierons bien sûr, dans les jours à venir, un récit plus positif sur ce pays plein de surprises qu’est l’Ouzbékistan.

5 commentaires

  1. On vous suit toujours avec beaucoup d’intérêt. Bon courage et bravo pour votre faculté à prendre du recul pour vous adapter.

  2. C est ca le vrai voyage, savoir s adapter, trouver des solutions et accueillr les difficultes en creant de nouvelles possibilites qui sont d ailleurs infinies…
    Bonne continuation et gardez l esprit fluide pour apprecier ce long voyage. A bientot pour lire la suite…

  3. “L’aventure commence quand s’arrêtent nos certitudes” dit Franck Michel…

    ça vaudrait le coup de tenter le visa Chinois quand vous serez à Dushanbe ou plus probablement à Biskek (vous pouvez rester 2 mois au Kyrgyzstan sans visa !). Il y a beaucoup de cyclos qui passent dans ce coin et je suis sùr que vous obtiendrez le précieux document, le reste c’est des chinoiseries !
    Suggestion après Samarcande : route au Sud par Sharhizabs – Boysun-Denov pour arriver à Dushanbe par l’Ouest (je crois que la frontière au niveau de Panjakent est fermée),
    et après à vous les montagnes….

    Embrassades

  4. Bon courage à vous pour la suite, belle adaptation. Bisous.

  5. L’Inde , ” incredible India ” sera pour une autre fois .
    Formidable ! merci pour vos topos .

    Daniel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *