On reprend les vélos au Pays du Matin Calme

Nous sommes arrivés le 6 octobre à Donghae en Corée du sud après 24h de traversée sur un ferry sans vue sur la mer… Frustrant !
Le pays est couvert par un impressionnant réseau de pistes cyclables. Une fois la douane passée, c’est d’ailleurs par l’une d’entre elle que nous avons commencé notre périple à vélo. Heureusement, la majorité des panneaux est doublée en anglais car le Coréen n’est pour nous qu’une succession de dessins…
Nous avons donc remonté la côte Est de Donghae jusque Yangyang, enthousiasmés par tant d’infrastructures pour les cyclistes : aires de campings gratuites, toilettes propres tous les 5 kms, aires de repos réservées aux cyclistes…
La côte vit du tourisme et de la pêche. Dans chaque village traversé, des dizaines de marchands de poissons séchés en bord de route, de toutes sortes et toutes formes ! Et des restaurants où les crabes, poissons et autres poulpes attendent leur tour « en vitrine ».

Notre humeur n’est pas à la dégustation (trop chère), mais à la randonnée ! Nous nous enfonçons dans les montagnes du Seoraksan Park, dans l’idée d’aller y marcher. Nous rapprochant du centre du parc, de plus en plus de bus sont garés en bord de route ! Nous mangeons notre repas du midi au milieu de centaines (milliers?) de coréens, tous habillés en équipements de randonnée dernier cri, de toutes les couleurs, prêts à affronter les ascensions vers les sommets à près de 2 000m, mais se promenant plutôt près des boutiques de souvenirs et des échoppes de nourriture à emporter. Nous décidons alors de partir au plus vite pour retrouver un peu de calme, tant pis pour la randonnée !

Nous remarquons un peu partout que les Coréens attachent une grande importance aux « loisirs » du week-end. Que ce soit plongée, surf, golf, base ball, vélo, marche, ils sont toujours très bien équipés même si souvent, les performances visées ne sont pas au niveau de leur matériel… Le week end, les pistes cyclables sont bondées, les terrains de base-ball revivent aux cris de guerre des équipes locales, les plages sont pleines de surfeurs…

Bibimpap, plat très commun !

Bibimpap, plat très commun !

A Chuncheon, un danseur professionnel nous accueille via le réseau Warmshower. Chung Man nous fait gouter la cuisine coréenne dans un restaurant ! Comme dans beaucoup d’autres cultures que nous avons découvertes, sur la table, plein de petits plats différents autour du met principal, un succulent poisson ! Ici, chacun a son bol de riz et son bol de soupe, c’est la base. Puis chacun pioche dans les plats «  communs » . On y trouve de la viande ou du poisson, des légumes et surtout des préparations macérés. La star du pays c’est le Kimchi : l’équivalent de notre fromage en terme de place dans l’alimentation. Les coréens en sont fan, il y en a des dizaines de sortes différentes. Le Kimchi, c’est une macération de chou, d’épinard, ou d’herbes sauvages avec une sauce au piment rouge et d’autres ingrédients « secrets ».
Ce type de repas, on le retrouve le matin, le midi et le soir ! Le sucré n’est presque pas présent dans la nourriture coréenne, hormis les fruits. La nourriture de rue (« fast-food ») est très peu cher et semble bien plus diététique que ce que l’on peut trouver en Europe. Poissons, gâteau de riz aux haricots, gimpa (sorte de maki aux légumes) ou encore patates douces grillés.

Nous passons ensuite deux semaines à Séoul, hébergés chez Jyiun et sa maman, puis chez David et Emily via le réseau Warmshower. Nous profitons des pistes cyclables très bien aménagées le long de la Han River pour nous rendre en centre ville : 50 km aller-retour tous les jours !

Des temples Bouddhistes au milieu des immeubles.

Des temples Bouddhistes au milieu des immeubles.

Séoul est une ville gigantesque aux multiples facettes : quartiers d’affaires au nom de « Gangnam »  (ça vous rappelle quelque chose?), temples bouddhistes dissimulés entre les barres d’immeubles, quartier américain, village Hanok et ses maisons traditionnelles ou encore Electronic World, un quartier dévoué à la vente de tout type de matériel électronique.
Pendant ces deux semaines nous avons vendus nos photos de voyage sous forme de cartes-postales dans la rue afin de nous permettre de voyager en Corée et au Japon plus sereinement financièrement, car ces pays coûtent cher et n’étaient pas prévus au programme.
Ce séjour nous a également permis de faire connaissance avec beaucoup de coréens, désireux de quitter leur quotidien hyper centré sur le travail ! Beaucoup d’entre eux font des journées très longues, jusqu’à 12h. Il semble y avoir une grande flexibilité quand au temps de travail et en ce qui concerne les congés. Une amie nous confie qu’elle travaille jusqu’à 50 heures par semaine pour deux petites semaines de congés…

Fin octobre, nous sommes invités à présenter notre voyage à vélo lors d’un rassemblement de cyclo-voyageurs. Nous nous retrouvons14639780_1271322479606954_4649433483164520_n à camper avec une cinquantaine de participants à 50km de Séoul. Ateliers divers, conférences de voyageurs (dont la nôtre), discussions autour d’une bière ou du barbecue à la mode Coréenne… Le tout est organisé par un magasin de vélos de voyage à l’origine de ce groupe de cyclos fort sympathique ! Donc si vous passez par Séoul, au besoin allez voir Bikely, un magasin de vélos de voyage très bien fourni! Lee vous y accueillera avec grand plaisir !

