We are humans!

Départ pour la Turquie

Départ pour la Turquie

Nous avons quitté Skala-Sikaminia, sur l’île de Lesvos, le mercredi 6 janvier, après y avoir passé plus de deux semaines à aider les réfugiés. Et c’est avec beaucoup d’émotions que nous avons dit au revoir à nos amis volontaires, tous présents le matin de notre départ.

Notre ferry est prévu le lendemain matin à 9h, au départ de Mytilène.
En ce jeudi matin, le temps est tempétueux et la mer très agitée. Qu’à cela ne tienne, la traversée vers la Turquie se passe sans difficulté et pour seulement 10€ par personne. De quoi se poser des questions, lorsqu’on sait que les réfugiés, eux, risquent leur vie pour traverser ces 8km dans des embarcations de fortune et payent leur passeur jusqu’à 1 000€…

Notre arrivée sur le sol Turc est des plus humide. Il pleut des cordes ! Nous débarquons dans la ville d’Ayvalik, exactement face à l’île de Lesvos. Nous passons la douane sans problème puis roulons jusqu’en centre ville pour changer nos euros en Turkish Lira. 1€ vaut environ 3TL. Sensation étrange de se retrouver dans un nouveau pays, avec un nouveau langage, dont on ne parle aucun mot. D’autant que les premières rencontres que nous faisons, douaniers et personnel de la banque, ne parlent absolument pas anglais… Heureusement, quelques enseignes de magasins nous rassurent : kuaför, otopark, veteriner, … Tout ce qu’il y a de plus utile !

Route principale en Turquie...

Route principale en Turquie…

Après notre premier thé turc, la pluie s’arrête et nous prenons la route en direction du nord. Une fois sortie de la ville, nous nous retrouvons sur une 2×2 voies avec une large bande d’arrêt d’urgence sur la droite ; parfait pour nous ! En fin de journée, nous nous arrêtons au niveau d’un genre de restaurant de bord de route, au milieu des oliviers, pour demander si nous pouvons y poser la tente pour la nuit. C’est avec un grand sourire que Hamet, le gérant, accepte et nous offre le thé ! Nous passons ensuite la soirée à apprendre nos premiers mots de turc, Merhaba, Tesekkür Ederim, (bonjour, merci) … Pour notre premier bivouac en Turquie, nous installons la tente à l’intérieur de la petite boutique d’huile d’olive jouxtant le restaurant, original !

Premier bivouac turc...

Premier bivouac turc…

Le lendemain, après nos premiers Börek (feuilletés à la viande ou au fromage) offert par notre hôte pour le petit déjeuner, nous repartons sur cette 2×2 voies que ne nous ne quitterons pas pendant plusieurs jours. Pensant nous rendre à Istanbul, nous avons pris la direction du nord par les villes de Balikesir, Karacebey et Bursa mais finalement nos plans ont changés…

Après avoir passé une vingtaine de jours à aidés les autres sur Lesvos, ces dix premiers jours en Turquie ont été marqués par l’hospitalité et la gentillesse des turcs que nous avons rencontrés. C’est simple, nous n’avons pas dormi une seule fois à l’extérieur ! Soit nous avons trouvé un hébergement grâce au site Warmshower, soit nous avons été invité spontanément par des gens.

Première soirée dans une famille turque. Merci Alaaddyn!

Première soirée dans une famille turque. Merci Alaaddyn!

Par exemple, dans le petit village de Köylüce, Alaaddyn et sa famille nous ont hébergés. Nous avons été accueilli comme des rois. Rémy a passé la soirée avec Alaaddyn à traduire des mots à l’aide d’un imagier et de google traduction. Elisabeth est allée prendre le thé, « entre filles » dans une maison voisine. Dix dames du village, assises en tailleur sur les canapés, lui ont posé toutes sortes de questions en Turc. Nous apprenons alors à communiquer différemment, les gestes et mimiques sont notre nouveau langage.

La pratique des mimes continue le jour suivant, alors que nous cherchons à acheter une carte SIM pour passer des appels en Turquie. Cela relève alors du parcours du combattant ! Nous avons dû entrer dans une dizaine de magasins de téléphonie différents avant de pouvoir en acheter une à Balikesir. Le langage des signes a ses limites, on apprendra un peu plus tard que nous avons bien une carte SIM turque mais pas de crédit dessus…

Le 11 janvier, les conditions météo sont au top pour nous. Les températures ne sont pas si froides, entre 5°C le matin et 15°C l’après midi. Seul le vent nous pose problème. Les rafales nous empêchent d’avancer, ce sera un jour de pause au village de Karapücek.

Dans la boulangerie de Yusuf à Karapurçek

Dans la boulangerie de Yusuf à Karapurçek

Nos hôtes de la veille nous accueillent alors une seconde journée. Jim et Yussuf tiennent la boulangerie et la pâtisserie du village. Leur production est d’environ 2 000 pains par jour. De quoi nourrir deux villages et les employés de l’usine voisine.

