Sous le soleil du Péloponnèse

Nous quittons Patra et Eleni le lundi 2 novembre avec en poche, un pain et de l’amaretto fait maison !
Un soleil de fin d’automne nous accompagne toute la journée. Nous roulons le matin en bord de mer puis bifurquons rapidement vers l’intérieur des terres pour éviter la route principale, trop passante.
Nous nous retrouvons directement en pleine campagne grecque à chercher notre direction car les panneaux n’indiquent pas les villages présents sur notre carte… Les paysages sont cependant très agréables et nous roulons au calme, parmi chèvres et moutons. Les oliviers se montrent toujours aussi accueillants et nous permettent une fois de plus de bivouaquer.
Le lendemain, nous avons rendez-vous avec une amie de Nouli, Christina, à Pyrgos. Avant cela, nous continuons de déambuler au milieu des contreforts des montagnes du Péloponnèse. Ca monte et ça descend beaucoup mais le calme de ces paysages sauvages en vaut la chandelle !

A Pyrgos, c’est Vasilis, le fils de Christina qui nous rejoint et nous escorte sur les hauteurs de la ville, dans leur petite maisonnette « secondaire » avec une vue imprenable sur la mer. Le frigo est plein, le bois est prêt pour la cheminée et nous « avons ordre » de faire comme chez nous !
Nous décidons de profiter d’être dans la région pour aller visiter le site archéologique d’Olympie le lendemain matin. Une fois n’est pas coutume, c’est en bus que nous nous y rendons.

Olympia

Olympia

Levés tôt, nous sommes à 9h sur le site. Nous sommes presque seuls et la lumière matinale est superbe et rend l’endroit d’autant plus magique. Nous déambulons au milieu de blocs de pierre millénaires et tentons d’imaginer le faste du site dédié à Zeus. Au centre, l’immense temple érigé en son honneur et ses colonnes de 20 mètres de haut, et plus loin, le stade, lieu des premiers Jeux Olympiques. Vestiges d’un temps révolu, où le culte du corps allait de paire avec le culte de l’esprit. Où les philosophes et poètes partageaient les lieux d’entrainement des athlètes. Et où, le vainqueur des mythiques Jeux Olympiques ne remportait qu’une simple couronne d’oliviers… pendant que les tricheurs se voyaient statufiés à l’entrée du stade, pour mettre en garde les athlètes qui voudraient les imiter.

Olympia: fronton du temple de Zeus

Olympia: fronton du temple de Zeus

Après une très instructive visite du musée, nous rentrons à Pyrgos attendu par toute la famille pour partager un repas… que dis-je, un banquet ! Nous rencontrons enfin Christina. Elle est passionnée par les semences ; nous passerons une bonne partie de la soirée à visiter son potager et à échanger de précieuses graines.

Nos hôtes de Pirgos

Nos hôtes de Pirgos

Nous restons un jour de plus à Pyrgos, le temps pour Elisabeth de se remettre d’un bon rhume (et de me le confier…). Nous remercions encore une fois Christina, Vasilis et toute leur famille pour leur accueil et leur bienveillance.
Nous sommes maintenant attendus dans le sud par Alicija et sa famille, rencontrés lors du festival de Trikala il y a quelques semaines. Il nous faudra deux jours de vélo pour nous y rendre. Tous deux fatigués par nos rhumes respectifs, nous choisissons de longer la côte plutôt que de passer par les montagnes. Nous profitons alors d’une prolongation d’été bien appréciable. De plus, les plages sont désertes, ce qui nous permet d’y bivouaquer sans problème.
Le dimanche 8 novembre, nous quittons la côte ouest pour rejoindre Petalidi en traversant les montagnes, au son des messes diffusées dans les villages. Même si tout le monde ne se rend pas à l’église, tous ont droit à trois heures de messe chaque dimanche matin…
Arrivés à Petalidi, nous retrouvons Alicija et faisons la connaissance d’Akis, son mari et Malina, leur fille de cinq ans. Tous trois vivent au milieu de trois cents oliviers, sur les hauteurs du village, avec trois chats et un chien, nommé Loulika. Leur amour de la nature et le climat de la région leur permet de passer la plupart du temps à l’extérieur. Seuls les chambres, la cuisine et la salle de bain sont des pièces en dur, mais indépendantes les unes des autres. Il faut donc sortir pour circuler « dans » la maison. La petite famille a fait le choix de vivre très simplement grâce à la récolte des olives, aux concerts de rue d’Akis et à la vente des créations en laine d’Alicija. Leur vie est basée sur la non-violence, l’écoute, l’expression et la création.

Concert de rue

Concert de rue

Pour notre part, nous sommes hébergés dans le « mobile-home d’ami », tout confort. Nous resterons dix jours dans ce lieu un peu hors norme entre récolte des olives, balades, cuisine, jeux d’enfant, concert de guitare en ville… Toutes les soirées sont partagées dans le salon, à l’extérieur, autour du poêle à bois. Tantôt Alicija nous apprend la fabrication d’attrapes rêves, tantôt nous leur apprenons à confectionner un réchaud à alcool avec une cannette de soda (merci la Fameuhly) : chacun son truc ! Encore de bien belles rencontres que celles d’Alicija, Akis et Malina, et c’est émus que nous les quittons mercredi 18 novembre pour reprendre notre route.

400kg d'olives en deux jours !

400kg d’olives en deux jours !

Depuis que nous sommes partis, les rencontres, furtives mais très riches, se suivent mais ne se ressemblent pas. Toutes ont un point commun, le pincement au cœur au moment des au-revoir…
Nous prenons un peu de chaque rencontre et rêvons à une future et lointaine vie sédentaire.

Nous dépassons Kalamata, le temps est toujours au beau fixe et les plages du Péloponnèse se montrent toujours aussi accueillantes. Aussi passons-nous une soirée autour d’un feu de camp, bienvenu pour parer la fraîcheur de la nuit tombante.
Les deux jours suivants, nous prenons de petites routes « jaunes » censées raccourcir notre chemin. Et effectivement, ça raccourcit, mais à quel prix ? Ca monte tout droit sur plusieurs kilomètres, au minimum à 12-13% ! Mis à part ces difficultés d’ordre physique, nous roulons sur des routes quasi désertes, seuls les pickups des cueilleurs d’olives croisent notre chemin. Le Péloponnèse n’est pas une région très habitée, nous sentons que l’été, c’est une destination touristique, mais le reste de l’année, c’est très calme. Au moins la moitié des habitants possède un champ avec quelques oliviers. Olives à huile pour leur propre consommation et olives de bouche pour la vente. En pleine période de récolte, nous entendons ça et là des voix dans les oliveraies alentours.
La route nous fait passer de la mer à quelques centaines de mètres d’altitude, plusieurs fois par jour, mais les paysages sont à couper le souffle ! Nous trouvons très facilement des endroits pour bivouaquer et bien souvent, des bivouacs « 5 étoiles » !petalidi116
La ville de Skala, en bord de mer, marque notre remontée vers le nord. Et pour se faire, nous devons franchir un col à plus de 1 000m. La route est toujours déserte et malgré des prévisions météo pessimistes, nous n’essuierons que quelques gouttes de pluie, avant que le soleil ne réapparaisse et nous accompagne toute la journée. On adore le Péloponnèse ! Fatigués mais arrivés à destination, une très bonne intuition d’Elisabeth nous permettra de trouver une petite église au milieu de la montagne avec cheminée à disposition ! L’eau du puit nous donne l’occasion de tester pour la première fois notre filtre à eau. Abrité du vent, près du feu et avec de l’eau à volonté, la journée se termine de la meilleure des manières.

Ville touristique, ville fantôme.

Ville touristique, ville fantôme.

Le lendemain, une descente de plus de 20 km à flanc d’impressionnantes falaises puis en fond de vallée, nous ramène en bord de mer à Leonidio. Nous longeons alors une côte abrupte, sur laquelle la majorité des habitations semblent inhabitées. Des maisons aux volets fermés, pour on l’imagine, au moins huit mois par an…
Nous arrivons en fin de journée à Astros où nous sommes hébergés par Giorgos, via Warmshower.

Un commentaire

  1. Jacqueline et Michel BEULNE

    Nous suivons votre périple avec beaucoup d’admiration. De belles photos et de bons commentaires.
    Profitez bien de cette période exceptionnelle; mais n’oubliez pas d’être très prudents au vu des événements géopolitiques en cours.
    Nous vous envoyons de grosses bises.

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