A travers les montagnes pour rejoindre le Péloponnèse

Il est 19h, il fait nuit depuis une bonne heure maintenant. Il fait froid, on a déjà mangé et nous sommes sous la tente. Pas de doute, l’automne qui nous courait après, est bien arrivé.
Nous sommes partis d’Argalesti le mardi 20 octobre et constatons sur la route les premières feuilles rougissantes. Nous n’allons pas très loin puisque nous nous arrêtons de nouveau à Volos pour y découvrir le TEM, la monnaie locale de la ville.

Interview de Christos du TEM de Volos

Interview de Christos du TEM de Volos

Nous avons pu poser quelques questions à Christos, un membre très actif du TEM. Prochainement nous publierons un article à ce sujet.

Au marché du TEM, nous rencontrons par hasard, Stéphane et Maria, un couple franco grec chez qui nous passons deux nuits, entre échange de graines et d’idées, airs de guitare et ballade en bord de mer, entre deux orages.

Nous quittons « enfin » la baie de Volos le samedi 23 octobre, sous un vrai ciel gris d’automne. Il fait 13°C au meilleur de la journée, mais nous sommes tout de même ravis de reprendre la route. Les trois semaines de « pause » nous ont fait le plus grand bien ; seules nos fesses ont du mal à s’y remettre…

En quittant la baie de Volos

En quittant la baie de Volos

Jusqu’à la ville de Lamia nous n’arrêtons pas de monter et descendre du niveau de la mer à quelques centaines de mètres d’altitude. Nous roulons au milieu d’oliveraies dont la récolte commence à peine et qui se révèlent parfaites pour bivouaquer.
Toute la journée du dimanche, des détonations retentissent aux quatre coins des montagnes et nous croisons beaucoup de chasseurs au volant de leur pick-up, leurs chiens aboyant agressivement sans discontinuer. Ils portent tous une casquette ou un gilet orange fluo pour des raisons évidentes de sécurité, mais gardent tout de même leur treillis militaire… pour rester discret… On est un vrai chasseur ou on ne l’est pas !

Notre rythme a donc complètement changé. Désormais on se lève tôt, on ne fait plus qu’une courte pause le midi et fini la sieste de début d’après-midi. Et le soir, c’est maintenant vers 15h30 que nous commençons à chercher un endroit pour la nuit. A 20h, on commence déjà à s’endormir !

Après une très agréable journée sous le soleil, nous passons Lamia sans nous attarder et filons vers Thermopyles, « les portes de la chaleur », où des sources d’eau chaudes nous attendent ! Sensations très surprenantes au moment de rentrer dans cette eau sulfureuse à 30-35°C !

10°C dehors, 40°C dedans!

10°C dehors, 40°C dedans!

Nous n’y restons pas très longtemps, comme il est recommandé, et trouvons un endroit pour bivouaquer à quelques mètres d’une autre source, encore plus chaude, 41°C ! Le lendemain, nous sommes motivés comme rarement nous l’avons été pour nous lever tôt ! A 7h, tout est plié et nous nous jetons dans l’eau qui semble bouillante ! Moins de 10°C à l’extérieur et plus de 40 à l’intérieur ! Trente minutes de relaxation bienvenues avant d’attaquer une journée de vélo qui s’annonce plutôt physique…

Et effectivement, nous passons deux cols en une journée. Les montagnes sont superbes, le soleil est bien revenu mais il ne fait pas trop chaud. Nous avalons environ 1 500m de dénivelé avant de trouver un endroit pour bivouaquer au milieu des oliviers. La vallée entre Amfissa et Delphes en est bondée. Une véritable monoculture.

Le lendemain il nous faut encore grimper 500m pour atteindre Delphes : nous ne nous y attendions pas et les nuages noirs très menaçants ne sont guère encourageants. Nous arrivons finalement en haut secs et sous le ciel bleu revenu.

Vue depuis le théâtre de Delphes

Vue depuis le théâtre de Delphes

Nous prenons un camping à Delphes, le « Apollon Camping », forcément, pour pouvoir aller visiter le site archéologique dédié… au dieu Apollon. Jour de chance pour nous, le 28 octobre est férié en Grèce (ils célèbrent le « Non » de la Grèce à l’occupation du pays par les italiens, lors de la Seconde Guerre Mondiale et donc, leur entrée en guerre), l’entrée sur le site est gratuite pour l’occasion !
Nous déambulons donc au milieu des ruines vieilles de plus de 2 000 ans, à flanc de montagne, dans un décor réellement mythologique ! Nous découvrons entre autres le Temple d’Apollon, le théâtre et le gynmasium avant de nous rendre au musée. Il s’agit sans aucun doute d’un site incontournable de la Grèce !

Le lendemain nous redescendons les 500 mètres gravis la veille. La descente ne nous prend que quelques minutes mais cette fois, le soleil et le ciel bleu sont au rendez-vous et nous offrent un superbe panorama sur la baie d’Itea et le golfe de Corinthe.
Au cours des deux jours suivants, nous longeons la mer à flanc de falaise en montant et descendant sans arrêt. La vue sur les montagnes du Péloponnèse, de l’autre côté du golfe, est impressionnante mais fait déjà frémir nos mollets… L’enceinte d’une église, avec vue sur la mer, nous permet de bivouaquer au calme et à l’écart de la route.

Arrivés à l’embouchure, nous traversons en ferry (gratuit pour les cyclistes) pour rejoindre Patra et le Péloponnèse. Nous y sommes attendu par Eleni, une amie de Nouli (rencontrée à Kastoria), qui nous héberge pour la nuit.
Sa maison a été très endommagée par le tremblement de terre de 2008. Elle la répare pièce par pièce, ce qui en fait un endroit vraiment insolite.

Cueillette des olives, à la main!

Cueillette des olives, à la main!

Nous restons chez elle deux jours de plus et l’aidons dans son potager et à cueillir les olives.
Eleni cultive à un potager collectif avec 7 autres personnes et s’occupe d’un poulailler avec trois autres personnes. Elle fait également parti d’un groupe au sein duquel on s’échange des services et des produits sans utiliser de monnaie. Ce sont des moyens, nous explique-t-elle, de se nourrir sainement, par soi-même et de se tisser des liens avec les gens. Le changement de société dont nous avons urgemment besoin bénéficiera sans nul doute de ce genre d’initiatives !

Nous allons maintenant reprendre la route vers le sud du Péloponnèse. Les étapes à venir s’annoncent montagneuses mais superbes !

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