Le lendemain, le vent est retombé et nous enfourchons les vélos, découvrant sur la route des arbres déracinés et des panneaux pliés sous la force du vent.

Les jours suivants, nous sommes hébergés par de jeunes turcs « trouvés » sur internet. L’un, Goksun, à Balikesir, est un cylo-voyageur. Il est la première personne avec qui nous échangeons réellement en anglais ! Il nous a donné de nombreux conseils que ce soit pour le vélo ou pour trouver des associations relatives aux semences.

Goksun nous a aussi permis de rencontrer le lendemain, Dogukan, qui nous a hébergé chez ses grands-parents, puis chez ses parents le jour d’après. Une hospitalité bien naturelle selon lui car, dit-il, « c’est normal, nous vivons tous sur la même planète !». Une phrase qui fait écho à celle de nombreuses fois entendue dans la bouche des réfugiés : « We are humans ! (Nous sommes tous des humains!)».
Dogukan est étudiant en mathématiques dans une fac anglaise d’Istanbul. Une exception parmi les turcs. Nous visitons ensemble la ville de Karacebey et sommes alors comme des enfants à regarder tout autour de nous. Boutiques de pyjamas à 2 euros, pains en vitrine, salon de thé réservés aux hommes, entre un Kuaför et un magasin de bricolage… 160114-ayvalik_103Dans la rue, les tracteurs sont garés comme les voitures. Nous goutons au Salep, une boisson blanche à base de farine de bulbe d’orchis et de cannelle. Humm !
Nous donnons quelques graines au père de Dogukan qui cultive des salades et des tomates. Il nous explique que la région est tellement polluée par les usines et l’agriculture conventionnelle, que l’appellation « produit biologique » y est interdite. Les anciennes variétés de semences que nous transportons le passionnent et il garde alors une variété de tomate bigarrée, striée rouge et jaune.

La route du lendemain nous amène à Bursa qui, à notre grande surprise, est la quatrième ville du pays avec plus de deux millions d’habitants. Notre hôte, Ersin, nous aide à trouver ce dont nous avons besoin en ville : carte de la Turquie, outil pour le vélo, gants pour Elisabeth ; les 15 kms de vélo que nous ferons en ville seront des plus éprouvants!
Ersin projète lui aussi de partir voyager à vélo, mais en Amérique, du nord et du sud ! Préparer un tel périple n’est pas chose aisée en Turquie. Les magasins spécialisés ne se trouvent qu’à Istanbul et peu de monde pratique le vélo, encore moins le voyage à vélo.

Nos hôtes Warmshower de Bursa, Ersin et Ertan

Nos hôtes Warmshower de Bursa, Ersin et Ertan

Nous dormons le soir suivant chez un autre Warmshower, Ertan ; il nous héberge dans le local du club cycliste de la ville ! Après nous avoir offert des buffs et un t-shirt de cycliste à Elisabeth, il nous aide le lendemain à sortir de cette immense ville. Autoroutes à 5 voies, sorties à gauche, à droite… Nous sommes contents de ne pas aller à Istanbul ou Ankara qui doivent être bien pires !
Une fois sortis de Bursa, c’est en t-shirt que nous pédalons! Mais sur le coup de midi, la pluie fait son apparition et les températures dégringolent, à tel point que le soir, la neige se met à tomber! Trempés et les vélos plus sales que jamais, nous atteignons tout de même Orhangazi où Nevzat, Warmshower, nous héberge heureusement pour la nuit !

C’est en discutant avec lui que nous commençons à ne plus trop vouloir longer la Mer Noire, que beaucoup nous ont décrit comme la région la plus pluvieuse de Turquie. L’idée de nous rendre en Cappadoce fait son chemin dans nos têtes le jour suivant, alors que nous donnons nos premiers coups de pédale sous la neige, le long du lac d’Iznik.

Les rives du lac d'Iznik

Les rives du lac d’Iznik

Dîner turc avec Soner à Iznik

Dîner turc avec Soner à Iznik

Le lundi 18 janvier, nous sommes accueillis par Soner et Inci, qui sont de grands voyageurs à vélo. Depuis 15 ans,chaque année, ils parcourent les routes de l’Europe et du Monde, pendant les deux mois de vacances scolaires que leur permette leur profession d’instituteur. Et depuis six ans, leur fils Tibet les accompagnent pour son plus grand bonheur !

Suite à leurs conseils et après mûre réflexion, nous décidons alors de prendre la direction de la Cappadoce et préférer le froid à l’humidité.

Un commentaire

  1. En plus c’est très beau la Cappadoce, on voudrait y aller un jour pour le VTT notamment. Bonne route.

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