Changement de rythme, un jour de pédalage, deux jours de pause…

Aujourd’hui, dimanche 20 septembre, c’est jour d’élections en Grèce. En traversant Katerini, nous voyons des centaines de tracts au sol dans toute la ville, aux couleurs du KKE, le parti communiste. Une méthode de campagne électorale depuis longtemps dépassée…

Au programme pour nous, la traversée du massif du Mont Olympe. Environ 1 000m de dénivelé qui commencent par les « 7 virages de l’enfer » : des virages aux pourcentages supérieurs à 15% qui font également peiner les voitures ! La suite est plus douce et plus régulière mais des nuées de moucherons mettent nos nerfs à rude épreuve !

Nous cherchons un endroit pour bivouaquer aux abords du village de Agios Dimitrios. Kostas, un habitant, nous conseille de dormir dans une petite chapelle à proximité. Il reviendra le soir nous apporter des fruits, légumes et barres de chocolat ! Encore une fois, nous remercions notre bonne étoile car le temps vire à l’orage, et nous allons pouvoir passer la nuit au sec !

Vue sur la plaine depuis le col près du Mt Olympe

Vue sur la plaine depuis le col près du Mt Olympe

Le lendemain matin, l’ambiance est hivernale, à tel point qu’Elisabeth sort doudoune et bonnet ! Une fois le brouillard un peu dissipé, nous reprenons la route pour terminer l’ascension du col. Les percées du soleil au travers des nuages rendent la vue sur la vallée grandiose. Nous apercevons le Mont Olympe mais il reste en grande partie masqué par les nuages. Nous dévalons la pente et en prenons plein les yeux !

Mais une fois en bas, à Elassona, la pluie reprend. Heureusement, nous sommes hébergés chez Yannis (Warmshower) pour la nuit. Nous apprenons que Syriza à remporté les élections législatives malgré une abstention record de 45%. Habituellement 10 ou 15%… Ce que nous ressentions depuis notre arrivée en Grèce s’avère exacte. L’espoir suscité par Syriza lors de la première victoire de Tzipras, a fini de dégouter beaucoup de grecs du monde politique.

Nous restons deux nuits chez Yannis et sa famille et sommes encore une fois reçus comme des rois ! En Grèce, nous dit-on, les invités sont LES INVITÉS !

Après un bon nettoyage des transmissions de nos vélos, nous reprenons la route vers les Météores, un site remarquable de Grèce, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Et pour ce faire, nous devons franchir un petit col à 1 000m mais la montée s’avère longue et monotone avec de grandes lignes droites qui nous semblent interminables ! A quelques kilomètres de la fin de l’ascension, la pluie se met à tomber.

Station essence de Sakis

Bivouac à l’abri de la station essence de Sakis

Nous trouvons refuge sous une station service, où Sakis, le gérant, nous invite immédiatement à prendre un café frappé. S’en suivront dégustation de miel, visite de ses ruches et de son potager, repas avec toute la famille et nuit sous la tente, à l’abri de la station service. Sakis nous offre également le petit déjeuner au petit matin et nous continuons à discuter. Lui nous parle de sa famille, de son amour pour sa région et nous lui parlons de la France et de notre voyage. Nous le remercions encore une fois pour ces bons moments même si, en Grèce, il ne faut pas remercier ; lorsqu’on reçoit des gens, c’est comme ça !

La lumière du petit matin est superbe et nous filons maintenant vers le site des Météores par une longue descente de 30 km.

Une fois arrivés, nous choisissons de prendre un camping pour pouvoir y laisser les sacoches et nous montons voir de plus près ces curieux pitons rocheux. Malgré les 400m de dénivelé, la montée avec nos vélos  « ultra-légers » nous semble être un jeu d’enfants !

Panorama des Météores

Panorama des Météores

Nous déambulons au milieu de ces rochers géants où, sur certains d’entre eux, ont été bâti des monastères orthodoxes il y a de ça plusieurs siècles. C’est impressionnant de les voir ainsi accrochés aux falaises, certains semblent en équilibre au dessus du vide.
De retour au camping, nous faisons la connaissance de Pete et Maya, un couple anglo-slovaque, partis pour l’Afrique du Sud à vélo (www.webikeafrica.com) et de Stephan, un suisse parti, lui, pour 7 ans autour du monde (www.kistler-around-the-world.ch) : de quoi nous faire passer pour des petits joueurs !
Nous passons la soirée à parler voyage et à partager nos impressions sur les différents pays traversés.

Vendredi 25 septembre, nous passons la matinée au camping à attendre que la pluie s’arrête puis nous partons vers Trikala où se tient un festival « écolo », durant tout le week-end. Nous devons, entre autre, y rencontrer Panagiotis Sainatoudis, le fondateur de Peliti, l’association protectrice des semences en Grèce. Une fois sur place, nous apprenons qu’il ne sera finalement pas présent…

Malgré la pluie ininterrompue du samedi, nous y restons tout le week-end à aller de stand en stand pour discuter et pour aider à préparer le repas collectif du midi.

Ioannis et sa famille

Ioannis, de Peliti, et sa famille

Nous repartons le dimanche en direction de Larissa où nous devons rencontrer Ioannis, le coordinateur du groupe Peliti local. Encore une fois, nous sommes très chaleureusement reçus et c’est avec joie que nous répondons aux nombreuses questions de ses enfants !
En nous faisant visiter son potager, nous découvrons à quel point il est passionné par ce travail de reproduction des semences. Une activité plutôt nouvelle pour lui qui a découvert Peliti et les enjeux liés aux semences il y a cinq ans.
Nous nous rendons ensuite à Volos, où nous comptons rencontrer les acteurs d’une monnaie locale, un projet d’éco-village et où nous allons faire du WWOOFING. C’est à dire que nous allons rester dans une ferme en permaculture pour aider, en échange du gîte et du couvert.

Nous mettons deux jours pour arriver dans la baie de Volos, en passant par une route monotone et pleine de camions ne voulant pas payer l’autoroute juste à côté – 20 euros pour 60 kms en repousse plus d’un.

Nous bivouaquons le soir dans un petit village, aux abords de l’école fermée, avec l’accord du prêtre. Il nous fait d’ailleurs visiter son Eglise, magnifique, mais démesurément grande au regard des 300 habitants qui peuplent le village…
Hébergés par une institutrice à Volos, nous apprendrons par la suite qu’en Grèce, c’est l’Etat qui rémunère les prêtres, environ 1200€, alors que le salaire minimum est passé à 500€… Ceci est d’autant plus choquant que, dans certains petits villages, l’école a fermé faute de pouvoir payer les professeurs ! Il y a parfois même plusieurs prêtres par village ! Ici, l’Eglise n’est pas séparée de l’Etat et les affaires religieuses dépendent même du ministère… de l’éducation !!! Une chose de plus à laquelle Syriza promettait de mettre fin…

Bref, nous sommes à Volos et continuons d’en apprendre beaucoup sur ce pays très surprenant.

Nous partons maintenant dans la ferme en permaculture faire du wwoofing, un peu plus au sud de Volos.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *