Direction l’Adriatique!

14 juillet : Lonigo → Palazzetto Ardi

Un scénario inattendu… Effectivement, en fin d’après-midi, nous reprenons les vélos pour faire une dizaine de kilomètres. Nous souhaitons nous rendre à « l’agriturismo » Palazzetto Ardi. Les agriturismo sont des sortes de chambres d’hôtes à la ferme.

Nous arrivons donc en fin de journée face à une très belle et ancienne bâtisse.
Avant même que nous soyons arrivés à la porte, un homme sort pour nous accueillir. Nous lui expliquons rapidement pour quelles raisons nous sommes là. Deux minutes plus tard, nous nous retrouvons dans la cuisine à goûter du vin et du chutney de figues-oignons…

Palazzetto Ardi

Palazzetto Ardi

Nous sommes en fait arrivé chez Michella, Carlo et leur fille Flora. Ils tiennent cet agriturismo et y produisent presque l’intégralité de ce qu’ils consomment et de ce qu’ils préparent aux clients : vin, légumes, œufs, fruits… Et tout en bio !

Ils acceptent que nous posions la tente pour la nuit, mais finalement nous y resterons quatre jours !

Michella est une très bonne cuisinière, elle donne d’ailleurs des cours. Elle nous concoctera d’excellents repas tout au long de notre « séjour ».

Palazzetto Ardi - rammassage de pommes de terre

Palazzetto Ardi – ramassage de pommes de terre

En contre partie nous les avons aidés à deux reprises pour ramasser les tomates, les pommes de terre, les figues et pour arroser les pommiers. Un avant goût de wwoofing mais une bien maigre contribution au regard de leur gentillesse et de tout ce qu’ils nous ont donnés !

Nous avons également eu la chance d’assister à un concert de Carlo. Il joue (extrêmement bien) de l’harmonica dans différents groupes de Blues !

Michella et Carlo sont particulièrement sensibles aux problèmes des semences paysannes. Ils cultivent d’ailleurs différentes variétés anciennes, dont du blé avec lequel ils confectionnent un très bon pain. Nous avons donc échanger des semences avec eux.

Nous leur adressons une fois de plus un immense merci pour leur accueil et leur disponibilité malgré les milliards de choses qu’ils ont à faire chaque jour pour faire vivre ce lieu fantastique.

18 juilllet : Palazzetto Ardi → Organic Forest

C’est avec un petit pincement au cœur que nous quittons Michella, Flora et Carlo mais les jambes nous démangent.

Nous avons rendez-vous à 10h avec Michel Barbaud que nous avions déjà essayé de rencontrer il y a quelques jours. Il est français et tient l’exploitation agricole  : Organic Forest.

Nous arrivons donc à l’heure et passons la matinée à l’écouter nous raconter son histoire et celle d’Organic Forest. Michel Barbaud a développé différentes techniques de culture biologique à l’aide notamment de la bioélectronique. Il produit un compost qu’il utilise pour ses cultures en pleine terre comme pour ses potager « à la cuillère ». Toutes les infos sur son site : www.organicforest.blogspot.com et nous publierons bientôt un article dans la rubrique « Prends en d’la graine ».

Michel nous invite à rester manger le midi. C’est avec plaisir que nous dégustons une énorme salade de tomates cœur de bœuf garantie 100% bio ! Il nous fait visiter son exploitation et nous propose de planter la tente sur place.
Nous choisissons de dormir dans son hamac en compagnie des poules, des chats et du chien. Cette dernière, dénommée Milady, nous fera passer une nuit difficile ; c’est un chien de garde et elle aboie TRÈS souvent !

19 juillet : Organic Forest → Bovolenta

Dimanche ! En Italie, on a remarqué qu’il s’agit du seul jour de la semaine durant lequel il y a peu de circulation. Alors malgré la nuit difficile, on se lève tôt et on quitte le Monte Berici.

Après une quinzaine de kilomètres en cinq jours, nous sommes enthousiastes à l’idée d’avancer de nouveau !

Nous passons la matinée à rouler jusqu’à Battaglia Terme. Il fait chaud mais ce qui est difficile à supporter, c’est l’humidité : 75-80%. On est trempé en permanence…

Après avoir chercher les thermes de Battaglia que nous ne trouverons pas, nous passerons l’après-midi dans un bar (pour changer!) et en profiterons pour laver notre linge…dans une laverie !!

Bivouac en bord de canal

Bivouac en bord de canal

En fin de journée, nous roulons sur une voie cyclable, le long d’un canal où nous bivouaquons.

20 juillet : Bovolenta → San Pietro in Volta (Venise)

Décision est prise d’aller vers Chioggia et de rejoindre Venise par « les îles ». Nous continuons donc la piste cyclable le long du canal qui y mène directement.

Le chemin parfois en graviers, parfois en cailloux est plutôt agréable. Seule l’humidité ambiante apporte une ombre au tableau.

A peine commence-t-on a sentir l’odeur de la mer que nous débouchons sur la lagune. En quelques centaines de mètres le paysage change complètement. Nous entrons dans Chioggia et avons l’impression d’avoir changé de pays ! Le traffic est dense, des dizaines de vélos zigzaguent entre autos, motos, Vespas et camions. La ville est parcourue de petits canots qu’enjambent de petits ponts de briques. Un avant goût de Venise !

Chioggia

Chioggia

Quelques photos puis nous prenons le bateau pour rejoindre la première île et la ville de Pellestrina : 12€ pour une traversée de 15 minutes.

Nous nous retrouvons donc sur cette île toute en longueur avec comme seule idée en tête d’aller nous baigner !

L’Adriatique est enfin face à nous ! Nous filons nous jeter dans une eau à au moins 26°C  avant de pique-niquer sur la plage, à l’ombre, à côté de constructions très surprenantes. En effet, la plage est parsemée de petites cabanes faites de bric et de broc. Nous nous attendions à des plages bondées de touristes : nous sommes seuls !

L’après-midi, nous nous dirigeons vers le nord de l’île en passant du côté de la lagune (rive ouest). Le décor est sublime entre bateaux de pêches, petits villages aux maisons colorées et ciel bleu. Le temps semble s’être arrêté sur cette île.

Le 999ème kilomètre dépassé, nous passons la soirée sur la plage, face à la mer et malgré une attaque soudaine de moustiques furieux, nous passons un très agréable bivouac agrémenté d’une douche fraîche grâce à notre poche à eau.

21 juillet et 22 juillet : San Pietro in Volta → Mestre

Plage de Pellestrina

Plage de Pellestrina

Réveil avec vue sur le soleil levant. Petit déjeuner, face à la mer.
Après quelques efforts pour sortir les vélos du sable, nous nous dirigeons vers l’embarcadère où nous devons prendre un bac pour rejoindre l’île de Lido qui est face à Venise. On nous annonce un prix de 17€ que nous ne payerons finalement pas…

Nous sommes satisfaits d’être resté de l’autre côté pour bivouaquer, car ici, l’île est beaucoup plus construite. Les hôtels ont remplacé les petites maisons et la circulation est beaucoup plus dense.

Une dernière traversée est nécessaire pour rejoindre Mestre. 17€ également, mais encore une fois, on ne nous demande rien. Le bac nous fait longer Venise et la place Saint Marc. On aperçoit les gondoles et les innombrables canaux qui entrent dans la ville. Un traffic impressionnant de bateaux et barques en tous genres fourmille autour de la cité.

Nous accostons de l’autre côté de la ville et décidons de nous rendre à la gare de Mestre afin qu’Elisabeth prenne le train pour Vérone pour y récupérer (enfin!!!!) la lettre tant attendue.

Une fois réunis, nous nous rendons à la Fattoria di Rosmarino où nous attendent Cristina et Pier Giorgio. Ils tiennent une exploitation agricole sur laquelle ils cultivent fruits et légumes biologiques, élèvent des chevaux, des chèvres, des poules etc., et préservent des centaines de variétés de semences.

Fattoria di Rosmarino - avec les enfants

Fattoria di Rosmarino – avec les enfants

Chaque été, ils accueillent des enfants en centre aéré et des wwoofers pour les encadrer comme Eleonora que nous avons rencontré. La ferme est un lieu de culture et de pédagogie.

Le lendemain matin, pour aller visiter Venise, nous laissons les vélos chez eux et prenons le train. Nous déambulons dans cette ville-monument entre canaux, gondoles, églises et troupeaux de touristes jusqu’au Rialto et à la place Saint-Marc. Les petites ruelles Venéciennes nous ont particulièrement plues, malgrè l’humidité ambiante… Le retour en train est fort agréable grâce à la climatisation du wagon !

Le soir, après avoir présenté notre voyage aux enfants du centre aéré, nous échangeons des semences avec nos hôtes, ils sont tout aussi étonnés de voir la diversité que nous possédons comme nous le sommes concernant leur collection !

Ils cultivent beaucoup de variétés anciennes, et nous expliquent que beaucoup d’italiens ne sont pas du tout sensibilisés à l’importance de préserver ces semences, tout comme à l’importance de manger bio… Suite aux différentes rencontres que nous avons eu avec des maraichers bio et consommateurs bio, nous ressentons que le bio a beaucoup moins d’importance en Italie qu’en France. Les pastèques à 33 centimes le kilo ont encore un bel avenir.

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