Ce riche week-end terminé, nous nous élançons vers le sud pour retrouver un peu de douceur. Nous empruntons la piste cyclable de 600km qui relie Séoul (Incheon pour être précis) à Busan, au sud-est du pays. Comme les autres voies cyclables que nous avons empruntées jusqu’alors, celle-ci longe quatre grandes rivières, de manière à ce que l’intégralité ou presque de la route soit plate. Elle porte d’ailleurs le nom de « piste cyclables des Quatre Rivières ». Les infrastructures nous impressionnent toujours : très fréquemment, on y trouve des toilettes, des espaces de repos, des espaces abrités pour poser la tente ou pique-niquer…

Les vélos ont droit à leur pont !

Les vélos ont droit à leur pont !

Des ponts ou passerelles « spécial vélo » ont été construits à côté de ceux pour les voitures, les anciens tunnels ferroviaires sont reconvertis en tunnels cyclables ; bien éclairés, ils sont même parfois sonorisés de musique classique…
Aux alentours de Séoul, toute une économie s’est créée autour de ces nouvelles routes : vendeurs de d’accessoires ou de vêtements pour vélo, « fast-food » coréens, cafés, restaurants, guest-house… Les cyclistes Corééns adorent écouter de la musique en pédalant et en font profiter tout le monde avec leurs haut-parleurs fixés à leur guidon. Nous nous faisons alors doubler par des airs en tous genre : classique, pop, traditionnel, techno!
A-t-on découvert un monde sans voiture ? Malheureusement non, bien au contraire ! Ici, le vélo c’est pour le week-end et uniquement sur les pistes cyclables ! Du coup, les automobilistes sont peu habitués à voir circuler des vélos sur « leur » chaussée… Cela en énerve certains mais beaucoup sont plus que prudents et attendent très longtemps avant d’oser nous doubler.

Notre fameux Passeport Vélo !

Notre fameux Passeport Vélo !

Nos tampons !

Nos tampons !

Pour revenir à nos pistes cyclables, un « Passeport vélo » a été créé. C’est un réel passeport, que l’on peut faire tamponner dans des cabines rouges tous les 20 ou 30 km, sur toutes les pistes cyclables du pays. Une fois que le cycliste a parcouru l’intégralité d’un axe, il remporte la médaille correspondante. Et ça fait un carton ! La plupart des cyclistes en ont un et nous aussi ! Nous avons joué le jeu des tampons dans les fameuses cabines rouges mais notre trajet « décousu » ne nous permettra pas d’obtenir de médailles…cette fois-ci.
Ce passeport est à coup sûr un bon moyen pour encourager la pratique du vélo-divertissement, mais un moyen qui ne remet absolument pas en question la place du vélo dans la vie de tous les jours. Les Coréens ne semblent d’ailleurs pas demandeurs d’une utilisation quotidienne du vélo… Dommage !

Cultures de riz

Cultures de riz

Durant ces quelques semaines, nous avons pu découvrir la campagne du « pays du matin calme » : très vallonnée et très boisée, et dès que cela est possible, des cultures de riz en plaine ou en terrasses. Sur de grandes étendues de terres recouvertes de serres plastiques on pratique une agriculture intensive où l’on « dope » la terre d’intrants chimiques en tous genres et où l’on se moque bien des saisons. Les fraises sont prévues pour le mois de janvier… Et autour des petits villages de maisons traditionnelles aux toits recourbés, des vergers de pommes et de kakis. Délicieux, le kaki est le fruit national mais ne coupe pas à la règle de la chimie : « pas de chimie, pas de kakis ! » nous répond-on simplement… Le chou, base du Kimchi, est également très présent dans les cultures tout comme les piments rouges que l’on voit sécher par milliers sur les places des villages. Il est bien difficile pour nous d’en savoir plus sur d’autres plantes non-identifiées… Du soja ? Des haricots? D’autres céréales ?

Agriculture Coréenne

Agriculture Coréenne

D’autant qu’en Corée du Sud, nous avons du mal à communiquer avec les gens au sujet de l’agriculture. Ceux que nous voyons, ce sont principalement des personnes assez âgés qui cultivent et la communication pose problème. Les plus jeunes, qui parlent parfois anglais, ne semblent pas vraiment au fait de ce qui se passe dans les champs…

Aucun mot ne ressemble à aucune langue que nous connaissons. L’intonation des phrases ne nous permet pas de supposer le positif ou le négatif… La gestuelle est également différente. Lorsque Rémy comprend que le prix est de 7 000 Won, Elisabeth comprend 25 000, et finalement, c’est 2 000 Won… Dans les autres pays que nous avons visités la gestuelle nous aidait, mais ici, il faut faire preuve de bien plus d’imagination et de… patience !

Vue depuis la tente

Vue depuis la tente

Nous sommes maintenant dans le sud du pays, au pied du parc national du Jirisan. Nous allons profiter de ces montagnes, de la mer, de la douceur automnale et des nombreuses presqu’îles avant de rejoindre Busan pour nous rendre au Japon.

Un commentaire

  1. Vraiment très intéressant , merci !

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