Quelques semaines au Kirghizistan

On ne racontera pas ici les rencontres que nous y avons faites car il n’y en a pour ainsi dire presque pas eu. Bien sûr il y eut tout de même des sourires par centaines et de nombreux « hello » très sympathiques ; nous fûmes même accueillis par une adorable famille, qui fût aux petits soins avec nous alors que dehors, il tombait des trombes d’eau !

Accueillis par une famille Kirghize

Accueillis par une famille Kirghize

Ils nous offrirent l’hospitalité dans une petite pièce adjacente à leur maison. L’intérieur était des plus classiques pour l’Asie Centrale : des tapis au sol, une table basse pour partager le repas, une commode sur laquelle repose des dizaines de matelas (souvent « faits maison ») et qui transforme cette salle à manger en chambre à coucher une fois la nuit tombée.

De plus en plus tournés vers le tourisme, les kirghizes ne virent bien souvent en nous, occidentaux, que de simples « portes-monnaie sur roues », avec la certitude qu’en tant que Français, nous n’étions pas loin d’être millionnaires…
Mais le Kirghizistan nous permit aussi de nous retrouver, après avoir pris des chemins différents pour franchir les Pamirs. Retrouvailles certes sous la pluie lors de la première étape, mais retrouvailles agréables car très attendues !
Parcourir ce pays à vélo nous laisse un sentiment partagé. Nous roulions parfois sur un superbe asphalte, digne d’une route européenne, mais étions aux prises avec les automobilistes kirghizes. Certainement les pires que nous ayons rencontrés ! Inconscients et sans aucune attention quant aux pauvres cyclistes qui ont osés s’aventurer sur leur chemin. Heureusement, la majeure partie de notre périple Kirghize nous a fait suivre une piste, certes très poussiéreuse, mais quasi vide de circulation.

Belle grimpette!

Belle grimpette!

Ces deux semaines entre Osh et le lac Issyk-Kul ont été physiquement des plus difficiles. Plusieurs cols au dessus de 3 000m, une piste donc, en très mauvaise état et des nuages de poussière à chaque passage d’un véhicule.

Mais l’ambiance et les paysages furent magnifiques. Au milieu de vertes vallées, où se sont installées pour l’été des familles kirghizes dans leurs yourtes traditionnelles avec leurs troupeaux. Vaches, moutons et chevaux. Au bord d’une rivière, des gamins d’à peine dix ans remplissaient un gros bidon d’eau pour le camp et en profitaient pour se brosser les dents. Régulièrement, d’autres jeunes garçons venaient nous saluer du haut de leur cheval trois fois plus grand qu’eux. Et dès le plus jeune âge, c’est à dos d’âne qu’ils menaient des troupeaux de plusieurs dizaines de bêtes.
kg01Le point d’orgue de cette « chevauchée », le sublime lac Song-Kul ! Un lac à 3 000 mètres d’altitude. Aucune construction en dur, que des yourtes dans le paysage. Les familles Kirghizes viennent ici pendant l’été pour les animaux. Des centaines de moutons broutent l’herbe verte, les chevaux en liberté sont automnes et vont et viennent à leur grès. Le lait, de vache, de brebis ou de jument, est ici la base alimentaire.

Après un dernier col à 3 500m, nous sommes redescendus vers le lac Issyk-Kul qui est le second plus grand lac d’altitude au monde. Immense, à tel point que les Kirghizes l’appellent « la mer », il prend d’ailleurs parfois des allures de « côte d’azur ». Plusieurs stations balnéaires accueillent les touristes de Bishkek, la capitale, et des russes qui viennent passer ici des vacances « à l’occidental ». Après les habits traditionnels et les yourtes des montagnes, place aux bikinis et aux parasols des plages !Les eaux limpides du lac et ses plages de sable ou de galets, nous permirent de décompresser le soir, après des journées entières à pester et à insulter (de loin) les « fous du volant » kirghizes qui semblaient chercher à passer le plus près possible de nous…

Une fois à Karakol, à l’extrémité Est du lac, nous nous sommes installés dans une guesthouse. Au programme, du repos pour quelques jours. Après un bon repas le soir en compagnie de Nicolas, un cyclo français déjà rencontré en Iran, nous nous aperçûmes que notre appareil photo nous avait été dérobé, ainsi que de l’argent et d’autres effets personnels… Une mauvaise surprise, d’autant plus choquante qu’après un an de voyage, nous avions appris à faire confiance aux gens. Peut-être trop… ?

Nous fîmes alors la rencontre de la police locale, dont une dizaine d’agents débarquèrent le soir même pour faire les premières constatations et prendre nos « premières » dépositions. Le lendemain, on prend les mêmes, on en rajoute et on recommence. La journée tourna au sketch lorsqu’une quinzaine de policiers revinrent investir les lieux. Tous les lieux. La salle de petit déjeuner pour boire le café et nous poser quelques questions ; le jardin pour discuter et goûter les pommes ; la cour pour profiter de la jolie balancelle en bois… Pendant ce temps, quelques uns travaillaient un peu quand même et interrogeaient par exemple notre ami cyclo sur l’itinéraire de son dernier trek. Une information certainement cruciale pour le déroulement de l’enquête ! Avant de partir un policier nous avoua ne pas être sûr de retrouver nos affaires… Tu m’étonnes !

160825-karakol_201Pour nous remettre de nos émotions et penser à autre chose, nous avons alors décidé de partir avec trois amis cyclos français pour un trek de six jours dans les montagnes de Karakol. Au programme : deux cols à plus de 3 700m, un lac d’altitude, des glaciers et des sources d’eau chaude pour terminer. Une belle expérience de randonnée en autonomie et en groupe. Nos corps ont soufferts mais nos yeux se sont encore régalés ! Merci à nos amis de marche pour les photos.

A 3 800m, au dessus du lac Ala-Kul

A 3 800m, au dessus du lac Ala-Kul


Prochaine étape un bref passage au Kazakhstan pour y faire le visa Russe…

2 commentaires

  1. Magnifiques vos photos comme toujours !
    Bonne route
    Brigitte et Nicolas

  2. On vous lit toujours avec autant de plaisir. Et quel courage et complémentarité! Nous qui avons vécu à Moscou de 1987 à 1991 – pleine chute du communisme- on a hâte de voir vos découvertes dans la Russie du XXIe siècle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *